chronique album

Kings & Queens

Date de sortie : 07.09.2009
Label : Virgin/Pacemaker Recordings
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Deux ans après avoir fait sensation sur son premier disque Panic Prevention, l'anglais - qui, à 23 ans s'impose sans doute comme l'un des artistes britanniques les plus créatifs du moment - retrouve ce qui lui va le mieux : la liberté et le talent, l'art de transformer tout ce qu'il touche en chansons à la fois populaires et intelligentes, le don de jouer avec les styles et les codes.

Avec Kings & Queens, Jamie T ancre une œuvre complètement dans l'ère du temps et celui de sa génération, aussi jubilatoire par sa douce insolence que par sa frivolité, sa jeunesse et son énergie. L'artiste se présente finalement comme l'exemple parfait de musicien moderne avide de cultures, de sons et de mouvements, qui essaye de trouver un peu de lumière et de fraîcheur dans un capharnaüm sonore souvent représenté aujourd'hui par des revivals et modes sans intérêt ni magie. Là où, justement, certains se perdent en chemin à ne toujours composer qu'une musique « vue et revue », le rappeur pop va plus loin en réussissant à toucher par sa personnalité intransigeante, son talent de transformer sa curiosité et ses expérimentations en or, et sa musique,à la fois souriante et déchaînée que bigarrée et fédératrice.

Pénétrer l'univers de son disque, c'est dés lors s'immerger dans le rap des années 90 (Castro Dies), mélangé à la technologie électronique des années 2000 (368), le folk (Jilly Armeen) (Emily 's Heart),une sorte d'hybrid-pop (Earth, Wind and Fire, avec son dub et son flow à la Eminem), croisant le rock (Hocus Pocus) ou le punk (British Intelligence).
Souvent comparé à Mike Skinner de The Streets et à Joe Strummer, le guitariste prouve qu'il est bien plus que l'addition de deux noms couchés sur un quelconque papier. Chez lui, c'est toute l'effervescence de Londres (sa ville) qui transparaît via le (faux) bordel organisé de ses chansons. Car derrière ses manies de tout mélanger, Jamie T prouve qu'il est un homme de structure ayant le sens du rythme, de la mélodie, du flow, des instrumentations et des refrains (The Man's Machine, Stick 'n' Stones).

Si après 45 minutes, vous n'avez pas envie de remettre « Play » sur votre chaîne hi-fi, c'est qu'on vous aura sûrement drogué...

Emeline, 17 septembre 2009

tracklist
  1. 368
  2. Hocus Pocus
  3. Sticks 'n' Stones
  4. The Man's Machine
  5. Emily's heart
  6. Chaka Dumus
  7. Spider 's Web
  8. Castro Dies
  9. Earth, Wind and Fire
  10. British Intelligence
  11. Jilly Armeen
titres conseillés
Stick 'n' Stones - Earth, Wind and Fire - Emily's Heart
notes des lecteurs
notes des rédacteurs
***  Fab

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