chronique concert

Nantes, Stereolux - 16 février 2012

Bookmark and Share

Un premier album sorti depuis près d’un an et dont on a beaucoup parlé, des collaborations avec Yukimi Nagano (Little Dragon) ou la jeune et prometteuse anglaise Jessie Ware, on peut parler de succès pour cet artiste masqué. Lui, c’est SBTRKT (prononcez subtract), Aaron Jerome dans le civil. Il est en tournée européenne depuis le début de l’année, en attendant de le voir ou revoir dans de nombreux festivals cet été. Ce soir, il pose ses bagages à Nantes dans la nouvelle salle Stereolux, inaugurée il y a quelques mois et digne remplaçante de feu l’Olympic.

En attendant l’entrée en scène de SBTRKT, Karin Park assure avec brio la première partie. La chanteuse suédoise semble tout droit sortie des années 1980, en témoigne non seulement sa tenue vestimentaire, mais aussi ses chansons, de la pop à mi-chemin entre The Knife et Yelle. Elle chante et joue du synthé pendant que son frère David se tient derrière les fûts, alors que le public arrive en nombre. Les avis sont partagés, malgré le grand enthousiasme de la chanteuse et sa propension à se lancer dans des danses endiablées. Quelques ados du premier rang sont conquis, pour les autres il faudra attendre la fin de son set pour les voir afficher quelques signes de satisfaction.

A peine une demi-heure plus tard, les lumières s’éteignent, mettant ainsi fin à l’impatience croissante d’une salle presque remplie. Les spectateurs sont jeunes, majoritairement étudiants, la promesse d’un concert enflammé ! Aaron James s’installe à la batterie, il est accompagné de Sampha, très présent sur l’album et également partenaire indispensable en live. La fosse s’anime dès la première chanson, Heatwave, révélant ainsi la superbe voix de Sampha. Les deux prennent la liberté de donner encore plus de profondeur à leurs chansons, ajoutant par-ci par-là quelques touches de dubstep et de samba, au grand plaisir d’une fosse survoltée. L’ambiance est euphorique, SBTRKT offre la quasi-intégralité des compositions de son album, se permettant même d’inclure les voix enregistrées des chanteuses féminines lorsque cela est nécessaire.

Tandis que la température monte, les deux compères enchaînent les morceaux, ne laissant aucun répit à un public conquis d’avance. Aaron conjugue avec dextérité les sons de sa batterie deux en-un, tantôt acoustique, tantôt électronique avec la voix suave et profonde de Sampha, visiblement heureux de voir tant d’énergie déployée devant eux. Après avoir joué la plupart des chansons de l’album, le duo ne s’arrête pas là et transforme la salle en dancefloor à coup de longues et sourdes basses bien placées, à quelques encablures des sonorités pop et un peu trop propres de l’album, de quoi déstabiliser une partie de leurs fans, pas forcément adeptes de dubstep. Le temps de quelques pogos, SBTRKT redevient le DJ qu’il a longtemps été, faisant de son mieux pour ne laisser personne sur le côté. C’est réussi, plus d’une heure s‘est écoulée depuis le début du concert et les artistes comme le public ne faiblissent pas.

Un quart d’heure et un rappel plus tard, les deux hommes saluent les spectateurs, mettant tout le monde d’accord sur un talent incontestable et des capacités scéniques appréciées à leur juste valeur.

Vincent Poisson, 21 février 2012

setlist
Non disponible

à lire aussi sur SOV
album
SBTRKT
SBTRKT

20.07.2011
live
SBTRKT
Paris, Trianon

18.11.2014