chronique concert

Paris, Flèche d'Or - 22 septembre 2010

Bookmark and Share

C’était l’été indien mercredi soir à Paris pour le retour de Band Of Skulls dans la capitale. Boucle bouclée : après un concert plébiscité à la Flèche d’Or en janvier, le trio de Southampton venait faire ses au-revoir au public parisien dans la salle qui les avait accueillis dix mois auparavant. En moins d’un an, Band Of Skulls est devenu un groupe important de la scène rock britannique. Preuve en est : il n’est encore que 16 heures et pourtant, un groupe de fans fait déjà la queue devant la salle. A l’ouverture des portes, c’est une masse impressionnante de gens que l’on voit s’étirer sur le trottoir pour un concert sold out.

Il fait chaud, très chaud même dans la salle quand à 20h50 montent sur scène les français de The Good Ones. Pendant quarante minutes, ils vont balancer un rock énergique et brut, entre riffs late 60s et hargne mancunienne. Dans la salle, ça pogote et ça se tord le cou pour mieux apercevoir la chanteuse frangée, qui, micro à la main, livre une vraie bataille en première ligne pour la reconnaissance de son groupe. Le public apprécie visiblement la majorité des titres et sera même gratifié de la reprise Black Math des White Stripes en fin de set.

A 22 heures, dans une salle devenue un vrai sauna où chacun cherche ses potes au milieu d’une brume étouffante, les Band Of Skulls montent sur scène. Visiblement ravis de retrouver leur public - Emma, chanteuse et bassiste arborant fièrement un T-shirt sur lequel on peutt lire du bout de la salle « Merci beaucoup » - et toujours aussi surpris de l’accueil triomphal qu’ils reçoivent, les trois musiciens frappent et martèlent leurs titres phares. Le premier rang est passablement écrasé par les apprentis photographes dans la foule qui tentent une percée pour avoir le meilleur cliché du groupe. Plus rock, plus rauque, plus couillue qu’au Nouveau Casino, la prestation des Band Of Skulls est une vraie leçon : oui, le rock doit être chevelu, collant, transpirant.
Au bout de deux titres, on se dit qu'il faut absolument tenter une incursion au beer garden sous peine de mourir asphyxié aux pieds de Russell Marsden, guitariste émérite du groupe. Loin d’être seuls, on se retrouve à une bonne cinquantaine, noyés de la tête au pied, à reprendre ses esprits en écoutant Friends avant d'attaquer à nouveau, en douceur, sur Fires, perle blues sur album qui prend toute sa dimension en live. Ce titre démontre à quel point Russell et Emma se connaissent sur le bout des cordes - vocales et instrumentales - et l'enchaînement assassin, identique à l'album, Light, Diamonds, I Know What I Am finit d'achever les presque six cents heureux présents à la Flèche d'Or ce soir.
Malgré quelques longueurs vers la fin du set avec Blood ou Hollywood, c'est vidé, échevelé, hagard et béatement souriant que l'on sort de ce concert, croisant au passage l'un ou l'autre membre du groupe qui ne semble pas réaliser la puissance de la claque rock qu'il vient de nous infliger.

A 23 heures et avec douze titres au compteur, les Band Of Skulls ont livré leur ultime performance de l’année sur le sol français. Il se dit déjà qu’ils pourraient revenir rapidement avec un second album et quelques dates estivales en Europe. 2011, on t'attend !

Claire, 24 septembre 2010

setlist
Bomb
Patterns
Friends
Fires
Cold Fame
Light
Diamonds And Pearls
I Know What I Am
Blood
Hollywood
Dull Gold Heart
Impossible
photos du concert

à lire aussi sur SOV
interview
Band Of Skulls
Interview

02.04.2014
album
Band Of Skulls
Himalayan

31.03.2014