Live report : Festival YEAH! - Lourmarin - 07.06.2015 - Sound Of Violence
logo SOV

Festival YEAH!

Lourmarin, du 5 au 7 juin 2015

Live-report rédigé par Fantin le 14 juin 2015

Bookmark and Share
dimanche 7
Autant le dire de suite, ce troisième jour du Festival Yeah! présente l'affiche la moins alléchante, pour nous amateurs de rock en tout cas. Les concerts débutent dans l'après-midi, dans un autre lieu : le temple de Lourmarin. Seulement, l'accès à ce bâtiment datant du XIXème siècle est réservé aux personnes ayant acheté un pass all-access, et la capacité d'accueil du temple est limitée. Nous ne pouvons donc pas assister au concert expérimental et dépressif des français Mendelson, ni à celui du vétéran Rodolphe Burger. Dommage.

Nous rejoignons le château dans la soirée. Aujourd'hui, n'y sont programmés que deux artistes. L'annulation de la tête d'affiche Etienne Daho a quelque peu bousculé les choses. Plutôt que de chercher un ou plusieurs artistes pour le remplacer sur la grande scène, Laurent Garnier a proposé (et même programmé) une performance de... lui-même. On peut en toute logique questionner l'intérêt de programmer un DJ-set techno de plus de 2h dans un festival « pop-rock ».
« Ce n'est pas parce que les gens viennent au Yeah! à un festival pop rock que le dimanche ils ne vont pas supporter la techno. Il n'y a plus trop de clivages aujourd'hui. On s'en est rendu compte super rapidement quand on a annoncé l'annulation d'Etienne Daho. On s'est dit ça va être la galère, on va être obligés de rembourser plein de billets, et en fin de compte seules 80 personnes ont réclamé. » se justifie l'intéressé.

Quoiqu'il en soit, il semble qu'il y ait davantage d'adolescents et de jeunes-adultes au château ce soir. Ce dernier jour a des allures d'after festif. Une boule à facettes est accrochée au dessus de la scène. En attendant le premier concert, Laurent Garnier passe en fond sonore une sélection musicale assez diversifiée : du « UK garage » à la James Blake, de l'électro-pop... L'ensemble étant étonnamment mélancolique et très appréciable.

SOV

Aux alentours de 20h30, le groupe Husbands entre en scène. Il s'agit de la première signature du label Sounds Like Yeah!, créé par l'organisation du festival pour promouvoir des artistes de la région. Husbands est en quelque sorte un super groupe marseillais, formé de l'association de musiciens d'Oh! Tiger Mountain (qui avait joué lors de la première édition du festival en 2013), Kid Francescoli et Nasser. Leur premier album à la pop facile et sans grand intérêt est sorti quelques semaines auparavant.
Deux des maris en costumes gèrent des boites à rythme et autres machines, qui lancent en pratique beaucoup de bandes préenregistrées. Le troisième, au centre de la scène, joue de la basse et chante le plus souvent, très bien et très juste comme il le fait dans son autre projet Oh! Tiger Mountain. Mais la musique, découverte sur leur album éponyme, n'en devient pas pour autant meilleure. Leur synth-pop dansante, sans risque et sans grande originalité séduit le public venu ici essentiellement dans un esprit de fête. « Ecoutez-moi bien, c'est pas du playback à la Britney Spears ça » se vante le chevelu des trois, avant de lancer un morceau très essentiellement composé de pistes préenregistrées... Encore un de ces concerts dont on attend patiemment la fin.

SOV

Après une longue attente de plus d'une heure, le DJ-set de Laurent Garnier débute avec la nuit noire. Très orienté vers la techno qu'a contribué à créer le producteur, le mix parvient sans peine à faire danser le public venu dans cet objectif.
L'audience du festival est, en effet, ouverte à tout ce qu'on lui propose. C'est ce que l'on a pu constater au cours de ces trois soirs à la programmation éclectique. Du punk déchaîné des Movie Star Junkies à la pop mainstream de Husbands en passant le rock ennuyeux de Steeple Remove ou la techno de Laurent Garnier, il n'y a pas eu un seul concert où l'on a constaté une baisse d'engouement de la part du public.

Promouvoir l'éclectisme pour attirer un public tout aussi varié que la programmation qui lui est proposée a donc été une stratégie gagnante jusqu'à présent. Cela a permis aux difficiles que nous sommes d'apprécier les grands noms qui nous ont attirés à l'événement mais aussi de bonnes découvertes. Les moments musicalement difficiles à apprécier (voire à endurer) n'ont pas été si nombreux en proportion. Quant aux autres publics, ils ont tous dû apprécier de voir jouer des artistes divers et variés dans un cadre si unique.

SOV

Si on fait le bilan des points positifs de ces trois jours, on retiendra sans hésiter les performances sans failles de Motorama et Shannon Wright, les concerts déjantés de The Chap et Movie Star Junkies, et les non moins appréciables Forever Pavot et Black Strobe.
En fait, on ne peut qu'adhérer à ce genre de festivals rares dans le paysage musical français. Programmer des concerts dans une région qui en est assez dépourvue est une initiative louable, et faire jouer des artistes indépendants dans un lieu restreint mais rempli n'est pas si commun. Certes, le This Is Not A Love Song fait de même à plus grande échelle, et certains organisateurs parisiens aussi affectionnent uniquement les auto-produits. Cependant, en proportion (des subventions distribuées comme du nombre de festivals), combien de festivals français cherchent à obtenir la grande tête d'affiche, le plus gros vendeur de disques ou le plus diffusé en radio ? Une grande majorité.
Le Festival Yeah! est donc de ceux que l'on affectionne. Pour son aspect familial et sa taille restreinte, sa programmation et son intelligence artistique, sa localisation et la qualité sonore des concerts (pas toujours idéale le premier jour mais sans faille les deuxième et troisième).
artistes
    Laurent Garnier
    Husbands
    Rodolphe Burger
    Mendelson