chronique concert

Paris, Nouveau Casino - 25 mai 2010

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Sans faire de bruit, avec leur premier album Baby Darling Doll Face Honey accueilli à bras ouverts par la critique et le public, Band Of Skulls s'imposent ces derniers mois comme l'une des figures montantes de la scène alternative britannique. Si ce soir la concurrence dans les salles de la capitale est des plus vives, en témoignent les présentes conjointes de Muse, Gossip ou Richard Hawley pour ne citer que les plus populaires, le trio peut bel et bien compter sur un public déjà fidèle au Nouveau Casino.

Alors que la température extérieure est écrasante et que l'orage attendu comme le messie est en approche, la longue attente promise au public dans la petite salle de la rue Oberkampf est des plus agréable. Certes l'absence d'une première partie est regrettable, mais la fraîcheur environnante permet au concert de débuter à 20h40 précises dans les meilleures conditions possibles. Point de fioritures ou d'artifices, les trois musiciens prennent place avant d'entamer leur set par quelques larsens en introduction de Light Of The Morning devant une salle à présent remplie aux deux tiers.
Dominateur au chant dans un premier temps, le guitariste Russell Marsden impose tout autant son empreinte vocale à la Jack White que son look grunge avec cheveux longs et barbe fournie. Derrière les fûts, Matthew Hayward se démarque avec un jeu nerveux alors qu'Emma Richardson, bien qu'impressionnante de par sa taille, se veut plus discrète et subtile à la basse. Cette dernière gagne en importance au fil des titres, couplant sa voix à celle de Russell dès Friends avant d'enchaîner le très efficace Patterns durant lequel le public sort enfin de sa torpeur pour se faire entendre. Chaque titre est ainsi applaudi fidèlement alors qu'une frange féminine du public installée dans les premiers rangs s'autorise quelques cris afin de montrer son approbation.
A mi-chemin entre un punk somme toute plutôt sage et des sonorités bluesy plus rageuses, Band Of Skulls se révèlent appliqués sur scène en cherchant avant tout à faire honneur à leurs compositions plutôt que de haranguer la foule ou de faire grimper l'ambiance. Une petite dizaine de chansons sont ainsi jouées durant une courte heure, sans le moindre raté, mais aussi sans réel temps fort. Il faut ainsi attendre les dernières minutes pour que le ton ne monte dans la fosse, tout d'abord avec un I Know What I Am très attendu mais aussi et surtout lors du rappel pendant lequel Hollywood Bowl et ses « hey! » rageurs et fédérateurs sont repris en chœur par la salle.

Sans parvenir à complètement subjuguer la salle, Band Of Skulls démontrent malgré tout de réelles aptitudes scéniques avec une attitude humble et un plaisir partagé, une impression qui plus est renforcée par les nombreuses qualités des chansons de leur premier album. Si le trio n'en est encore qu'à ses débuts, l'ascension observée depuis plusieurs mois n'aura jamais semblé aussi justifiée que ce soir.

Fab, 26 mai 2010

setlist
Non disponible
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