interview
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Side-project de Steve Hodson et Mark Herron, respectivement bassiste et batteur d'Oceansize, et Jon-Lee Martin (ex Fi-Lo Radio), Kong dévoile avec son premier single un potentiel enragé et violent rarement égalé sur le territoire britannique. Rencontre avec avec un trio à l'énergie ravageuse...

Pouvez-vous commencer par m'en dire un peu plus sur l'histoire de Kong ? Comment le groupe s'est-il formé ?

Le groupe existe depuis un peu plus de deux ans maintenant. Au départ ce n'était qu'un simple projet punk hardcore mais je crois que tout le monde s'est pris au jeu et que le groupe s'est développé naturellement. Personne n'aurait jamais dû écouter notre musique mais les circonstances nous ont amené à donner quelques concerts ponctuels... on peut donc dire Kong est vraiment né grâce à un bouche-à-oreille local en quelque sorte.

Vous êtes tous les trois impliqués dans d'autres groupes à temps complet, comment parvenez-vous à concilier vos emplois du temps ?

Il est plus facile de trouver du temps pour quelque chose lorsque l'on prend vraiment du plaisir à le faire, ce qui est bien entendu le cas avec Kong. Je crois même que je serais capable de payer pour pouvoir continuer cette aventure si je le devais ! Je considère tous les musiciens que nous fréquentons pour diverses raisons comme notre famille... j'irais même jusqu'à dire que Kong est le jeune adolescent en pleine découverte de sa sexualité !

Le groupe ne compte que trois personnes à l'heure actuelle, avez-vous envisagé d'apporter du sang neuf à un moment ou un autre ?

C'est une possibilité qu'on a déjà évoquée et qui pourrait se concrétiser rapidement... quelques noms de recrues potentielles ont même déjà été listés ! Kong est un oisillon qui doit apprendre à voler de ses propres ailes et c'est bien entendu notre but pour le moment. Sortir notre premier album puis partir en tournée sera une première étape !

Les side-projects sont souvent perçus comme des hobbies, quel est votre point de vue par rapport à cela ?

Comme je l'ai dit précédemment, le groupe a été créé sans la moindre attente ! Kong était un véritable hobby que seules les personnes habitant Manchester pouvaient espérer découvrir sur scène. Pour être franc, notre premier concert a été organisé avant même d'avoir suffisamment de chansons pour jouer une demi-heure, il a donc fallu en écrire de nouvelles juste pour l'occasion !

Comment le nom de Kong a-t-il été choisi ?

Très simplement : un concert a été organisé sans que le groupe ne possède de nom définitif, alors on a fait un choix. Aucun de nous n'y portait une grande attention, et même en y réfléchissant encore aujourd'hui je pourrais trouver une nouvelle idée chaque jour !

Kong, en tant que mot, possède une connotation plutôt violente et lourde... Est-ce que ces termes s'appliquent à votre musique ?

Oh que oui ! Tu peux me croire, lors de nos premiers concerts donnés avec un matériel douteux, le résultat était complètement fou et chaotique ! Notre son était saturé et beaucoup plus heavy qu'il ne l'est maintenant, et je crois que Kong détient toujours le record du concert au son le plus fort au Big Hands d'Oxford. Un ingénieur du son qui était présent à cette occasion avait été contraint de baisser le volume à cause d'une plainte d'un voisin... le nombre de décibels était proche de celui produit lors du décollage d'un avion !

Quelles sont vos influences principales ?

C'est sans doute surprenant mais ces temps-ci je suis passionné par la musique Mariachi traditionnellement jouée par des groupes de mexicains dans les rues. D'une manière plus générale nos goûts sont très variés et je pense que chaque membre du groupe influence les deux autres à sa manière... même si au fond de nous-mêmes je sais que j'ai toujours conservé mon esprit punk pour le plaisir de jouer vite !

De quelle manière la musique de Kong est-elle différente de vos autres projets ?

