Situationists : This City Holds Us All EP
Ca commence comme une blague pop, par des popopopopop polyphoniques, puis un gros riff de guitare et une autre en arpèges. A peine le temps de reprendre son souffle qu’arrive un « oh no » chanté en cœur. En moins de trente secondes, Situationists nous a balancé tous les clichés de la brit pop. Les quatre titres de ce single quadruple face A (comme dans ah ah ah ah) sont toutes des petites chansons pop rock avec des intros concernées, des refrains marqués et une production très honorable. Le tout n’est pas mal du tout et même assez agréable. Mais voilà, ces chansons n’ont aucun intérêt particulier, des paroles banales, pas d’instruments incongrus, pas d’anecdotes pittoresques sur le groupe et malheureusement pas de tube incontournable. Alors, pourquoi écouter les Situationists plutôt que Maxïmo Park, Kaiser Chiefs, Mystery Jets, ou même les Futureheads ?
La grande originalité du quartet de Sheffield réside dans son nom, car ils ont renoncé à être un groupe en « the », bien qu’ils en reprennent tous les codes. Prononcez donc Situationists, du nom des membres de l’internationale situationiste. Ce mouvement dont le texte fondateur a été rédigé par Guy Debord, était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec le malheur historique, avec la société de classes et la dictature de la marchandise (merci Wikipedia). Tout le monde aura au moins appris quelque chose avec cette chronique.
A noter tout de même que le groupe possède manifestement un bon goût musical, mais aussi en design. This City Holds Us All sort dans un package incluant un vinyle 10" et un CD dans une assez jolie pochette. Afin de ne pas terminer sur une note complètement décourageante pour un groupe qui démarre, je dirais qu’ils auront tout pour réussir quand ils auront travaillé leur spécificité, ou mieux encore enregistré des tubes, même si beaucoup de groupes vivent très bien sans cela.


Please Go Home
Mixed emotions
I'm All Right
You Must Be The One