chronique concert

Paris, Maroquinerie - 20 février 2009

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Le plus rock des labels electro, Kitsuné organisait vendredi une seconde « Kitsuné maison en vrai ». Soit une bonne raison de croire en la musique, aux platines, aux guitares, en l'avenir, à la bière en gobelet, à la rue Boyer et à toutes ces choses qui vous feront re-signer, on en doute pas, pour une troisième session de cet événement avant-gardiste de haute volée, à venir en juin prochain.

Tout commence par un retard. Je récupère à l'arrachée ma place et me faufile vite fait au sous-sol. Trop occupée à imaginer le nombre de titres que j'ai déjà pu raté (2, peut-être 3) et à m'auto-flageller mentalement, voilà que des membres du label, m'interpellent dans les escaliers pour me proposer quelques badges. Pas le temps de customiser ma veste. Je fonce tête baissée dans la salle pour le voir. Lui, c'est David E. Sugar. Un prodige à bretelles, un génie à coupe au bol ou plutôt un pro de l'electro influence cold wave avec une raie sur le côté. Mais après tout, qu'importe son look Kraftwerkien. ..Une chose est sûre l'homme en a sous les machines : Crystal Castles peut frémir... Côté ambiance, la salle est pour le moment assez vide, décorée de deux geeks bourrés qui dansent devant lui. Pauvre David... Heureusement une ferveur insolente monte peu à peu. Quelques débauchés envahissent la fosse et feraient presque passés les 2 « re-lou » pour de fins amateurs d'electro branchouille. Encerclés de machines, David E. Sugar susurre quelques paroles à son micro. Sa voix est névrotique, emprunte d'une colde wave 80's frémissante. Un régal d'une classe rare.

S'en suit 20 minutes plus tard, le trio très attendu, Two Door Cinema Club. Une jeune formation venue d'Irlande du nord, formée en 2007, un EP à son actif (Four Words to Stand On) qui s'apprête à dévoiler un single en mars, Something Good Can Work. La particularité de ce trio au charme ravageur ? Une absence de batterie. Sacrilège me direz-vous ? Pas du tout. L'omniprésence de la basse crée une rythmique post-punk délicate qui rappelle nonchalamment les élucubrations de Bloc Party. En guise de compensation, une boite à rythme bien dressée assure le tatapoum de rigueur, ramenant à sa cause une fosse bien remplie, qui sautille à souhait. Le groupe à ainsi pu tester son single qui a eu visiblement un excellent impact sur le public français. A noter que les titres d'intro et de fin de gig, Cigarettes in the Theatre et Undercover Martyn, sont en écoute sur leur myspace : on ne vous les recommandera jamais assez.

Vient ensuite celle que tout le monde attend : LA ROUX. Un petit bout de femme d'une vingtaine d'année qui a déjà créé un buzz énorme outre-Manche. Accompagnée sur scène de son compère Ben Langmaid au clavier, Elly Jackson (de son vrai nom) assure le show en réinventant une pop 80's qui sent bon le rubik's cube. Dès les premiers soubresauts synthétiques de In For The Kill c'est le choc : Jimmy Somerville rencontre Prince en boite. La suite ? Un ras-de-marée de bras en l'air et de Converses en lévitation. La salle danse et se déchaîne sur le tempo acidulé des titres de la jeune artiste. Point culminant du concert, Quicksand, le single copier/coller du When Doves Cry de Prince. Un tour de passe-passe frais qui ferait presque passer les copains de Hot Chip et Klaxons pour des croque-mort. L'album sort au printemps, et bien évidemment il devrait créer la grosse sensation pop à venir, on en est sûr.

Pour terminer la soirée, place à un autre trio, les bien nommés We Have Band. Jeune formation toute en samples et en voix superposées, le groupe aura enchaîné une dizaine de titres, infatigable, porté par un public qui en redemande. Le leader, Darren Bancroft n'en revient pas lui même et ne tarit pas d'éloges vis à vis de la Maroquinerie bouillonnante. We Have Band , un single au compteur, est un cousin de Hot Chip, manipulant les machines avec autant de soin que les instruments ; un digne représentant des dance-floor les plus rock.

Ce soir Kitsuné confirme sa réputation de dénicheur de talent et couronne la soirée d'un optimisme à toute épreuve.

Laurie, 24 février 2009

setlist
TWO DOOR CINEMA CLUB
01. Cigarettes In The Theatre
02. Tiptoes
03. Something Good Can Work
04. Do You Want It All ?
05. 19
06. This Is The Life
07. What You Know
08. Eat That Up
09. Undercover Martyn

LA ROUX
01. In For The Kill
02. Tigerlily
03. Armour Love
04. I'm Not Your Toy
05. Quicksand
06. Bullet Proof

WE HAVE BAND
01. Divisine
02. Hear It In The Cans
03. How To Make Friends
04. Oh !
05. Time After Time
06. We Have Band
07. You've Had Band
08. West End Girls
09. You Came Out
10. Honeytrap
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