Chronique album : Beach Baby - Songs From The Limbo Lounge - Sound Of Violence
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Beach Baby

Songs From The Limbo Lounge

Beach Baby - Songs From The Limbo Lounge
Chronique Album
Date de sortie : 30.08.2019
Label : Kobalt Music Group/Molten Keys LTD
4
Rédigé par Yann Guillo, le 29 août 2019
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Beach Baby serait-il le groupe le plus sous-estimé du Royaume de Sa Majesté ? Ils viennent en tous cas de signer une perle pop-rock qu'il serait dommage de voir filer tout droit vers la case oubliettes. Déjà, sur No Mind, No Money, son premier album, le groupe enchaînait les pépites énergiques devant autant aux Strokes qu'aux Smiths. Et pourtant, Beach Baby demeurait largement confidentiel. Que reste-t-il aujourd'hui de ce talent à pondre des pop songs ignorées de (presque) tous ?

Songs From The Limbo Lounge explore de nouveaux territoires sonores. Les guitares passées au chorus laissent la place à un son très seventies avec orgue vintage, percussions et cuivres. Les mélodies ensoleillées se font tortueuses. Dans ce grand chambardement, reste le don d'Ollie Pash et Lawrence Pumfrey à pondre des chansons aux mélodies mémorables et musicalement ambitieuses. Pas sûr pour autant, hélas, que cela leur ouvre les portes des charts...


L'amateur de pop bien troussée serait en revanche inspiré d'y laisser traîner une oreille curieuse. Car, à l'écoute de ces chansons échappées du Limbo Lounge, on pense à des cousins anglais de Twin Peaks ayant croisés la route d'Elvis Costello en costard cintré (Human Remains et Lovin' Feeling). Cette power pop excentrique propulsée à coup de riffs lourds fait aussi penser à Supergrass période In It For The Money (ce riff sur Lonesome Jim qui n'est pas sans rappeler Cheapskate, la bluesy Big Wow, la soul-pop de Cherries For My Sundae, les grosses rouflaquettes d'Ollie Pash). Les ballades ne sont pas en reste, comme la nostalgique Big School, dont la mélodie colle au cerveau comme un chewing gum sous un bureau de bois. Ou cette Candy Thunder qui évoque les tribulations nocturnes new-yorkaises de Lou Reed. Babe Rainbow est une autre réussite dans une veine 1980ies chère à Mac DeMarco, quand la bastringue Limbo Lounge rappelle The Coral.


Et pourtant, l'album n'a pas été enregistré dans les meilleures conditions. Bien loin des prestigieux studios de Maida Vale où avait été mis en boîte No Mind, No Money en tous cas. C'est que, après avoir tourné pendant de longs mois, le groupe s'est trouvé largué par son label puis par son bassiste. Sans le sou, enchaînant les boulots alimentaires, Ollie Pash, Lawrence Pumfrey et Josh 'Shep' Hodgson ont donc improvisé un studio de fortune dans l'abri de jardin du dernier nommé, avant d'être rejoint par Kit Jennings à la basse. Les quatre anglais y ont imaginé un lieu, le Limbo Lounge, peuplé de freaks et autres beautiful losers entre crise existentielle et dérive amoureuse. Ils livrent aujourd'hui cet album hors du temps, bourré de chansons tordues, entre glam, cabaret, power pop et new wave.

Le charme capiteux de Songs From The Limbo Lounge n'est pas sans rappeler celui de Len Parrot's Memorial Lift de Baxter Dury, en bien plus énergique. Celui d'une pop un peu étrange, décantant avec le temps mais restant toujours tapie derrière des volutes mystérieuses. Pourtant, bien qu'à l'aise dans ce clair-obscur, les chansons de Beach Baby mériteraient de recevoir la lumière tant le groupe défend avec ferveur une certaine idée du pop-rock où la poésie et la mélodie priment. Chaudement recommandé aux amateurs de ces plaisirs désuets, donc.
tracklisting
    01. Lovin' Feeling
  • 02. Way Too Meta
  • 03. Big Wow
  • 04. Lonesome Jim
  • 05. Big School
  • 06. Babe Rainbow
  • 07. Human Remains
  • 08. Cherries for My Sundae
  • 09. Dry Clean
  • 10. Candy Thunder
  • 11. Limbo Lounge
titres conseillés
    Human Remains, Big School, Lovin’ Feeling, Babe Rainbow, Lonesome Jim
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