chronique concert

Paris, Maroquinerie - 14 décembre 2006

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Pour sa dernière édition de l’année 2006, la soirée Inrocks Indie Club rassemblait en ce mois de décembre pas mois de quatre groupes, dont trois britanniques ne s’étant jusque là jamais produit en terre parisienne. Une soirée, sans que cela soit une surprise, complète depuis plusieurs jours et bien évidemment très attendue par le nombre grandissant d’amateurs des Long Blondes mais aussi la jeune garde férue de Good Shoes… et même quelques courageux amateurs de rock heavy que la venue de The Answer ne pouvait laisser indifférents.

C’est pourtant à une jeune et prometteuse formation, My Broken Frame, issue du traditionnel concours CQFD, que revenait la tache d’ouvrir cette soirée devant un maigre public à peine trente minutes après l’ouverture des portes. Derrière le groupe se cache une seule et unique personne, bien qu’accompagné de deux musiciens sur scène, à savoir le jeune français Guillaume Léglise, vocaliste et multi instrumentaliste (guitare, clavier et piano). Durant une petite demi-heure, celui-ci présente un univers pop très personnel où sa voix grave est parfaitement associée à des ambiances envoûtantes et mystérieuses, même si le public ne semble pas franchement concerné ni passionné par cette courte représentation.

Le contraste avec les irlandais de The Answer est pour le moins tranchant quelques minutes plus tard. Fortement inspiré par les Deep Purple, AC/DC ou Led Zeppelin, le quatuor lâche les chevaux dès les premiers titres avec un rythme soutenu, un chant prenant sans être criard et une guitare aux sonorités hardrock. Les amateurs des groupes cités comme influences par The Answer en ont pour leur argent et, de manière surprenante, une partie du public semble apprécier cette prestation franchement convaincante où l’énergie déployée par Cormac Neeson et sa bande rend l’ambiance électrique. Les morceaux, le plus souvent courts, sont enchaînés à un rythme d’enfer, et certains, à l’image du récent single Under The Sky ou de Come Follow Me, sont salués comme il se doit par des applaudissements nourris. The Answer sont à l’évidence bien plus qu’un simple « tribute band » à leurs glorieux ainés.

Inconnue de la soirée pour certaines personnes, la venue de Good Shoes n’en était pas moins extrêmement attendue par un nombre non négligeable de fans. Sans tourner à la catastrophe, le set des quatre anglais vire rapidement au vinaigre. Quand bien même les morceaux joués sont les très bons singles We’re Not The Same, All In My Head ou même The Photos On My Wall, la sauce « live » ne prend pas. Les titres paraissent rapidement dénués d’originalité et extrêmement répétitifs, joués sans la moindre passion par un groupe où chacun des membres se produit en autiste sans se soucier de ses camarades ou des attentes du public. Ceux qui espéraient découvrir une des révélations possibles de l’année 2007 n’ont finalement droit qu’à une pâle resucée des Arctic Monkeys, Little Man Tate ou Milburn, c’est dire !

Fort heureusement, The Long Blondes, menés par une Kate Jackson tout aussi en forme que dénudée, remettent les pendules à l’heure sur le coup de 22h. Les applaudissements montent dans la salle après chaque titre tandis que la jeune frange du public prend un malin plaisir à déclencher pogos et slams à chaque instant.
Les interactions entre le public et le groupe sont nombreuses, tout comme les dédicaces adressées à certains fans, et les compositions s’enchaînent sans le moindre accroc. Le groupe est à l’évidence dans son élément, même si la majorité des musiciens peuvent paraître effacés face à la resplendissante Kate. Weekend Without Makeup, Giddy Stratospheres ou encore Lust In The Movies sont tout simplement exceptionnels, tout comme une version survitaminée et francisée de Once And Never A où le couplet roi se transforme en « dix neuf ans, you’re only nineteen for god’s sake » !
Cerise sur le gâteau, le groupe offre au public un rappel réclamé à corps et à cris durant lequel Appropriation (By Any Other Name) est joué dans une ambiance indescriptible, avant que les Long Blondes ne quittent à nouveau la scène, cette fois-ci définitivement, après un dernier au revoir.

Une soirée d’excellente facture pour terminer l’année 2006 en beauté, en attendant avec une certaine impatience les venues conjointes en janvier de The Automatic et The Sunshine Underground !

Fab, 17 décembre 2006