chronique album

White Chalk

Date de sortie : 24.09.2007
Label : Island Records
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PJ Harvey est l'une de ces rares artistes dont il faut faire abstraction de tout ce qu'elle a pu écrire auparavant pour réellement apprécier ce qu'elle nous propose aujourd'hui. Chaque album a une atmosphère, un son et des thèmes différents. Cela fait maintenant quinze ans que PJ Harvey a sorti son premier album Dry, et il serait inutile d'attendre d'elle la même colère et spontanéité qu'à ses débuts.

Avec White Chalk, PJ Harvey se réinvente, en bourgeoise anglaise de l'époque Victorienne, laissant tomber les guitares électriques pour le calme et la mélancolie du clavecin. Hantée par ses démons, Polly Jean semble se retrouver seule face à ses mots et sa musique même si la production délicate de Flood est là pour la supporter.
L'album commence par The Devil, parfait pour se laisser entraîner dans l'écoute avec sa musique très rythmée, façon générique d'Amicalement Vôtre. Le choc vient d'une voix que l'on avait jamais entendue comme cela. Sur tout l'album, elle monte dans les aigus, ce qui donne un côté angélique voire fantomatique à son interprétation, renforçant les thèmes récurrents de la solitude et de la mort.

Les paroles sont plus abstraites pour l'auditeur que sur ses précédents albums, difficiles parfois à interpréter, mais l'imagerie est tellement forte que l'on se retrouve transporté dans un Dorset sombre et abandonné qu'on le veuille ou non, notamment sur White Chalk, qui fait référence aux collines calcaires du Dorset, on ressent les regrets d'une relation passée (« White Chalk hills will rot my bones »).
Sur Grow Grow Grow et Under The Ether, les mélodies au piano sont magnifiques de simplicité et donnent l'impression de les avoir déjà entendu, qu'elles font déjà parti de nous.

La seconde partie de l'album est encore plus introspective que la première. PJ Harvey y parle de sa grand-mère (Talk To You), de la mort ainsi que de trahison (Before Departure, The Mountain) et de vengeance comme sur le très dérangeant The Piano qui sonne comme une comptine pour enfant mais qui parle de frapper quelqu'un avec un marteau, de dents défoncées et qui se finit par « Oh God I miss you ».

White Chalk est l'album le plus cohérent de PJ Harvey depuis Is This Desire? auquel il ressemble beaucoup de par sa construction et ce sentiment de mélancolie et de solitude qui s'en dégage, le côté électronique en moins. Très court, il ne donne ainsi qu'à peine le temps à l'auditeur de se faire à cette nouvelle PJ Harvey : voix aiguë, compositions lentes et aériennes. Avec cet album l'artiste arrive enfin à échapper au temps et à son époque pour délivrer un album intemporel.

Déborah, 6 octobre 2007

tracklist
  1. Devil
  2. Dear Darkness
  3. Grow Grow Grow
  4. When Under Ether
  5. White Chalk
  6. Broken Harp
  7. Silence
  8. To Talk To You
  9. Piano
  10. Before Departure
  11. Mountain
titres conseillés
The Devil, Grow Grow Grow, When Under Ether, To Talk To You, The Piano
notes des lecteurs
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