chronique concert

Paris, Maroquinerie - 23 juin 2010

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C'était la dernière Inrocks Indie Club à la Maroquinerie, et pour fêter cinq ans de bons et loyaux services, on pouvait retrouver Ash en compagnie de James Yuill et Alberta Cross. C'était du 100% british, donc, qui nous attendait pour cette chaude soirée du mois de juin.

A 20h tapantes, le show commence en douceur avec James Yuill et son électro folk. La salle n'est pas bien remplie, ce qui n'empêche pas le blondinet aux allures de geek d'être ravi de l'ambiance et du public présent. Sa guitare dans le dos, le jeune homme commence avec Give You Away et sa longue introduction sautillante. L'écran disposé derrière lui s'illumine et se pare de motifs géométriques, nous donnant l'impression d'être en boîte de nuit. Si la réaction des spectateurs se fait attendre, l'anglais n'en prend pas ombrage et continue son set, remerciant régulièrement le public.
Les titres se suivent et, il faut bien le dire, se ressemblent. Il n'y a guère que lorsque James Yuill se saisit de sa guitare (No Pins Allowed, On Your Own) que l'ambiance change, nous donnant l'occasion de découvrir des morceaux plus doux.
Un clip au look naïf, s'accordant parfaitement avec le look de l'artiste, est diffusé pendant This Sweet Love. Un peu de légèreté pour cette fin de concert, faisant applaudir les spectateurs, charmés. Un dernier titre pour la route, le choix étant donné entre une chanson pop douce et un nouveau morceau instrumental plus énergique. Le public l'a décidé, ça sera de la danse et de l'électronique, pour le plus grand plaisir du chanteur qui peut ainsi se défouler encore un instant sur ces machines, avant de sortir de scène.

Peu avant 21h, c'est au tour des quatre garçons d'Alberta Cross, le groupe anglais le plus américain du moment, de se présenter au public. S'en suit une petite heure de rock teinté de folk et de country, avec un sautillant Petter Ericson Stakee, charismatique chanteur-guitariste du groupe. Le début du show est malheureusement un peu poussif et rencontre des difficultés pour se mettre en place, ce qui est surprenant quand on se souvient de leurs concerts précédents, parfaitement maîtrisés.
Il faut attendre le premier quart du set pour que la fosse commence à réellement s'agiter, notamment sur Leave Us Or Forgive Us. Les jeux de batterie et de basse bien dosés donnent de l'énergie au show, avant que le groupe ne calme le jeu en nous livrant un Old Man Chicago tout en douceur et légèreté.
L'ambiance monte d'un cran et le public sautille en rythme sur la musique, faisant danser Petter sur scène, sans qu'il ne cesse de jouer de la guitare. On se croirait presque à un festival en plein cœur des USA, entre blues, country et folk. De quoi réchauffer l'atmosphère et donner le sourire aux spectateurs qui s'amassent de plus en plus dans la fosse.
Un ballade fait de nouveau son apparition sous le titre de Ghost Of City Life, avant que le groupe ne nous interprète le dernier titre de la soirée, l'énergique ATX. La fin, quelque peu abrupte, nous laisse sur notre faim. Le show ayant été un peu long à se mettre en place, on aurait espéré un ou deux morceaux supplémentaires pour finir en beauté. Le public, quoi qu'il en soit, semble conquis, et applaudit chaleureusement le quatuor qui quitte la scène tout sourire.

Il est 22h passé et les esprits s'échauffent. Tous réclament les irlandais disparus des salles française depuis près d'une demi-dizaine d'années, Ash, venus nous présenter notamment leur A-Z Series, composés de 26 singles respectant l'ordre alphabétique. Les spectateurs sont amassés près de la scène, alors que des jeux de lumières éclairent la salle, presque pleine. Ce soir, c'est encore accompagné d'un guitariste supplémentaire que le groupe monte sur scène, ayant en effet emprunté Russel Lissack à Bloc Party, actuellement en pause.
Le show débute fort entre Lose Control et A Life Less Ordinary, Tim Wheeler, chanteur-guitariste du groupe, lançant des « yeah » à la fosse en délire avant d'entamer le dernier single sorti, Dionysian Urge. L'irlandais se déchaîne dès les premiers titres, sautant sur scène et grattant furieusement sa guitare. Il ne manque pas de remercier régulièrement les fans, triste de ne pas les avoir vus depuis tant d'années. Les cris fusent en un instant aux premières notes de Shining Light, titre ayant rencontré un véritable succès il y a une petite dizaine d'années. Le refrain est repris en cœur pour le plus grand plaisir d'un Tim Wheeler qui nous annonçant passer une excellente soirée.

Mark Hamilton, bassiste de son état, invite la salle à frapper dans ses mains sur Orpheus avant que les irlandais ne nous livrent une pop électronique digne de son nom très new wave, True Love 1980. Les titres s'enchaînent avec force tandis que la fosse se déchaîne, sautant en tous sens et hurlant à pleins poumons. Russel quitte un instant sa guitare pour s'installer au piano sur Arcadia, adoucissant le set un instant alors que l'ambiance de feu empêche Tim Wheeler de chanter la fin de Girl From Mars, le faisant rire aux éclats. La magie Ash opère parfaitement et les fans sont survoltés, tout comme le groupe qui se donne sans compter.
Un dernier titre avant le rappel, Return Of White Rabbit, avec un jeu de lumières et un Tim Wheeler en nage, le sourire aux lèvres. Il est près de 23h30 et la foule acclame le groupe, réclamant quelques titres supplémentaires. Compte tenu de la force avec laquelle les musiciens ont joué, il est difficile d'imaginer qu'ils puissent encore tenir bien longtemps, et pourtant ce sont trois morceaux qui nous sont proposés en rappel, dont le très attendu Burn Baby Burn. Encore une fois, les paroles sont reprises par les fans qui sautent à tout va. Le concert se termine à 23h45 sous les acclamations des spectateurs, épuisés mais fous de joie d'avoir assisté à un show d'une telle force.

Ambiance de feu ce soir à la Maroquinerie pour fêter le retour de Ash sur le sol français. Le groupe, comme les fans, s'est donné à fond, profitant d'une succession de tubes forts et énergiques. Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il ne faudra pas attendre une demi-dizaine d'années, encore, pour assister à un concert aussi puissant.

Roseline, 26 juin 2010

setlist
JAMES YUILL
Give You Away
No Pins Allowed
Crying For Hollywood
On Your Own
Over The Hills
This Sweet Love
New Song

ALBERTA CROSS
Non disponible

ASH
Lose Control
A Life Less Ordinary
Dionysian Urge
Goldfinger
Petrol
Shining Light
Joy Kicks Darkness
Orpheus
The Dead Disciples
True Love 1980
Oh Yeah
Kung Fu
Arcadia
Girl From Mars
Return Of White Rabbit
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Projects
Twilight Of The Innocents
Burn Baby Burn

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