chronique festival
Dour Festival
Dour,du 16 au 19 juillet 2009
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Au deuxième jour, à peu près tout le monde a découvert que les cartons porte-bières dans lesquels on vous sert vos six gobelets en plastique faisaient d'excellents frisbees rectangulaires. Ils volent haut en tournant sur eux-mêmes et peuvent vous frôler le crâne à une vitesse non négligeable. De Babylon Circus (le chanteur hilare : « Y'a un concours de frisbee là où quoi? ») à Thunderheist (le batteur furibard : « putain, arrêtez de balancer ces trucs sur scène, c'est dangereux »), on s'amuse à Dour.

 

SOV

 

On commence la journée tranquillement avec Sedan Vault, dans la veine indie plutôt couillue; le chanteur se débrouille bien, avec un tout petit quelque chose de Bloc Party en lui. Ensuite, Red Chord, de la scène hardcore de Boston, balance du gros lourd. En début d'après-midi, c'est un peu tôt pour ce genre de hurlements métalleux, non?
Milk, de l'électro-rock belge, pour digérer tout ça : c'est rigolo, ces danseuses masquées à oreilles de chat. Le leader charismatique est une leadeuse, qui sait bien se mettre en scène, mais manque un peu de voix pour élever les choses. Entre la robe verte à paillette et le serre-tête à cornes, plus les roses enroulées au micro, ça sonne un peu foutraque, forcément.

 

SOV

 

Comme Sound Of Violence est un magazine qui s'intéresse aux Anglais, votre serviteur fait des efforts pour s'intéresser à la pop de Sky Larkin. Il faut reconnaître que la chanteuse se débrouille bien, mais ce n'est pas Beth Ditto non plus, et puis le reste n'est qu'indie convenu, plat et inintéressant. Elle accroche ses lunettes noires au manche de sa guitare pour faire rock, et là, elle casse une corde. Disons que c'est mignon.
Des américanos-polonais ensuite : What's up, plutôt une bonne découverte, avec un son indus et des rythmes puissants qui tiennent en haleine. Malgré quelques interruptions dues à des problèmes de balances, le groupe a le temps de servir quelques très beaux titres, aux arpèges simples mais dont l'enchaînement est convainquant.
Un peu de rock en français avec Starving, bien entraînants; la chanteuse donne aux refrains une puissance sensuelle. Le groupe semble fait pour le live et s'en donne à coeur joie avec leur look très années 1980. Les paroles néanmoins sont agaçantes, rimes foireuses et messages profonds (le fascisme, c'est pas bien).

 

SOV

 

Ah, du temps de Noir Désir, au moins, le rock francophone était poétique... Tiens, en parlant de Noir Désir, voilà Serge Teyssot-Gay (guitariste du groupe donc) avec Zone Libre Vs Casey. Le projet, qui mélange rap et rock, pâtit de l'absence de Hamé, compère de Casey au sein de La Rumeur; il est remplacé par B. James, dont la diction trop agressive et la voix mal posée fatiguent. Mais on se délecte de retrouver le son spécifique de Teyssot-Gay, cette manière à lui de faire pleurer les aigus, et l'on se rappelle brusquement tout ce que Noir Désir doit au rap.
Autre ambiance chez les filles d'Au Revoir Simone, un trio débarqué de Brooklyn comme son nom ne l'indique pas. Leur électro-pop répétitive et calme est reposante à défaut d'être enthousiasmante. Chacune devant un clavier, elles chantent avec leur filet de voix et leurs robes colorées. Mais coup de théâtre: pour un titre, l'une d'elle sort une guitare, ça va rocker ! Sauf qu'au bout de quelques minutes, elle se rappelle qu'elle n'a pas retendu ses cordes après le voyage en avion (« désolée, on est un groupe très clavier, c'est notre première guitare ! »). On les préfère finalement dans l'ambiant un peu éthérée.

 

SOV

 

Deerhoof, préférés à Tokyo Ska Paradise Orchestra qui jouent au même moment sur une autre scène en plein air (mais dont la prestation en costumes bleu azur fût paraît-il plus qu'honorable) font un concert impeccable, comme à leur habitude. Leurs morceaux très pop se prêtent bien au mélange d'anglais et de japonais dont sont faits leurs textes; toujours brefs mais parfaitement enchaînés, les chansons font bouger le chapiteau.
Does It Offend You, Yeah?, le groupe anglais au nom le moins commode du moment, fait un bon live plein de bons sentiments. Les bons sentiments, c'est énervant. Allons plutôt voir du côté de Thunderheist, au son très marqué black de Brooklyn, du hip-hop un peu rock idéal pour danser; pas de regrets pour DIOYY.

 

SOV

 

Babylon Circus et leur zouk-musette joyeux et bon enfant mettent une grosse ambiance. « Avis de tempête, je vois le monde à l'envers », disent les paroles. Il y a un avis de tempête sur Dour aussi, le vent se lève et l'orage gronde.
C'est l'ambiance idéale pour Killing Joke, dont le son post-punk se marie bien avec l'orage qui s'apprête à nous tomber dessus. Mais la grande scène semble justement un peu grande pour eux, le public n'est guère au rendez-vous, et c'est bien dommage car Jaz Coleman et ses amis méritent d'être écoutés. On retrouve leurs tubes en même temps que leurs obsessions (une chanson est ainsi dédicacée à Kurt Cobain). Coleman, en gourou allumé, délivre ses aphorismes avant chaque titre (« The economy is gonna get worse, 'cause money doesn't exist ») et devient parfois si incantatoire qu'il semble conduire une messe. L'interview qui suivra leur show lui donne l'occasion de faire le point sur Killing Joke et ses théories diverses.

On termine la journée en beauté avec Animal Collective. Les effets visuels, loin d'être gratuits comme c'est trop souvent le cas, sont extrêmement recherchés et bien pensés, et donnent à leur concert une force d'expérience esthétique. Leur musique enveloppante et prenante reste comme l'un des meilleurs moments du festival.
Chloé Thomas, 25 juillet 2009

artistes
At Least We Try
The Red Chord
Murphy's Law
Walls Of Jericho
Sepultura
The Dillinger Escape Plan
Killing Joke
Vive La Fête
Kaizer Place
Camping Sauvach
Caravan Palace
Tokyo Ska Paradise Orchestra
Babylon Circus
Mercury Rev
Shameboy
Parallax View
Airport City Express
Starving
WhoMadeWho
Does It Offend You, Yeah?
Feadz
The Proxy
Digitalism (dj set)
Mashed Paper Klub
Milk
Sky Larkin
ThE bEwItChEd HaNdS oN tHe ToP oF oUr HeAdS
Au Revoir Simone
Mad Decent Soundsystem
Thunderheist
L-Vis 1990
Maluca
Drop The Lime
Rusko
Diplo
Boy 8 Bit
Surfing Leons
Cafeneon
St. Vincent
Karkwa
Zone Libre vs. Casey & James
Amazigh Kateb
Dub Inc
Studio One Rub A Dub Party
African Head Charge
Bush Chemists meets The Dubateers
Earl 16 & No More Babylon & Kenny Knots
Mad Professor Electronic Dub Show
What's up?
Marnie Stern
Deerhoof
And You Will Know Us by the Trail of Dead
Animal Collective
Fuck Buttons
Richard Devine
Bogdan Raczynski