chronique concert

Paris, Flèche d'Or - 20 juin 2008

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Dans un monde parfait, la soirée concoctée par Are You Loaded? à la Flèche d'Or de Paris en ce vendredi 20 juin aurait attiré les foules. Las, le Championnat d'Europe de Football, une Fête de la Musique imminente et la multiplication des examens de fin d'année auront eu pour conséquence directe une faible et décevante affluence. Des qualificatifs contraires aux prestations très convaincantes de Ox. Eagle. Lion. Man. et Wild Beasts à l'occasion de premiers pas en France très réussis...

En ouverture de la soirée, les parisiens de The Tatianas montent sur scène aux alentours de 21h face à un public bien concerné, seuls quelques amis et proches de la formation se chargeant de créer un tant soit peu d'ambiance durant la quarantaine de minutes passées sur scène. Dans la lignée directe d'une génération fortement marquée par The Libertines, Razorlight, Babyshambles ou autre Dirty Pretty Things, The Tatianas est l'un de ces groupes éphémères opérant dans l'urgence, pas franchement original, mais suffisamment efficace et accrocheur pour capter l'attention durant une poignée de titres. Le temps de réaliser que, parfois, un peu moins d'attitude et un peu plus de travail musical ne pourraient qu'être bénéfiques à ces jeunes gens en mal de reconnaissance.

Une courte demi-heure plus tard, l'arrivée de Ox. Eagle. Lion. Man provoque un net changement d'ambiance dans une salle à peine plus remplie. Si une partie du public semble dubitative, la majorité des personnes présentent ne peuvent qu'apprécier à sa juste valeur les compositions du quatuor anglais au sein duquel émergent allègrement Frederick McPherson, véritable gourou possédé et intenable au chant, et Shaun Paterson, techniquement génial et intrigant dans un rôle de guitariste autiste que seule une imposante crinière sépare du commun des mortels.
C'est ainsi au son des triturations ou multiples effets que celui applique à sa cinq cordes que le groupe présente une courte demi-heure une sélection de ses meilleurs titres, pour la plupart publiés sur leur premier single ou l'EP The Lay Of The Land; The Turn Of The Tide. Si un léger parfum gothique semble se faire sentir, le groupe démontre malgré tout l'accessibilité de sa musique avec les imparables Fatherhood et Motherhood, mais également The Drawned And The Saved ou Thanatos, lesquels, bien que moins accessibles, permettent au maître de cérémonie de mettre en avant des capacités vocales si particulières et presque inquiétantes. Une première réussie en tout point, mais aussi et surtout la confirmation du talent de cette formation promise à un bel avenir.

Dans un registre radicalement différent, la première prestation parisienne de Wild Beasts, en clôture de la soirée, n'en était pas moins attendue quelques jours seulement après la sortie de Limbo, Panto chez Domino Records. Il était ainsi légitime, à priori, de douter de la capacité du groupe, et plus précisément de Hayden Norman Thorpe, à retranscrire sur scène l'atmosphère d'un album sur lequel se mêlent une pop légère saupoudrée d'accents jazzy, le tout brillamment porté par une incroyable voix en falsetto, tout cela constituant une recette périlleuse et à l'évidence convaincante en studio, mais potentiellement peu adaptée à une salle du type de la Flèche d'Or. Or, les découvertes successives, dès le début du set, de Vigil For A Fuddy Duddy et du très attendu Brave Bulging Buoyant Clairvoyants auront été suffisantes pour dissiper les craintes et nous permettre de réaliser que la bête a pourtant tout d'une belle : voix irrésistible et sans la moindre fausse note, dynamique doucement relevée et jeu de scène tout en retenue permettent à Wild Beasts de faire excellente impression tout au long de leur concert en dépit de quelques titres de moindre calibre, que seuls les instruments à corde soient utilisés ou qu'un piano s'invite à la danse à l'image d'un The Devil's Crayon charmeur. Et même si tout un chacun aurait aimé voir le final instrumental de The Old Dog se prolonger quelques minutes supplémentaires, la prestation de trente minutes produite par Wild Beasts aura tout simplement été d'une durée idéale, celle permettant d'apprécier un groupe à sa juste valeur sans tomber dans l'ennui.

Deux prestations réussies pour achever une soirée au démarrage poussif, un bilan au final plus qu'acceptable !

Fab, 21 juin 2008

setlist
OX. EAGLE. LION. MAN.
Fatherhood
Where Dead Voices Gather
The Drawned And The Saved
Motherhood
New Song
Thanatos

WILD BEASTS
Vigil For A Fuddy Duddy
Brave Bulging Buoyant Clairvoyants
Through Dark Night
Please, Sir
Cheerio Chaps, Cheerio Goodbye
Assembly
The Devil's Crayon
The Old Dog

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