chronique concert

Paris, Maroquinerie - 28 janvier 2012

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Pour tous ceux qui n’ont pas l’habitude de braver le froid pour aller voir un concert de hard rock - ou du moins, estampillé en tant que tel ! – s’initier avec The Asnwer est un choix intelligent et même surprenant. Car, si The Answer fait dans le son brut de décoffrage et dans les premières parties d’AC/DC (ndlr : invités pour plus de 140 concerts autour du monde en 2008 et 2009) leur musique n’est pas dénuée de raffinement.
Rencontrés quelques heures plus tôt au bar de la Maroquinerie, Paul Mahon, guitar hero du groupe, et Micky Waters, basse virtuose, donnaient déjà le ton en racontant leur dernier enregistrement d’album à El Paso où ils aimaient se rendre en Harley à travers un bout de désert, le casque absent et le cheveu au vent, le tout avec un accent Irlandais à couper au couteau.

SOV

Pressés de pénétrer les lieux à 19h30 tapante, ce sont les Français de Splash Macadam qui, en première partie, accueillent une foule hétéroclite mais arborant facilement des patchs de clubs de motards ou du groupe AC/DC sur le bras de vestes militaires ou de cuirs craquelés. Il faut dire que la nuit est froide, très froide ! Descendre dans la salle de la Maroquinerie avec une telle température extérieure n’est pas sans danger pour le matériel électronique et les lunettes de vue, tapissées de buée en un battement de cil sitôt passées les lourdes portes coupe-feu.
Caniculaire en été, la salle de la Maroquinerie bénéficie constamment d’une chaleur corporelle et électrique qui a le mérite de donner le La, le diapason d’avant concert. Jeans slims troués, perfecto trop court et cheveux jaunes tombant sur le bas du dos, mon voisin de vingt ans ressemble à un Van Halen période Jump et ne bouge que la tête mais avec une violence que seuls les hardeux connaissent.

Pourtant, si le look est là, y compris sur scène, la tonalité de ce soir se situe plus du coté d’un blues rock énervé et strident que du coté des Metallica, cités en référence dans les interviews du groupe. Ce qui différencie The Answer de leurs aînés graisseux et parfois sans finesse ? Un sens de la mélodie et du live qui prouvent qu’avoir été la première partie d’un des plus grands groupes de rock de la planète n’avait rien à faire avec le hasard. Cormac Neeson, leader à la tignasse blonde tombant sur les fesses, raie au milieu et fringues douteuses, sait chauffer sa foule sans pour autant hurler des propos incohérents.

SOV

Un faux air de Robert Plant et de Led Zeppelin émane de sa personne et plane sur nous, aidé du plafond très bas de la Maroquinerie. Il invective un public averti et communicatif avant d’entamer, pèle-mêle, les titres de l’album Demon, 100 000 exemplaires au compteur, ou de leur premier opus, Rise, écoulé à 125 000 copies. The Answer fait mouche depuis ses début en 2006. Revival, leur dernier disque en date est acclamé pour la première fois sur une scène de France et sonne ce soir plus blues que métal, pour le bonheur des plus jeunes, venus pour certains assister à l'un de leurs premiers concerts de rock « dur ».

The Answer, c’est d’abord un tempo donné par le batteur à la musique d’un groupe qui décape les capillaires, mais ce sont également des mélodies qui restent en tête. Et avec quatre Irlandais qui aiment en découdre pour quiconque ose s’approcher trop près, le risque est réel de recevoir un coup de pied de micro de la scène ou de coude des premiers rangs ! Avec une prestation parfaite, des solos dignes d’Angus Young et un leader aussi charismatique, on se surprend presque à s’intéresser à la prochaine programmation du Hellfest !

Olivier Kalousdian, 2 février 2012

setlist
Non disponible
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