chronique concert

Paris, Elysée Montmartre - 30 avril 2010

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Forte concurrence dans les salles de la capitale en ce mois d'avril, absence de promotion en France autour de la sortie du nouvel album du groupe ou prix des places trop élevé pour l'amateur de musique expérimentale... nombreuses sont les raisons pouvant être avancées pour expliquer la faible affluence observée en ce vendredi 30 avril à l'Elysée Montmartre de Paris pour la venue de 65daysofstatic, malgré tout auteurs d'une prestation à la hauteur de la réputation.

C'est ainsi en petit comité que débute la soirée dès 19h, dans une salle scindée en deux par d'imposants rideaux noirs, alors que les français de RIEN montent sur scène à la suite d'une présentation teintée d'humour et diffusée par les enceintes du lieu. Dans une obscurité à peine perturbée par une poignée de spots posés à même le sol et de légères projections et ombres chinoises, les français distillent une demi-heure durant leur musique à forte coloration post-rock. Certes l'absence de communication et une certaine froideur desservent par instant le groupe, mais lorsque les instruments prennent la parole, impeccablement portés par une paire de batteries, les quelques dizaines de personnes présentes ne peuvent que se laisser emporter par la subtilité des mélodies et des montées en puissance hypnotiques. Sans l'ombre d'un doute, sur scène ou avec leur dernier EP 3, RIEN restent à l'heure actuelle l'une des références du genre en France.
Après une fin de set confuse marquée par l'intervention brutale de l'inflexible régisseur de la salle, NLF3 sont fin prêts à assurer le relai un court quart d'heure plus tard. A peine plus réactif, le public peine à se laisser convaincre par la musique du trio dont les nuances se font trop rares. Les diverses chansons interprétées nous ramènent ainsi ponctuellement vers Tortoise ou Sonic Youth dans un univers à mi-chemin entre la musique électronique et les expérimentations noisy, mais au sein duquel l'inspiration semble difficilement perceptible. Passée la découverte des premières minutes, l'ennui prend le pas sur la curiosité et la seconde moitié du set de la formation perd graduellement de son intérêt. Un moment sans relief instantanément oublié quelques minutes plus tard par une salle en phase d'éveil à l'heure d'accueillir 65daysofstatic.

Misant sur leurs qualités habituelles, à savoir une force de frappe tout aussi impressionnante que la maîtrise technique affichée depuis plusieurs années déjà, 65daysofstatic se révèlent immédiatement tout aussi convaincants avec les compositions tirées de leur nouvel album studio, We Were Exploding Anyway, interprété dans son intégralité ce soir à l'exception de Come To Me, que les anciens classiques vainqueurs ce soir à l'applaudimètre. Un applaudimètre malgré tout en berne en dépit des multiples efforts de Joe Fro pour réveiller un public plus spectateur qu'acteur tout au long de la soirée.
Plus encore sur scène que sur disque, la mutation opérée progressivement par les quatre anglais prend ce soir une ampleur plus marquée dans les conditions du live, l'utilisation des multiples claviers, ordinateurs ou samples électroniques éloignant indéniablement le groupe de son post-rock initial pour le rapprocher de la drum 'n bass ou de la dance à l'image respectivement de Pendulum ou The Prodigy. La constante dans la musique de 65daysofstatic réside ainsi dans une capacité à imbriquer les instruments de manière à battir un infranchissable mur du son, à l'image de l'impeccable Retreat! Retreat!, d'un furieux Crash Tactics déroulé à grande vitesse ou même de Dance Dance Dance et ses multiples percussions. Avec notamment Fix The Sky A Little ou 65 Doesn't Understand You, la fin du set gagne malgré tout en intensité avant le long final dansant résidant en Tiger Girl.

Il n'est ainsi que 22h lorsque sonne l'heure du rappel à l'Elysée Montmartre. Mollement encouragés à revenir, 65daysofstatic ne privent heureusement pas les plus enthousiastes d'un rappel mérité de trois chansons ponctué par le seul et unique titre réclamé à corps et à cris par plusieurs connaisseurs : Radio Protector. Les premières notes de piano suffisent à faire se lever les bras de la salle toute entière avant une interprétation sans faille de leur composition phare. L'essentiel est sauf, en dépit d'une atmosphère en berne, 65daysofstatic n'ont rien perdu de leurs aptitudes scéniques !

Fab, 3 mai 2010

setlist
Go Complex
Piano Fights
Await Rescue
Retreat! Retreat!
Crash Tactics
Dance Dance Dance
Weak4
Fix The Sky A Little
Mountainhead
65 Doesn't Understand You
Tiger Girl
-------
Debutante
The Last Home Recording
Radio Protector
photos du concert

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