chronique concert
Paris, Nouveau Casino - 9 juin 2009
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Ca promettait de pétarader sec ce mardi là au Nouveau Casino !
Encore un groupe à deux albums que l'on attendait depuis des lustres, suspendus que nous étions à l'eventualité improbable d'une date française !
Après The Rumble Strips il y a quelques semaines et avant The Maccabees dès le lendemain, voici donc The Rifles, propulsés par une série de décharges spectaculaires et enfin arrivés à bon port dans la capitale.

Une banderolle verte à l'effigie du second album annonce la couleur. Ce soir, il y aura les standards et bien plus encore; des chrysoprases dans chaque excavation, des émeraudes à chaque trouée. A commencer justement par ce She's Got Standards (' She'll be top draw on the backstage floor till the new band arrives') à vous filer des frissons inimaginables et déconcertants.
Single d'un premier album qui n'en manquait pas et qui devint le tout meilleur de 2006; avec des titres au songwriting aisé et perfide tels que Repeated Offender, Peace & Quiet ou When I'm Alone tous présents ici en plus d'autres Hometown Blues ou Robin Hood. On aura aussi droit au prodigieux single d'entre deux albums, le bien-fondé I Could Never Lie; à rappeler dans la même catégorie les In The Morning de Razorlight ou Pop Is Dead de Radiohead.
The Rifles sont cinq et ça suffit juste à calibrer toute cette belle énergie. Une formule classique supplée par un clavier discret mais captivant.
Le second album ne sera pas en reste bien sûr avec des Great Escape à partir direct vers les Rocheuses ou des Toe Rag à vous faire devenir rentier à vie !
Car si The Rifles se distinguent du lot par une musique racée et fière, il ne faut en aucun cas oublier ces paroles qui distillent du vécu à foison que après ça, t'es même plus vivant ! Ce même Toe Rag ou ce morceau passé à l'as du premier album, Narrow Minded Social Club ('No matter how I try playing the nice guy, There's always someone picking you out') qui aurait, il est vrai, plombé l'ambiance par sa noirceur désespérée mais au combien réaliste.
Les voilà, au deux tiers du concert, réduits à trois (deux guitares acoustiques et un mélodica) pour une version épatante de Spend A Lifetime ('All these thoughts that fill my head, I bet I'll say something stupid').
Un groupe heureux de jouer à Paris et de voir, après toutes ces années d'errance hors de nos frontières, qu'un public s'intéréssait à eux ici.
L'heure du rappel vient de retentir; le public chaleureux et nombreux fait savoir son enthousiasme, à commencer par un groupe de fiévreux, français par leur situation géographique, britanniques par le nombre de bières ingurgitées et hispaniques par la profusion des clappements. Scandant le fameux 'we love you Rifles, we do', ils seront la pièce maîtresse du retour du groupe sur scène.
C'est au son de The General et de Local Boy ('Dreaming of a day that he got home from a war to his childhood sweetheart') que le nuage de fumée s'éparpille et que les uniformes se resserent ! La boucle est bouclée, la poudre aura parlé, les esprits se seront apaisés et une fois de plus la vertue aura triomphé sur le vice.

Une vrai déferlante que ce concert de The Rifles, capables de viser des sommets sans pour autant semer une terreur carabinée partout où ils passent. En dignes héritiers de The Jam qu'ils sont, Paul Weller était même venu sur scène avec eux à Londres pour une 'reprise' de The Eton Rifles ! Et s'ils ne sont pas encore au niveau planétaire des spécialistes en coups de canon (AC/DC), ce groupe là, enrichi à la carabine à répétition, possède plus que de réels atouts dans son jeu (de balle).

Philippe, 18 juin 2009

setlist
01. She's Got Standards
02. Repeated Offender
03. I Could Never Lie
04. The Great Escape
05. Peace And Quiet
06. Robin Hood
07. Out In The Past
08. History
09. Hometown Blues
10. Toe Rag
11. Spend A Life Time
12. Romeo & Julie
13. When I'm Alone
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14. The General
15. Local Boy
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