chronique album

Ersatz G.B.

Date de sortie : 14.11.2011
Label : Cherry Red Records
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Tiens, encore un album de The Fall ! Avec le temps, on pourrait croire que Mark E. Smith a décidé de stabiliser le line-up de son groupe. Cela fait donc cinq ans que le nombre d’ex-membres de The Fall s’est arrêté à soixante-six. En revanche, il n’en va pas de même pour les maisons de disques puisque Domino records a été abandonné au profit de Cherry Red Records, un label qui sied mieux à la réputation du groupe et est surtout prêt à sortir des albums au rythme que souhaitera l'anglais. En l’occurrence, un par an.

La plupart des chansons de Ersatz G.B. ont été jouées sur scène avant d’être enregistrées. Cela donne à l’album une spontanéité très live tout en proposant des morceaux bien en place et parfaitement équilibrés. Il est intéressant de voir autant de précision dans une musique à l’apparence aussi bordélique. Pour être bien sûr que personne ne puisse penser que le hasard a un quelconque rôle dans cet album ou ne vienne se plaindre du bruit, pardon, du son, le leader a laissé une petite note à l’intention des auditeurs : « Chers amis, il y a d’autres versions de ces chansons, et des plus flamboyantes, mais moi, Mark E. Smith, ai décidé de garder celle-ci, je ne peux pas faire plaisir à tout le monde et la flamboyance n’a pas sa place sur Ersatz G.B. ».

Cet album a été enregistré dans trois studios différents. Une partie des instrumentaux l’a été dans les studios de l’ancienne Radio d’Etat Est Allemande, histoire de capturer un maximum d’authentique froideur et de lo-fi. Une autre partie a été enregistrée par Mark dans un petit studio vintage en (grande) banlieue de Londres. Enfin, tout le groupe s’est retrouvé dans les fameux studio Metropolis de Londres. Cet album empile trois couches : une rythmique basse-guitare-batterie très basique et aux accents punks downtempo, la voix nasillarde et provocante de son chanteur, et un bruit de fond permanent mêlant guitares saturés et voix plaintives.

Le groupe s’amuse dans des régions extrêmes. Greenway est un morceaux metal avec de méchants riffs de guitares saturés, un métronome grosse caisse/cymbales, et un chant digne d’un cochon que l’on égorge. Quant aux paroles, elles dépeignent le guitariste (Peter Greenway) comme étant un personnage difficile et malhonnête, ce qu'il nie, mais provoque l'hilarité de l'ensemble des musiciens quand ils jouent le morceau sur scène. Pour balancer cet excès métal, le titre est suivi par Happi Song, une ballade écorchée, chantée par Elena Poulou, claviériste du groupe et femme du leader.

Ces deux morceaux opposés, et les huit autres que compte l’album, montrent que The Fall est un groupe plein d’humour. On ne peut pas sortir vingt-neuf albums froids et bordéliques en se prenant complètement au sérieux.

Jean-Christophe Gé, 23 novembre 2011

tracklist
  1. Comos 7
  2. Taking Off
  3. Nate Will Not Return
  4. Mask Search
  5. Greenway
  6. Happi Song
  7. Monocard
  8. Laptop Dog
  9. I've Seen Them Come
  10. Age of Chang
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Taking Off - Happi Song - Monocard
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