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Flamingods

Paris, Point Éphémère - 6 décembre 2016

Live-report par Albane Chauvac Liao

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Le Winter Camp Festival et son laboratoire d'expression musicale nous offre ce soir trois performances distinctes mais qui se rejoignent par leur appétence pour les sonorités célestes de la nature.

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Au commencement. Un joli minois assure le show pour vingt-trois personnes dispersées dans la salle du Point Éphémère : Halo Maud ou Maud Nadal, l'expérience de Moodoïd, un univers tout aussi onirique et singulier. Cette jeune pépite, découverte par le collectif La Souterraine, fait des merveilles là où il faut : ainsi présente au générique du nouvel EP de Bon Voyage Organisation, Géographie, aux côtés de l'actrice Agathe Bonitzer. Elle nous apprend la patience et le sens des choses, à éviter le vide. La chanteuse devant, les musiciens derrière, c'est peut-être mieux musicalement. Maud nous conseille un régal de pain d'épices en ce soir de Saint-Nicolas, on clôt cet instant magique par un câlin troublé sur Tes Bras, l'ultime excitation avant un voyage lointain (« Dans tes bras, je vois, que je ne construis pas », « c'est le froid qui m'a rattrapé par le bras »). La séance d'hypnose terminée, on n'a rien vu passer de cette intensité presque sacrée. Halo Maud, réincarnation de Björk en français, une trouvaille qui réchauffe notre hiver.

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Le public arrive enfin, la foule nous saute aux yeux, tous regroupés pour la suite du voyage : l'aigles du Tarn de Barbagallo est en place. On est enlacé, rassuré par la chaleur que lui et ses musiciens apportent avec leurs sourire, leurs dégaines, et un problème de microphone qui déclenche un rire général, ultime détente atmosphérique.
On est immédiatement transporté par des paroles et sonorités champêtres (« Rappelle-toi comment le village est devenu »). De l'amour sur La Moitié De Moi (« elle est là la moitié de moi, là où je ne l'attendais pas »), de l'amitié avec L'ami Me Dit.
Des artistes pleins de talent, la bassiste, apparence toute jeune et maîtrise totale de son instrument, douce voix qui vient apporter une sensualité féminine sur La moitié de moi. De belles images nous viennent à l'esprit à travers les paroles (« Où le soleil se lève sur nos cœurs », « une réserve d'eau chauffée par le soleil »), ces morceaux sont de jolies mises en lumière des paysages de Lozère.

Barbagallo nous rassure, nous réunit avec la vie (« On sent pourtant cette présence dans le corps, comme si rien ni personne n'était vraiment loin »), avec l'amour (« Mais rien ne sera oublié. Après sept ans passés à s'aimer »).
L'amour, le vrai, est destiné au Tarn, terre d'origine de Barbagallo : « Toutes les chansons sont des déclarations d'amour » précise Julien avant de nous offrir le Nouveau Sidobre. Niveau scénographie, un jeu d'ombres et lumières, des écrans pleins de nuages nous accompagnent dans le trip d'une mélodie de carrousel sur Pas Grand Monde, rappelant aux Parisiens la légendaire mélodie d'Amélie Poulain.
Barbagallo ou l'esthétisation de la chanson française. De beaux hommages aux sentiments humains et aux sensations que nous procurent les paysages. La dernière chanson dotée d'un gros effort sur les synthés, nous rappelle Intro de The XX. C'est pur, surprenant et convaincant. Raison de plus pour écouter sans interruption le nouvel album, Grand Chien. Pour définir Barbagallo on utilisera le commentaire juste d'un certain Aurélien Zurita sur Youtube : « Une explosion musicale qui démarre aux alentours de Toulouse pour atteindre le bout de l'univers ».

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Voyage voyage. Direction l'Arabie avec les british de Flamingods. Ils se sont rencontrés au Royaume de Bahreïn et adorent jouer avec des instruments collectés autour du monde. Vêtus de costumes traditionnels, ils ont des airs de féticheurs, une main levée qui nous guide. La lumière orange et les plantes sauvages viennent terminer une mise en scène orientale avec des paroles tout aussi mystiques (« Drink the grog, it is from the chosen one, drink it from my hands », « Bring me garlands made of gold, carried from the same temple I was born »).
Flamingods c'est aussi un look, le bassiste a la toison d'or indomptable, les pieds nus, symbole du contact terrestre. Flashlights de l'extrême. Illumination. Battements vaudou. On les imagine téléportés dans le désert de Gobi ou au Festival Burning Man, prêchant leurs bonnes paroles à des milliers de fidèles. Le Flamingodism, un art de vivre. Ces gourous savent mobiliser leur public : « Don't let anyone tell you otherwise » répété tel un mantra à l'encontre des « corrupted politicians » qui peuplent notre univers.

Il n'y a pas foule ce soir au Point Éphémère, mais le public est présent. Les amants s'enlacent et les amis s'agitent dans tous les sens, se mouvant aux rythmes endiablés des instruments exotique. La recette du Winter Camp Festival ? Amour et frénésie sonore.
setlist
    MAJESTY
    SARANGI
    TABOO GROVES
    RHAMA
    GOJIRA
    JUNGLE BIRDS
    HYPERBOREA
    MOUNTAIN MAN
photos du concert
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