chronique concert

Paris, Les Combustibles - 21 mars 2012

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Tous les vingt ans, la maison du rock est en bordel. Sans dessus dessous et pleine à craquer de styles différents, passés de contemporains à has been en quelques temps, en attendant, bien sîr, d’être à nouveau à la mode quelques décennies plus tard ! La chambre est pop, la salle de bain électro, la salle à manger vire indie et le salon fait dans le rap. Le tout cohabite jusqu’au trop plein puis explose à intervalle régulier pour redémarrer une nouvelle décoration, souvent composée des même ingrédients, remis au goût du jour, inévitablement, indéfiniment...

King Charles, le nouveau dandy rock, trublion poète façon Marie Antoinette version Copolla, se pose en architecte bien décidé à tirer parti de toutes les pièces de la rock house et à en mélanger tous ses styles jusqu’à obtention d’une nouvelle tendance les fusionnant toutes : le Glam Folk, comme il l’appelle.

SOV

On avait assisté à ses débuts en France sur la scène de la Flèche d'Or en 2010 et il avait forte impression en live, rappelant un je ne sais quoi de Prince à ses débuts question look à jabots et voix coupant très bas. Son set avait alors dévoilé un jeu de sons empruntés à des groupes comme Queen, des textes de chanteur sentimental à la Brian Ferry, le tout rehaussé d’envolées de guitares. Ce mercredi soir, en marge de la sortie de son premier disque, finalement appelé LoveBlood après avoir été un temps présenté sous le nom de Mississipi Isabel fin 2011, Charles Johnston, de son vrai nom, et ses quatre acolytes dont une choriste habillée avec les fripes de feu Roxy Music époque épaulettes et vestes larges, ont occupé les Combustibles, petite salle située à deux pas de la gare de Lyon.
Entrée en piste remarquée et par la porte principale de la salle en entonnant, a capella, une intro très folklorique : King Charles monte sur scène en passant par son public et marque un point auprès des fans du premier rang. Tout de blanc vêtu, une veste bleue roi sur les épaules, il ne s’est toujours pas défait de son chignon plus épais qu’un guerrier Sikh. Soyons beaux joueurs, King Charles et ses acolytes que l’on croirait tout droit sortis du groupe Dexys Midnight Runners en 1983 n’ont pas que le look, ils ont également un certain talent pour les mélodies entêtantes et, surtout, une production et une orchestration d’une richesse qui ne laisse aucun doute sur l’éducation musicale classique revendiquée par leur leader.

SOV

On connaissait Lovelust ou la reprise de Billy Joel, We Didn't Start The Fire, dont King Charles avait intelligemment remis les paroles au goût du jour, mais pas les nouveaux titres tournant sur Internet et futurs singles à coup sûr, comme Bam Bam ou Ivory Road. Tout y passe : rythmes caraïbes, riffs sans fin, à fond les gamelles et à faire pâlir AC/DC, nappes de violons synthétisés pour les ballades les plus romantiques que l’Angleterre pouvait nous offrir après cette période rock dur et sans concession.
Un soupçon de piano, de nonchalance et un physique entre Robert de Niro et John Turturo, les poils de torse avec, finiront par faire de ce concert une vraie réussite.

« Je l’ai emmenée sur mon vélo sous la pluie, elle m’a embrassé. Je l’ai emmenée déjeuner, elle ne m’a jamais plus embrassé... » [Missisipi Isabel]

Tout un programme !

Olivier Kalousdian, 23 mars 2012

setlist
Non disponible
photos du concert