chronique concert

Paris, Place du Palais Royal - 25 avril 2012

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Voilà trois semaines que la pluie et le vent se sont invités dans le ciel de France pour le plus grand bonheur de la végétation et des nappes phréatiques. Des giboulées comme on en a rarement vues, même en mars ! C’est donc une petite surprise de découvrir que, ce soir, le concert organisé par Orange en plein Paris, sur la place du Palais Royal, entre le Conseil d’Etat et le Musée du Louvre est à découvert.

Pariant sur une météo, sinon chaude, au moins clémente, la jauge de 1500 personnes prévues dans cette aréna improvisée, sans autre protection sur les têtes qu’un poncho anti-pluie distribué gratuitement à l’entrée, aurait du être facilement atteinte et même sous-estimée sous un ciel azur. Mais voilà, aujourd'hui le vent souffle en tempête et les nuages alternent entre blanc sale et gris profond, lâchant par intermittence des trombes d’eau quand ce n’est pas de la grêle ! Prévu à 18h, le concert des Ting Tings commence par le travail, au combien ingrat, d’un chauffeur de salle qui, devant 200 personnes a tout le mal du monde à réchauffer une ambiance rendue glaciale par une température qui ne dépasse pas les douze degrés Celsius.
Quatre scènes, cachées et censées dévoiler des animations surprises au cours du concert, entourent l’attraction principale, de la plus petite à la plus grande. Lunettes promotionnelles façon Wayfarer estampillées Orange RockCorps sur la tête, le public ayant bravé le froid et la pluie est hétéroclite ; beaucoup de presse, pas mal d’invités de la marque et quelques passants curieux du show proposé dans un des lieux les plus touristiques de la capitale essaient de s’animer, malgré la météo. Des animations, Orange en a prévu à la pelle, si bien qu’à un moment, on se demande si c’est à un concert que nous sommes venus assister ou à un évènementiel marketing ? Les deux mon capitaine ! Me répond l’attachée de presse.
Car, depuis quelques années, Orange a mis en place une action intéressante, destinée à récompenser les jeunes qui s’investissent quelques heures durant dans une association (reconnue par Orange) et se voient offrir une place de concert pour 4h de leur temps. Mark Ronson ou Lily Wood And The Pricks ont déjà joué le jeu et donné de leur talent sur scène pour récompenser ces volontaires-là.

SOV

Ce soir, c’est au tour de The Ting Tings. Katie et Jules, binôme multi-instrumentaliste logé à deux pas de la scène, arrivent sous bonne escorte et sous plusieurs parapluies en traversant le public épars. Katie, surement tenue éloignée des chaines météo, arbore un short moulant court et des bas. Courageux de sa part ! C’est parti pour trente minutes de show pendant lequel, dès que le signal sera donné, nous serons invités à partager l’évènement à l’aide de nos smartphones, directement sur Facebook ou Twitter. Un compteur à quatre chiffres, placés juste au-dessus de la scène principale, égrène les partages. Le but étant d’arriver à 150, 300, 400 puis 700 partages en direct pour découvrir les quatre scènes annexes. Vite atteints, ces envois via GSM font apparaitre une troupe de danseuses déjantées en tutu, une chorale gospel façon 17ème siècle, une troupe d’acrobates déguisés en anges s’affranchissant de la gravité à l’aide de trampolines et un cosmonaute guitariste donnant la réplique aux Ting Tings. C’est la parade devant les yeux ébahis des clients de l’hôtel du Louvre aux fenêtres et du personnel du musée qui se presse derrière les immenses baies vitrées.
Tant est si bien que le concert en devient presque secondaire et que, hormis un Great DJ à rallonge et très énergique joué exceptionnellement en premier pour lancer le décompte des partages et We Walk, le public n’a pas vraiment le temps de se repaitre du groupe de ce soir, attiré facilement d’une scène à une autre par les espaces laissés libres par la pluie qui tombe dès le troisième titre. Néanmoins, ce public mouillé apprécie le spectacle et la musique offerte. Il chante et tente des pas de danse devant deux agitateurs électro pop, aidé en cela par un sol mouillé. Loin des compositions complexes des LCD Soundsystem ou de l’électro pureté d’Underworld, les Ting Tings trouvent quand même, sur certains titres, une place entre leurs ainés dans un style très usité depuis quelques temps, à base de machines et boucles pré-enregistrées.

SOV

Sans rappel possible et après un set court mais qui aura été au bout du concept - ce qui n’était pas gagné compte-tenu des conditions climatiques - le show se termine sous un timide rayon de soleil et l’impression d’avoir assisté à une nouvelle formule de live. Plus d’attractions, plus d’animations et moins de son ! Mais la cause est noble, le but louable et la prestation gratuite. Contrat rempli.

Olivier Kalousdian, 28 avril 2012

setlist
Great DJ
Hang It Up
Hit Me Down Sonny
Give It Back
Shut Up And Let Me Go
Guggenheim
Hands
That's Not My Name
photos du concert