chronique concert

Paris, Cigale - 15 mars 2012

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Il y a presque un an, jour pour jour, Porcelain Raft se produisait au Point Ephémère à l’occasion d’une soirée Bim Bam Boom organisée par le magazine Magic. Si ce soir là la tâche était un peu facilitée par la présence de Yuck (Mauro Remiddi de Porcelain Raft et Daniel Bloomberg de Yuck sont d’excellents amis) à l’affiche de ce même concert, la mission de l’italien était un peu plus compliquée jeudi dernier puisque celui-ci ouvrait pour M83 dans une Cigale sold out depuis belle lurette.

Le Romain de naissance entre seul sur scène vers 20h dans une salle déjà correctement garnie. Accompagné de machines pour unique compagnie sur scène, il démarre son set par Drifting In And Out, plage d’ouverture de son premier album Strange Weekend. Souvent dans la pénombre pendant cette chanson, Mauro cherche à ses marques face à un public parisien un peu froid mais visiblement curieux. Le multi instrumentiste dissimule son trac derrière son jeu de guitare et son micro, et se plonge littéralement dans l’univers énigmatique de Porcelain Raft.

SOV

Pas complètement à l’aise, il effectue des mouvements un peu saccadés pouvant s’apparenter à une sorte de danse, qui l’aident à reproduire plus sereinement les mélodies electro-pop de son projet. Il enchaîne avec Backdrop, second extrait de son opus, et la voix cristalline de Mauro semble gagner en aisance ainsi que l’attention du public qui commence tout doucement à se faire ressentir.

Dragonfly, extrait d’un EP sorti sur Acephale Records en 2011, constitue le vrai démarrage de ce concert. Exécuté dans une version plus dépouillée que sur le disque, le résident New Yorkais semble enfin prendre plaisir à être sur scène. La version est étendue avec une improvisation electro-instrumentale et se termine dans un torrent électrique saturé émanant de la guitare. Put Me To Sleep, autre extrait (et futur single ?) de Strange Weekend, trouve ensuite sa place dans la setlist et voit Mauro délaisser sa guitare électrique pour un tambourin, ce qui toutefois ne l’empêche pas de continuer à nous emmener dans ses rêves éveillés. C’est à l’issue de ce morceau qu'il choisit d’éteindre le côté lumineux de ses compositions pour nous enfoncer dans les ténèbres de Talk To Me, hymne oppressant extrait de l'EP précédemment évoqué. Définitivement mystérieuse, cette chanson semble procurer une réelle souffrance chez Mauro, de par les mouvements frénétiques qu’il affiche sur scène ainsi que le timbre de voix suppliant qu’il emploie tout au long de cette chanson. Curieusement c’est ce titre qui remporte le plus vif succès auprès du public.

SOV

Unless You Speak From Your Heart, premier single extrait de l’album, et l’inespéré Tip Of Your Tongue dans une version réaménagée, viennent conclure trente minutes d’un concert que l’on peut comparer à un rêve avorté par un réveil prématuré.

Quelques chanceux ont pu un peu plus tard assister à une autre prestation live de Porcelain Raft au Silencio, le club de David Lynch. Il ne reste juste à espérer qu’il ne faille pas de nouveau attendre un an pour avoir la chance de revoir Mauro Remiddi sur une scène parisienne.

Emmanuel Stranadica, 16 mars 2012

setlist
Drifting In And Out
Backdrop
Dragonfly
Put Me To Sleep
Talk To Me
Unless You Speak From Your Heart
Tip Of Your Tongue
photos du concert
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