chronique concert

Paris, Café de la Danse - 21 mars 2012

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Il est 20h45 et la lumière s’éteint dans le Café de la danse. Don't d’Elvis Presley annonce l’arrivée imminente sur scène de Robin Foster et de ses musiciens.

Ils sont quatre (un batteur, un guitariste, une basse et un clavier) pour accompagner l’Anglais. Élégant et stylé, la guitare en bandoulière, après avoir salué son public d’un chaleureux bonsoir, Robin Foster attaque son concert avec Loop, instrumental extrait de son premier album paru en 2008, Life Is Elsewhere. Puis il enchaîne avec l’immense Brest By Night, sublime de force et d’énergie. Le groupe accompagnant le résident Brestois est parfaitement en place. A certains moments les guitares évoquent The Cure, mais lorsqu’elles se perdent dans des tourbillons incontrôlables, il est difficile de ne pas penser à Mogwai, les DB et la rage en moins. Car tout pénétrant et hypnotisant qu’il soit, l’univers musical de Robin Foster est beaucoup plus mélancolique que l’univers dévastateur des écossais.

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Après cette entame exclusivement instrumentale, Dan Pen, membre du collectif d’Archive, arrive à son tour sur scène pour venir prêter main forte vocalement au quintet déjà présent. A Collapsing Light puis Forgiveness, toutes deux extraites du dernier album de Robin Foster, Where Do We Go From Here?, où les tonalités musicales se font plus douces que précédemment. La magie du début de concert se dissipe un peu. Tout comme sur le disque, les morceaux chantés semblent moins accrocheurs, surtout lorsque le chanteur d’Archive, à la voix déjà mise particulièrement en avant, en fait beaucoup trop.

Fort heureusement, la suite est plus en adéquation avec l’univers de Robin Foster. Sur l'instrumental de choix This Is Not An Exit, les harmonies sonores nous enfoncent de nouveau vers la nostalgie. Il s’avère un peu regrettable que la batterie, à certains moments, soit aussi lourde et appuyée, d’autant que c’est un sans faute pour la basse et les guitares, l’orgie de ces dernières ne sombrant jamais dans le gras et l’indigeste.
Puis Dave Pen fait son retour sur scène le temps de deux chansons toujours extraites de son dernier opus. Le premier, Wait For Her, sonne d’ailleurs très Archive. Le second titre, Concrete Skies est assez sublimement interprété. La guitare de Robin Foster est joliment dosée et l’ensemble des instruments se marient harmonieusement avec la voix de l’Anglais. Ce dernier est remplacé l’instant d’un morceau, Pick Your God Or Devil, par la canadienne Niddi O. Sa présence et sa voix angélique entraînent cette fois le collectif dans des contrées proches de celles de Massive Attack, notamment lorsque ces derniers collaborent avec Martina Topley-Bird. Robin fait la bise à Niddi O avant que celle-ci ne quitte la scène, et le groupe replonge dans un autre instrumental, Deadwood, au final de haute volée. C’est vraiment dans ce registre que l’Anglais tire sa force et il aurait été plus qu’apprécié que la version soit étendue de deux ou trois minutes.

SOV

Après sept morceaux de son dernier album, Robin Foster nous présente un tout nouveau titre, Life And Death, extrait de la bande originale d’un film sur lequel il travaille actuellement. A cette occasion, le groupe se retrouve à sept sur scène, les deux voix invitées du concert étant également présentes. Ce morceau aurait pu rester un simple instrumental, mais Robin semble vouloir colorer de chants sa musique. La performance de cet inédit fort prometteur reçoit un excellent accueil de la part du public du Café de la danse. S’ensuit, Save The Cheerleader, lequel vient conclure de la plus belle des manières l’heure de concert dont Robin et ses musiciens nous ont gratifié.
A l’occasion du rappel, le batteur revient très rapidement sur scène, suivi du clavier et des deux autres musiciens. Robin arrive à son tour. Dave Pen est également présent. A la surprise générale, le musicien ose pour la première fois prendre le micro pour une version de Goodnight & God Bless, issu de son premier effort. Celui-ci s’en sort bien et ravit son public.
Cette aventure musicale se termine par un voyage sans retour. Sad/Happy, plage d’ouverture du dernier album, nous emporte comme un maelstrom tournoyant, comme si nos pieds se trouvaient sur des sables mouvants, et tout espoir de sauvetage semble vain. Ce morceau puissant et ténébreux s’apparente à un adieu, à une conclusion, à une épitaphe. A l’issue de celui-ci, le calme revient.

Robin Foster et toute sa troupe saluent le public. Elvis Presley est de retour en fond sonore. Rideau !

Emmanuel Stranadica, 23 mars 2012

setlist
Loop
Brest By Night
A Collapsing Light
Forgiveness
This Is Not An Exit
Wait For Her
Concrete Skies
Pick Your God Or Devil
Deadwood
Life And Death
Save The Cheerleader
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Goodnight And God Bless
Sad/Happy
photos du concert
    
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