chronique concert

Paris, Point Éphémère - 8 juin 2011

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Ce mercredi, le Point Éphémère proposait une affiche 100% britannique avec Is Tropical et Breton. Si ces derniers font beaucoup moins le buzz que leurs petits amis masqués, ils seront malgré tout la très bonne surprise et l'instant découverte de la soirée pour la plupart des spectateurs.

Nous croisons, à l'ouverture des portes, vers 20h, l'un des membres de Breton qui nous avoue être un peu nerveux de cette soirée. Arrivés à peine deux heures auparavant, les londoniens n'ont donc trouvé le temps que d'un rapide soundcheck et d'un dîner avant d'entrer en scène. Nous les avions rencontrés il y a tout juste deux mois à la Gaïté Lyrique lors du festival Super! Mon Amour et malgré le manque de public, ils nous avaient faits forte impression.
Depuis, le moins que l'on puisse dire, c'est que de l'eau qui a coulé sous les ponts : une signature chez FatCat, l'enregistrement de leur premier album cet été en Islande, dans les studios de Sigur Ros, une tournée en Angleterre aux côtés de Tom Vek et des médias de plus en plus nombreux à les promouvoir et à les soutenir. Pourtant, c'est en Terra Incognita qu'ils arrivent ce soir.

 

SOV

 

Encapuchonnés dans leurs sweats, ils montent sur scène et débutent avec 15X, titre chanté en français par Roman Rappak. D'emblée, on constate la différence avec leur venue précédente : le son est meilleur, les basses plus importantes, la voix porte plus et surtout, le Point Éphémère semble être le lieu le plus approprié pour recevoir le collectif londonien. Ne cherchons pas à les cataloguer, c'est impossible : mélangeant performance live et visuelle, rock, phrasé hip-hop et boucles électro, ils semblent avoir acquis une maîtrise de leurs titres plus importante qu'en avril dernier. En une trentaine de minutes, ils nous emmènent tantôt sur les dancefloors (Episodes), tantôt dans une promenade chimérique (The Well et December). Le batteur fait preuve d'une dextérité déconcertante tandis que le chant de Roman hante les compositions toutes aussi inspirées les unes que les autres.
Dans les premiers rangs, les gens s'interpellent « Qui sont ces quatre-là ? ». Les acclamations sont chaleureuses et le groupe a plus que rempli son rôle de première partie.

 

SOV

 

Une petite pause, histoire de remplir nos pintes et encore un peu plus la salle et voilà l'accueil idéal pour les énigmatiques Is Tropical. Ces derniers jours, leur clip de The Greeks a fait le tour de la blogosphère : il faut dire que des enfants se livrant à des combats sanglants façon cartoon, avec pour toile de fond le trafic de drogue, ce n'est pas commun !
Le trio, signé chez Kitsuné, parcourt la planète depuis de nombreux mois, ouvrant notamment pour Klaxons dernièrement. Forts d'un premier album, Native To , fraîchement sorti, c'est aujourd'hui en tête d'affiche qu'ils continuent à alimenter le mystère qui les entoure. C'est donc arborant des foulards cachant le visage qu'ils font leur apparition. Serait-ce la grande mode en ce moment que d'alimenter le secret comme le font Is Tropical ou WU LYF ? Quoi qu'il en soit, on commence à saturer de ces concepts marketing qui semblent parfois vouloir cacher un manque de profondeur.

 

SOV

 

Le groupe a pourtant le mérite de savoir faire remuer les foules mais ce soir, le son est beaucoup trop fort et devient vite désagréable ; les voix sonnent différentes, trop différentes des enregistrements studio, et un manque de nuance se fait sentir sur la longueur. Là où Breton recherchent la singularité, Is Tropical cherchent plutôt à capter l'attention du plus grand nombre ; leur musique est directe : des gros beats taillés pour les pistes de danse, une basse marquée, du synthé et, surtout, une redoutable capacité à livrer des mélodies accrocheuses. Seulement, ce soir, la sauce du mal à prendre. Même si la musique est transgénérationnelle, on peut se demander si, passée la vingtaine, nous perdrions une quelconque faculté à apprécier ce genre de rythmes. Ou serait-ce un manque d'alcool ? Nous ne le saurons jamais mais le plus important réside sans doute dans le fait que la recette fonctionne : le public, captivé, en redemande.

Ce soir, nous aurons donc eu droit à deux facettes du traitement de la musique électronique avec des rendus foncièrement différents mais somme toute complémentaires.
Amandine, 10 juin 2011

setlist
BRETON
15X
Interference
Hours Away
Episodes
The Well
Governing Correctly
December 
Jostle

IS TROPICAL
Tan Man
When O' When
South Pacific
Take My Chances
Clouds
What
Oranges
Lies
I Think We're Alone
The Greeks
Seasick Mutiny
photos du concert