Live report : Festival Beauregard - Hérouville Saint-Clair - 05.07.2019 - Sound Of Violence
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Festival Beauregard

Hérouville Saint-Clair, du 4 au 7 juillet 2019

Live-report rédigé par Pierre-Arnaud Jonard le 11 juillet 2019

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La deuxième journée du festival Beauregard commence de la meilleure des manières puisqu'elle s'ouvre avec le set des rouennais de We Hate You Please Die.


Le combo normand a sorti un très bon premier album l'automne dernier. Comme le dit l'adage, le talent n'attend pas le nombre des années. Si la scène anglaise actuelle est très portée sur le post-punk, une bonne partie de celle française (par ailleurs, sans doute celle la plus intéressante) l'est également. Avec Rendez-Vous en figure de proue s'activent derrière des groupes prometteurs comme Structures ou ces We Hate You Please Die. Et à l'heure où l'on proclame partout la parité, cela fait du bien de voir un groupe composé de deux garçons de de deux filles. Ils délivrent un set particulièrement réussi avec leur musique qui puise tant dans Sonic Youth que The Fall avec des incursions garage. Le groupe termine son set par son titre étendard : l'éponyme We Hate You Please Die. La journée débute de la meilleure des manières.

Elle se poursuit tout aussi bien grâce au set de Fantastic Negrito qui, avec son look à la Sly Stone, fait sensation. Sa musique sonne comme un mix réussi entre Prince et du blues. Voix soul, guitares rock, Fantastic Negrito a bien des atouts dans sa manche. Sa version du classique de Leadbelly, Where Did You Sleep Last Night, déjà repris par Nirvana arrache des frissons.

Le Belge Tamino délivre lui aussi un set de haute volée et l'on constate que la journée débute sur un niveau de qualité impressionnant. Si la musique du Montréalais est sûrement plus adaptée à la nuit qu'au jour, elle nous emporte déjà loin en cette fin d'après midi. Le musicien s'excuse d'être déphasé par le décalage horaire. On imagine dès lors à quel niveau d'émotion il peut emmener l'auditeur lorsqu'il est en pleine forme.
Nombreux sont les artistes qui, comme lui, ont expérimenté le croisement entre Jeff Buckley et Radiohead mais aucun jusqu'à présent n'avait réussi à trouver sa propre voie à travers ces références. La musique planante et atmosphérique de Tamino flirte avec le sublime et sa reprise du Seasons de Chris Cornell est pleine de grâce. Un très grand moment.


Les belges de Balthazar ont amorcé avec leur dernier album un tournant étonnant puisque moins indie et plus groovy. Un choix audacieux mais réussi. Les titres funky comme Wrong Vibration, Fever ou Enterntainment fonctionnent à merveille sur scène. Le groupe n'en oublie pas pour autant les morceaux qui ont fait sa gloire comme ce superbe Blood Like Wine qui ouvre le concert et ce non moins magnifique Do Not claim Them Anymore. Un excellent concert pour l'un des groupes chouchous du public français.

Talisco remplace au pied levé Snow Patrol, forfaits jusque quelques jours avant l'ouverture du festival pour cause de musiciens malades. Le Bordelais relève le pari haut la main avec ses tubes Your Wish ou The Keys. On a plaisir à entendre en conclusion du set le titre extrait de la Bande Originale de Un Si Grand Soleil, Sun, un titre enchanteur pour du Talisco à son meilleur.

C'est toujours un grand moment que de voir sur scène Bernard Lavilliers car l'on sait que l'on ne sera jamais déçu. Le Stéphanois délivre de nombreux morceaux de son dernier album, Cinq Minutes Au Paradis : Muse, Croisières Méditerranéennes et un Bon Pour La Casse, défense de la classe ouvrière, qui fait tellement plaisir à entendre. Nombre de chanteurs ont bazardé depuis longtemps leurs idéaux de jeunesse. Ce n'est pas le cas de Bernard Lavilliers, et qu'il en soit remercié. On se rend en outre compte qu'à soixante-dix ans, il reste un excellent compositeur car ces nouveaux titres n'ont pas à rougir face à un Les Barbares ou Pigalle La Blanche. En dehors de ces morceaux, le classique Stand The Ghetto, l'inusable On The Road Again ou Idées Noires sont bien sûr de la partie. Et c'est toujours une immense joie que d'entendre l'inoxydable Traffic dont on ne se lassera jamais.


On manque le set de Lomepal et l'on termine la soirée avec Suprême NTM. Leur retour l'an dernier avait impressionné car on les avait retrouvés aussi en forme qu'il y a vingt ans. Sur scène, Kool Shen et Joey Starr sont toujours aussi incisifs et leur flow n'a rien perdu de son mordant et de son efficacité. Les classiques Qu'est-ce Qu'on Attend, Tout N'est Pas Si Facile, Aiguisé Comme Une Lame, Paris Sous Les Bombes ou Laisse Pas Traîner Ton Fils font mouche à tous les coups.

Les deux comparses ont raison d'évoquer très souvent sur scène les balbutiements de la scène hip-hop française à l'orée des années 80 à Porte de La Chapelle car ils sont à la fois le ciment, la tradition et la continuité de cette histoire. Aujourd'hui, Suprême NTM est devenu un monument.
artistes
    WE HATE YOU PLEASE DIE
    FANTASTIC NEGRITO
    TAMINO
    BALTHAZAR
    TALISCO
    BERNARD LAVILLIERS
    LOMEPAL
    SUPRÊME NTM
    THE BLAZE
    ÉTIENNE DE CRÉCY présente : Space Echo