chronique album

Ovations

Date de sortie : 16.11.2009
Label : Make Mine Music
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Piano Magic sort un énième album, Ovations. Ovations pour qui, pour quoi ? Là est la question, car il n'y pas vraiment de quoi ovationner le groupe sur ses nouvelles compositions.

Formation à géométrie variable évoluant autour du chef d'orchestre Glen Johnson, Piano Magic emprunte ici des chemins obscurs rappelant autant le groupe de Ian Curtis, Joy Division, que celui né de ses cendres, New Order. De ce point de vue rien n'est très évolutif, la musique des Anglais ayant toujours puisé à plus au moins grande échelle dans la new wave, que ce soit sur son précédent album Part Monster (2007) que sur l’excellent et vaporeux Disaffected (2005). Certaines incursions dans le style font d’ailleurs encore sensation mais peinent à trouver une certaine originalité (Recovery Position). Piano Magic se répèterait-il un peu trop dans son périmètre d’action consistant à vouloir sans cesse mélanger à la fois ambiances cinématographiques et incantatoires, brillance et psychédélisme pop, explorations électroniques, amertume, spleen et énergie ? On est en droit de se poser la question tant il manque à ce disque un peu de panache et de réelle créativité.

Si toutes les chansons, alternant entre cold wave, pop et post-punk et électro, ne sont pas foncièrement dérangeantes, les rythmiques épiques et tribales de La Cobardia de los Toreros et les chœurs proches de Dead Can Dance de A Fond Farewell sont mêmes plutôt captivantes, tout comme l’électricité aérienne à la fin de The Faint Horizon ou le conceptuel Exit. Une bonne partie du disque accuse en revanche d'une sérieuse faiblesse : celle d’avoir outrageusement tendance à homogénéiser des titres fadasses, noyés dans des arrangements de synthétiseurs inutiles et peu recherchés (The Blue Hour) ou caractérisés par une mélodie vocale pas toujours judicieuse (The Nigthmare Goes On, chanté par Brendan Perry).

Au final, l’atmosphère est constante, un peu morne, et ne filtre pas d’aussi réelles et belles émotions que sur certains anciens morceaux du groupe.
Et quant bien même Piano Magic tente l’élégance sur la triste et sombre love song au piano You Never Loved This City ou ose un détour dans des contrées orientales douteuses (sur le pas vraiment indispensable Marchs Of The Atheists), la recette ne fait pas vraiment mouche. Exit, c’est le titre du dernier morceau. Exit, c’est aussi ce que je vais certainement faire de ce disque dont j’attendais beaucoup mieux.

Emeline, 24 novembre 2009

tracklist
  1. The Nightmare goes on
  2. March of the Atheists
  3. On Edge
  4. A Fond Farewell
  5. The Blue Hour
  6. Recovery Position
  7. La Cobardia de los Toreros
  8. You Never Loves This City
  9. The Faint Horizon
  10. Exit
titres conseillés
A Fond Farewell, La Cobardia de los Toreros,The Faint Horizon
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