chronique album

Internet Forever

Date de sortie : 02.04.2012
Label : Tape Alarm Records
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Si, avec Internet, tout va vite, avec Internet Forever, tout va très très vite. C’est d’ailleurs certainement le leitmotiv que ce groupe britannique s’est donné en composant son premier album éponyme, dont la majorité des titres n’excèdent pas les deux minutes et trente secodnes. Rapide, le trio l’est aussi dans sa manière de donner du rythme à sa musique, dont la frénésie et l’énergie s’illustrent bien souvent sur une batterie à fond les ballons et des tempos avoisinant la vitesse de la lumière (I Don’t Care, Zbigniew Sings, I’ll Sleep When I’m Alive, Cover The Walls).

Chez Internet Forever, il y a aussi et surtout de la joie et de la légèreté (parfois similaires à celles de The Postal Service) qui se mêlent à un esprit de fête et à une certaine exhibition (du moins, on l’imagine en live). Les ambiances electronica flirtent avec des mélodies pop impeccables et à des soubresauts ou refrains rock FM qui, à défaut d’être toujours très recherchés, restent incontestablement fédérateurs : il suffit d’écouter l’hymne Centre Of Your Universe, taillé pour les stades, le bel alliage sonore de 3D, armé de solos de cuivres sexy et noisy, ou la mélodie minimaliste mais efficace de Break Bones pour se rendre compte de la puissance du trio.

La production du disque est elle aussi une part importante de l’identité du groupe. Passée par les mains (expertes ?) des producteurs James Rutledge (Fever Ray, MGMT, The Kills, Radiohead) et Dreamtrak (Foals, Chicks on Speed, T3ETH), elle séduit la plupart du temps en alternant entres instants sonores ultra léchés et arrangées (cloches, synthés à la pelle, guitares électriques saturées, voix lointaines et célestes, chœurs réverbérés) et passages plus lo-fi, à la manière d’Arcade Fire, comme sur le fougueux Pages Of Books. C’est là où réside la force d’Internet Forever : réussir à faire se rencontrer Lali Puna, Notwist, The Postal Service, Florence And The Machine ou encore Best Coast et Blood Red Shoes en arborant une attitude presque punk.
Parfois le bât blesse, notamment sur White Light Collision Course, à l’esprit un peu primaire et à la construction trop mollassonne, ou sur Zbigniew Sings, dont les deux premières minutes perdent toute séduction, noyées dans un dédale de delays, de voix lointaines et de synthétiseurs indigestes.

Avec ses chansons tubesques, ses ambiances soignées et son énergie communicatrice, Internet Forever font directement leur entrée dans la cour des grands. Mais sauront-t-il le rester ?

Emeline, 29 mars 2012

tracklist
  1. Golden Temple
  2. 3D
  3. Break Bones
  4. I Don't Care
  5. Happy New Year
  6. Pages Of Books
  7. Centre Of Your Universe
  8. White Light Collision Course
  9. I'll Sleep When I'm Alive
  10. Zbigniew Sings
  11. Cover The Walls
  12. 3M
titres conseillés
Centre Of Your Universe, Break Bones, 3D
notes des lecteurs
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