Kong est une entité à part entière sans relation avec nos autres formations. Les trois membres du groupe essayent de suivre une ligne directrice commune dans un style punk... notre fonctionnement est en quelque sorte celui d'un gang très soudé.

Votre musique me semble très proche de celle de That Fucking Tank, est-ce pour vous un compliment ?

Complètement ! That Fucking Tank est un excellent groupe... peut-être avec plus de groove que nous mais certainement moins de blues et de punch ! Et le fait qu'eux comme nous aient travaillé avec Rob Whitley accrédite encore un peu plus ce rapprochement !

Considérez-vous la sortie de votre premier single comme une étape importante ?

L'idée de sortir un single n'est pas la notre ! Elle nous a été suggérée en discutant avec Brew Records autour d'un bon repas... c'est une possibilité qui ne se refuse pas mais je n'ai même pas levé les yeux de mon assiette si tu vois ce que je veux dire !

Pourquoi avoir choisi de travailler avec Brew Records ?

Les deux personnes qui s'occupent du label sont originaires de Leeds et l'une d'entre elles est un sosie de Pete Townsend... ce fut un facteur décisif ! On a évidemment discuté avec d'autres personnes mais sans être complètement convaincu car celles-ci semblaient plus occupées à nous montrer qui était le plus connu qu'à nous présenter leur vision de notre carrière. Brew Records est un jeune label sur une bonne dynamique, et cela nous permet également de travailler sans pression !

L'artwork de ce single a été créé par Joby J Ford (The Bronx), comment l'avez-vous connu ?

Je connais Joby depuis des années, il est comme un frère pour moi. J'étais à Los Angeles en fin d'année dernière alors que The Bronx était en studio et je lui ai parlé de Kong. Le concept et la musique lui ont beaucoup plu et il m'a immédiatement dit qu'il aimerait bien sortir un de nos disques un jour ou l'autre. Je partage aussi un autre groupe avec Jorma, leur batteur : Then Thickens.

Dirais-tu que Blood of a Dove et A Hint of Rennit Innit sont représentatifs de votre univers musical ?

Impossible ! Les deux chansons n'excèdent pas les trois minutes alors que ma culture musicale est extrêmement vaste ! J'aime la musique en général, de Breakdance (Circa 1984) à Black Flag et Blues Explosion en passant par le Mantra de Ravi Shankar... pour être honnête, je considère même ce dernier comme le point commun à tous les sons ! Votre premier album, Snake Magnet, sortira prochainement au Royaume-Uni... que peux-tu me dire sur lui ? J'en suis très fier ! C'est un disque de musique agitée et j'éprouve beaucoup de difficultés à l'écouter d'une seule traite pour le moment... mais je suis satisfait du résultat car c'était en quelque sorte le but recherché lors de son enregistrement ! Je regrette seulement qu'il ne soit toujours pas sorti car il est prêt depuis plusieurs mois maintenant et je travaille déjà sur son successeur avec le reste du groupe. Notre excitation actuelle est donc plus liée à ce nouveau disque qu'à Snake Magnet !

En dehors des quelques concerts que vous avez donnés ces derniers mois, avez-vous déjà prévu de partir véritablement en tournée ?

Pour être précis, Kong est déjà parti en tournée au Royaume-Uni avec Future Of The Left et Nine Black Alps, mais jamais en tant que tête d'affiche. Ce n'est qu'une question de temps avant que notre tour n'arrive, ce qui nous rend tous très impatients car c'est un mode de vie qui nous plait plus que tout.

Peut-on espérer vous apercevoir en Europe ?

Je l'espère vraiment car la seule fois que je suis venu en France, je ne suis même pas descendu du bus ! Ce serait un vrai plaisir de pouvoir venir jouer en France et dans d'autres pays... je sais qu'Oceansize possède un public en Europe et je pense qu'il aimerait voir Kong donner des concerts sur le continent !

Fab, 29 juillet 2008