Le temps s'est arrêté durant cinquante minutes ce samedi soir dans la salle parisienne de la Cigale, laissant l'ensemble du public s'incliner face à la magistrale prestation fournie par une jeune anglaise en passe de devenir une immense artiste : Florence And The Machine.
En début de soirée, alors que la salle ne compte encore qu'une petite centaine de personnes, ce sont The Popopopops que l'on voit s'avancer. Sérieux et appliqués dans un premier temps avant de se montrer plus relâchés après quelques titres, les cinq rennais ne brillent pas par leur originalité mais parviennent vite à marquer des points de par la qualité de leurs mélodies et un répertoire comptant d'ores et déjà bon nombre de singles potentiels, à commencer par leur seule et unique publication à ce jour, Dance Tonight. Leur son post-punk nuancé ponctuellement par un clavier peut sembler avoir quelques rides, voire quelques années de retard, mais la fougue de ces jeunes gens permet de conserver un souvenir très positif à la suite de ce show d'ouverture.

Invités à la dernière minute en remplacement de LA ROUX, les irlandais de Two Door Cinema Club leur emboitent le pas un quart d'heure plus tard. A en voir la réaction chaleureuse du public, leur réputation naissante sans doute confortée par leur passage réussi à la Boule Noire deux jours plus tôt les a précédés, et il ne faudra pas plus qu'une poignée de chansons pour en comprendre la raison. Ces petits prodiges signés par Kitsunés démontrent en effet à tout instant une propension surprenante à faire remuer les têtes ou les hanches, selon que la dimension pop ou électronique de leur son soit mise en avant. On pourrait ainsi citer le charmeur Something Good Can Work, un I Can Talk taillé pour agiter les dancefloor ou même l'entêtant Eat That Up It's Good For You, mais la réalité est que le trio aura réussi en l'espace d'une demi-heure une prestation sans fausse note ni aucun déchet. Leur album, annoncé pour le mois de février 2010, sera à coup sûr l'une des attractions de l'année à venir.

Vient alors le tour de la très médiatisée Lissy Trullie, lancée depuis plusieurs mois dans une carrière musicale après avoir effectué ses premiers pas dans le mannequinat. Désormais âgée de vingt-cinq ans, la jeune américaine joue d'emblée de son physique et de ses moues aguicheuses pour compenser la faiblesse d'un répertoire, une reprise bancale du Ready For The Floor de Hot Chip étant lancée après une premier titre guère plus enthousiasmant. Son mélange de power pop, de folk et de punk édulcoré lui permettent malgré tout de s'attirer la sympathie d'une frange du public majoritairement constituée d'adolescentes, mais au bout d'une courte demi-heure son set s'achève avec son titre le plus convaincant à l'heure actuelle, Boy Boy, sans réellement avoir marqué les esprits. Une reconversion qui, sans être ratée, manque encore cruellement d'arguments pour justifier un intérêt plus marqué.

Une longue attente s'ensuit alors, à peine entrecoupée par quelques titres acoustiques dispensables de la part de The Two. A 20h50, lorsque les lumières de la salle s'éteignent à nouveau et que les grands rideaux rouges s'ouvrent, c'est une scène superbement décorée que l'on découvre. De nombreuses fleurs ornent en effet les différents instruments, du clavier à la batterie en passant par la harpe, et un immense drap coloré est suspendu au mur. Les cinq musiciens sont en place et Florence Welsch apparaît à son tour avant d'entamer en toute simplicité une première démonstration vocale sensationnelle. Le résultat est sans appel, bluffant un public qui ne s'y trompe pas et lui accorde une première ovation.
Même lorsqu'une poignée de titres se révèlent intrinsèquement moins réussis que d'autres, la puissance vocale et l'entrain que la jeune anglaise met en œuvre à tout instant transcendent irrémédiablement les compositions, allant même jusqu'à déclencher de manière invraisemblable les premiers pogos du soir durant le jubilatoire Kiss With A Fist. Un effet obtenu à plusieurs reprises tout au long du concert, et notamment lors d'un Dog Days Are Over ébouriffant à l'issue duquel Florence quitte la scène une courte minute pour revenir cheveux détachés et reprendre le cours de sa grande messe avec toujours la même énergie.
Un concert conclu par You Got The Love, scandé par la salle, puis Rabbit Heart sous une énième ovation, laissant le public ébahi devant une telle démonstration face à laquelle ni Passion Pit ni LA ROUX, forfait avant l'heure, n'auraient à l'évidence pu faire face. Et si nous tenions là la nouvelle PJ Harvey ?
Come Back Home
Undercover Martyn
I Can Talk
Do You Want It All?
Something Good Can Work
This Is The Life
What You Know
Eat That Up It's Good For You
Cigarettes In The Theatre
FLORENCE AND THE MACHINE
Between Two Lungs
My Boy Builds Coffins
Kiss With A Fist
Drumming
Howl
Dog Days Are Over
Cosmic Love
If I Had A Heart
Blinding
You Got The Love
Rabbit Heart (Raise It Up)
- Florence And The Machine - Paris, Cigale (07.11.2009)
- Two Door Cinema Club - Paris, Cigale (07.11.2009)

