chronique concert

Paris, Point Éphémère - 22 mars 2012

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Du 20 mars au 1er avril, les femmes s’en mêlent un peu partout en France. Se mêlent de quoi me demanderez-vous ? Se mêlent de tout mon brave monsieur ! De tout et surtout de musique. Festival féminin plus que féministe, Les Femmes s'en Mêlent, qui en est déjà à sa quinzième édition, nous offre ce soir un programme haut en couleurs et riche d’univers variés.

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C’est la française Christine & The Queens qui se charge de donner le coup d’envoi de la soirée. Blazer noir et serre-tête en forme de bois de cerf, le ton est donné. Christine est seule en scène avec son ordinateur. Les queens ne sont pas venues, ou plutôt si, elles sont bien là, Christine personnifiant tous ces personnages à la fois. Electro-pop chic et soignée, mélodieuse et mélancolique, les morceaux sont entrecoupés d’interventions de Christine, sortes de petites saynètes cabaret. A mi-chemin entre Peaches et Zola Jesus, la prestation de la française est une vraie bonne surprise. D’ailleurs, lorsqu’elle sort de scène sous les applaudissements à la fin de la demie heure qui lui est impartie, le public en redemande !

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On bascule ensuite dans un univers résolument plus sombre et tout en retenue. Voici la polonaise basée à Brooklyn, Ela Orleans. Installée seule dans le coin droit de la scène, elle est assise derrière son clavier. Mélodies et sonorités improbables, mélanges étonnants ou la bossa nova télescope une bande son façon western, on est un peu décontenancés et puis rapidement fascinés. La demoiselle au look de dame patronnesse n’est pas sans rappeler Ian Curtis par sa concentration extrême et la profondeur de sa voix. S’emparant parfois d’une guitare, Ela Orleans nous emmène avec elle le long de longues routes planantes, et on s’attend à chaque instant à tomber nez à nez avec David Lynch au détour d’un virage.

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Nom français pour les anglais de la soirée, mais ils trichent, leur chanteuse est française. Charlotte Marionneau et ses acolytes de Le Volume Courbe sont là pour clôturer la soirée. Les deux filles et cinq garçons du groupe nous proposent leur indie pop élégante portée par la voix légère et presque enfantine de Charlotte. Au milieu des compositions du groupe, deux reprises de choix, I Love The Living You de Rocky Erickson et Le Petit Chevalier de Nico.
Les guitares de ce petit big band londonien ont beau nous rappeler les magnifiques La's, on reste tout de même plus près de la scène slacker américaine. Une sorte de Pavement franco-britannique, ou la nonchalance le dispute au talent. La salle n’est pas comble en cette fin de soirée, et cela nous permet de nous apercevoir que Le Volume Courbe compte parmi ses fans Philippe Katerine. Les chansons, assez courtes s’enchaînent, et quand vient le moment du rappel, l’ingénue Charlotte nous explique qu’ils n’en ont plus et qu’ils vont donc nous réinterpréter « celle avec le train », à savoir Freight Train. Ça tombe bien, on l’aime bien nous cette chanson.

A la fin de cette soirée, il est étonnant de constater à quel point des univers si différents sur le papier ont cohabité et se sont complétés de façon si harmonieuse. Chapeau donc aux programmateurs et bien évidemment aux artistes pour leurs prestations sincères et talentueuses qui font l’intérêt et la beauté ce festival pas comme les autres.

Sandra Stefanini, 27 mars 2012

setlist
Heartbeat
Harmony
Through This Time
Sitting In Your Head
Le Petit Chevalier (Nico cover)
I Shall Skip Your Judgement
I Killed My Best Friend
This And That
Born To Lie
Rusty
Litlle Shoes
Freight Train
I Love The Living You (Rocky Erickson cover)
The House
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Freight Train
photos du concert