chronique concert

Paris, Flèche d'Or - 28 janvier 2012

Bookmark and Share

Le Club Folamour, ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer le Jelly.

Le premier groupe programmé ce soir a certainement vécu quelque chose d'assez peu confortable, puisqu'il n'y avait plus d'une trentaine de personnes dans le public au début de la soirée, et ce en comptant les serveurs au bar. Outfit, c'est cinq musiciens, tous plus grands les uns que les autres, un groupe de géants aux allures de Smiths, à la fois classes et nonchalants, supporteurs de Liverpool, comme si ça ne rappelait rien... Justement, Outfit prend le parti de ne pas être stigmatisé trop rapidement. Lorsque les voix du chanteur et du clavieriste sont à l'unisson, c'est un délice de justesse et de finesse. Leurs transitions sont léchées, et ils opèrent un important travail sur le son les dirigeant vers la pop alternative.
Ils choisissent presque à coup sûr la formule traditionnelle du couplet/refrain. leur prestation est complète, balayant un maximum de champs touchant parfois au rock évolutif en passant par la new wave ou le funk mais toujours sur un ton posé, comme si un voile de détente enveloppait Outfit et le public. Petit à petit les cinq musiciens passent la vitesse supérieure et parviennent à faire monter la sauce et nous faire secouer les épaules et le reste en fin de set. Mais ce qui aura le plus plu, c'est la chorégraphie « headshake » très au point des deux figures de proue d'Outfit, à leur agitation maximale à ce moment là, préférant flotter au dessus des chansons comme si rien ne les perturbaient.

SOV

Comme d'habitude, tout s'enchaîne rapidement à la Flèche d'Or, et on assiste déjà au set du deuxième groupe de la soirée : Tropics. On peut alors annoncer : autre genre, autre ville, autre proposition, autres tenues vestimentaires. Tout est plus simple chez Tropics, trois musiciens : un batteur aux polyrythmies bien actuelles, un guitariste aux accents pop 60s portant une charmante chemise vintage boutonnée jusque sous le nez et le leader Chris Ward à la fois au synthé, à la guitare et au chant. Les introductions des titres nous renvoient vers Beach House ou encore Youth Lagoon, renforcées par des voix vaporeuses et contrastées par une batterie très sèche. Tropics, dont le nom nous envoie sur une fausse route AfroBeat, fait ce soir la part belle à la voix, à tel point que certaines chansons nous expédient dans un univers bien plus hip-hop que les années 80s dans lesquelles on navigait jusqu'alors. Soudain le groupe nous offre de larges élégies instrumentales, ou chacun peut proposer son interprétation du morceau. Tropics empile les ambiances, les prétéritions, les loopers et les voix : l'ensemble pourrait être une cassette enregistrée passant en boucle alors que l'on roule sur la Nationale 7, pendant les vacances d'été, sans climatisation.

SOV

Pour le troisième et dernier groupe, sur scène, une grande quantité de matériel est installée, et en particulier une multitude de percussions. C'est normal, ce sont les Beaty Heart, tranchant avec le reste de la soirée, qui, tout en proposant un melting pot détendu et dansant, nous a un peu laissés sur notre fin pour un samedi soir en matière de défoulement corporel. Qu'à cela ne tienne, les trois jeunes anglais de Peckham déboulent sur scène et commencent à frapper et remuer tout ce qu'ils y trouvent. Clairement évocateur d'Animal Collective, empruntant aussi à YACHT, le show coloré et résolument barré des Beaty Heart nous envoie de la couleur et de la bonne humeur à chaque chanson.
Proposant une approche bruitiste, bucolique voire aquatique, on y découvre des rythmes africains et tropicaux très développés. Leur musique ressemble à un grenier de grands-parents, sans-dessus-dessous, grouillant de trouvailles sonores et de combines persuasives où trois gamins s'amuseraient à toucher à tout. Multi-instrumentistes, ils nous noient dans un océan d'énergie. La salle peut enfin danser à pieds perdus. Avec un rappel et quelques nouvelles percussions multicolores, on aurait envie qu'ils deviennent nos meilleurs amis tant tout en eux évoque un bonheur insouciant.

SOV

La soirée aura permis d'élucider un des mystère de l'hiver Parisien : Quel est l'intérêt d'avoir si froid, alors que l'on ne peut même pas skier ? Pouvoir assister à des concerts qui nous font oublier les Moon Boots.

Edina Tymp, 2 février 2012

setlist
Non disponible
photos du concert
    
    à lire aussi sur SOV
    live
    Outfit
    Paris, Alhambra

    06.11.2013
    single
    Outfit
    Two Islands

    10.10.2011
    album
    Outfit
    Performance

    06.08.2013
    interview
    Outfit
    Interview

    27.12.2013