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Girl Band

Paris, Trabendo - 19 novembre 2016

Live-report par Johan

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Très belle affiche ce samedi 19 novembre au Trabendo, avec la présence des énervés Girl Band et des canadiens de Preoccupations. Bref, un « must-see » pour tout fan de post-punk, qu’il soit hardcore comme noisy.

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Enfin ! Enfin une prestation de Girl Band à Paris dans de bonnes conditions. On a pu les voir précédemment à Villette Sonique l’année dernière et à We Love Green en juin dernier, en fin de journée estivale et en plein air. Les quatre garnements irlandais reviennent cette fois sur Paname, à 21h, dans une salle bondée : le cadre idéal pour pouvoir apprécier le groupe à sa juste valeur.
Girl Band débutent les hostilités avec nul autre que Why They Hide Their Bodies Under My Garage?, leur reprise du titre de Blawan à la sauce no wave dans un format de près de dix minutes composées d’un crescendo fiévreux et dansant, bref tout simplement barré. S’il y avait une seule chanson que le groupe devait reprendre et, surtout, jouer live, c’est bien celle-ci.
Dara Kiely maltraite sauvagement son micro et son t-shirt, l’étirant en taille XXL et tapant du pied comme pour marquer chaque cri viscéral qu’il produit avec une intensité folle et un investissement sans pareil. Alors que les trois autres musiciens restent relativement statiques, Dara Kiely lui, à la fois hypnotisant et térébrant, s’agite comme un aliéné sur la petite scène du Trabendo, sous des éclairages stroboscopiques oppressants.

Outre les plus folles déflagrations sonores de Holding Hands With Jamie, la formation irlandaise aura interprété la quasi-totalité de son précédent EP The Early Years, dont un Lawman qui aura sans mal fait l’unanimité dans la fosse ainsi que The Cha Cha Cha et ses trente secondes incandescentes sur lesquelles termine comme à l’accoutumée le groupe.

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Entre-temps, l’envoûtant Paul et son final au capharnaüm enivrant, couvrant presque la voix criarde de Dara Kiely, se sera aussi grandement attiré les faveurs de la foule, avant que Pears For Lunch et son mur de guitares effrénées puis le trop court The Last Riddler et ses paroles dignes des meilleurs travaux Lynchiens ne viennent enfoncer le clou là où ça fait du bien !
Plus que jamais, Girl Band auront clairement réjoui leurs fans, amplifiant leur son si caractéristique et unique en une vocifération de cinquante minutes percutante et une énergie tout bonnement hallucinante dont eux seuls ont le secret.

Sentiment plus mitigé pour Preoccupations qui, dès leur titre d’ouverture Anxiety, font pâle figure en raison d'un son brouillon et étouffé, tout au long du set, où les claviers et le chant de Matt Flegel se font assez faibles comparés aux autres instruments. On reste donc au final sur notre faim malgré tout l’intérêt que l’on porte à ces ex-Viet Cong qui auront d’ailleurs su nous offrir d’anciens morceaux, dont un Continental Shelf au riff lancinant qui fait vibrer le cerveau.
Après vingt premières minutes se concentrant principalement sur Viet Cong, la seconde partie du show se voit elle dédiée à Preoccupations, avec l’enchaînement de Memory, Degraded, Monotony, Zodiac et enfin Stimulation. La subtilité des mélodies est hélas absorbée dans un brouhaha difficilement perceptible, à tel point que l’on a parfois du mal à reconnaître les morceaux, notamment sur les pourtant somptueux Anxiety et Degraded.
La formation canadienne termine le show sur Death, étiré sur près de vingt minutes dont dix absolument inutiles, les quatre musiciens s’adonnant à des expérimentations sonores bien trop longuettes et répétitives pour captiver le spectateur jusqu’au bout, en laissant donc partir quelques-uns avant la reprise du refrain – ce qui est bien dommage tant la composition d’origine est parfaite.

On ne peut ainsi qu’être plutôt déçu en ressortant du Trabendo. Même avec un son faisant défaut à Preoccupations, le résultat n’aura pour autant pas été désagréable. Reste surtout en mémoire la performance remarquée et remarquable de notre fameux quatuor irlandais, dont on ne peut à présent plus se passer tant chacune de leurs prestations, et celle-ci plus encore, marque les esprits.