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Hell Is For Heroes
Hundred Reasons
My Vitriol

Londres, Eventim Apollo - 4 mars 2023

Live-report par Raphael Valverde

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Ce samedi de début mars à Londres avait des allures de Retour vers le Futur. Non pas du fait que la comédie musicale tirée du film culte soit jouée en ce moment dans la capitale britannique (aussi incongru que cela puisse paraître, mais rien ne nous étonne plus de la part de nos amis d'outre-Manche), mais bien par l'affiche proposée à l'Eventim Apollo dans l'ouest londonien. Un line-up qui sentait bon le début des années 2000, et une nuit que Som Wardner, leader de My Vitriol, aura parfaitement résumé d'un « faisons la fête comme en 2002-2003 ».

My Vitriol, Hell Is For Heroes et Hundred Reasons : tels étaient les groupes proposés pour le plus grand bonheur des nombreux quadragénaires venus remplir la magnifique salle au style art déco du quartier d'Hammersmith. Car oui, soyons honnêtes, la moyenne d'âge était plutôt élevée pour voir ou revoir les fers de lance du rock indépendant briton du début des années 2000. Le son qui s'échappe des enceintes ne laisse d'ailleurs pas place au doute, Papa Roach, Linkin Park, Three Days Grace ou System Of A Down chatouillant d'ailleurs les oreilles des premiers arrivants.

Mais pas le temps de s'attarder, seulement vingt minutes après l'ouverture des portes, My Vitriol entrent en scène. Sorti en 2001, le fulgurant et classieux Finelines, premier effort des londoniens, porté par des singles aussi immédiats qu'entêtants devait permettre à My Vitriol de s'installer durablement sur la scène indé britannique et puis... Plus rien ou presque, rendant ce retour aussi rare qu'attendu.
Titre ouvrant Finelines, Losing Touch lance les hostilités de belle manière. The Gentle Art Of Choking et l'instrumental Kohlstream précèdent l'enchaînement qui fera véritablement décoller la prestation du groupe. Les excellents singles Cemented Shoes et Grounded font bouger la foule. Parfaitement exécutées, les deux compositions démontrent à l'auditoire tout le talent réuni sur scène. Les guitares sont affûtées et la voix de Som Wardner emporte tout avec elle.

Si Finelines est grandement mis à l'honneur avec pas moins de dix titres joués, le groupe n'en oublie pas pour autant It's So Damn Easy tiré de The Secret Sessions, disque ayant vu le jour grâce à une campagne de crowdfunding. Le show déroule sa mécanique bien huilée avec Infantile, Ode To The Queen, Moodswings, Under The Wheels et Alpha Waves. Point d'orgue de la prestation, Always : Your Way prépare au mieux l'arrivée de Hell Is For Heroes. La chanson emblématique du groupe est reprise en cœur par une salle dorénavant bien remplie, preuve que, même s'ils n'ont peut-être pas eu la carrière qui semblait s'ouvrir à eux, My Viriol ont su se faire une bonne place dans l'adolescence et la discographie de chacun des présents du soir. Une prestation énergique ponctuée de très bons moments et une parfaite mise en bouche pour la suite.

Et quelle suite ! Déjà en tournée ensemble il y a dix ans, Hell Is For Heroes et Hundred Reasons s'allient à nouveau pour faire revivre les 2000's, mais pas seulement. Car si le passé et la nostalgie étaient bien présents tout au long de la nuit, le futur y avait également sa place. Le show de 2012 était une ode à The Neon Handshake de Hell Is For Heroes et Ideas Above Our Station de Hundred Reasons, mais cette fois les groupes présentent de nouvelles compositions. Prévue initialement en 2022 avant d'être reportée, la tournée version 2023 aura donc permis aux deux formations de se pencher sur de nouvelles œuvres musicales.
Deux singles pour les londoniens et un album pour celui originaire d'Aldershot. Des productions que les fans des deux camps n'attendaient plus vraiment mais qui rappellent à ceux qui pouvaient en douter que le talent ne s'évapore pas si facilement.

S'il y a bien quelque chose qui ne change pas avec les années qui passent, c'est l'énergie déployée sur scène par les membres deHell Is For Hreoes. Arrivés sur le son du Hero d'Enrique Iglesias (dont on ne comprend toujours pas à l'heure actuelle la popularité auprès d'un public plutôt tourné vers l'alternative rock), les membres du groupe sortent l'artillerie lourde d'entrée avec Folded Paper Figures tiré de Transmit Disrupt. Le son est lourd, les riffs acérés et Justin Schlosberg déjà maître de son sujet.
Arborant une magnifique barbe, le frontman n'aura de cesse que d'offrir au public une prestation de haute volée. Out Of Sight fait exploser la salle qui n'en demandait pas tant et Stranger In You laisse la place au premier des deux nouveaux singles du quintette. Et quel single ! Un véritable petit bijou. Si les riffs sont moins immédiats de prime abord que d'habitude, la composition reste puissante, enivrante et emporte tous les suffrages. Cerise sur le gâteau, trois enfants de membres du groupe ou de son entourage viendront sur scène assurer les cœurs, clôturant un moment fort de la soirée.

Que pouvait-on attendre de plus d'un groupe tel que Hell Is For Heroes ? Un single d'une maturité impressionnante par un groupe qui maîtrise son sujet et prouve qu'il peut évoluer sans se renier. Inutile de dire que les premiers accords de I Can Climb Mountains embrasent littéralement le public avant que To Die For n'apparaisse comme le calme avant une nouvelle tempête. Un instrumental qui permet à Justin Schlosberg de prendre trois minutes de repos méritées avant de revenir achever les derniers survivants.
Adepte des stage divings et des refrains rageurs en étant porté par la foule, le leader de la formation londonienne va s'en donner à cœur joie. You Drove Me To It est parfait pour cela, et le second single inédit Together In Pieces vient démonter la maestria du groupe en matière de nouveauté. Le public conquis, ce sont Five Kids Go et Night Vision qui sont joués avant que la mal nommée Slow Song ne conclue un show épique, comme à l'accoutumée ! Avant de quitter la scène, Justin promet à tout le monde de se revoir rapidement, un désir que toute l'assistance appellera sûrement de tous ses vœux tant la démonstration du soir donne envie de revoir Hell Is For Heroes en action le plus tôt possible.

L'ouragan Hell Is For Heroes à peine fini, les membres d'Hundred Reasons ne donnent que vingt petites minutes de repos à l'assistance. En octobre 2022, l'annonce de la part du groupe d'un nouveau single, le premier en quinze ans, était attendue fébrilement par les fans. Comment allaient sonner Hundred Reasons après tout ce temps ? Allions-nous être déçus ? La réponse est finalement arrivée assez vite et confirmée par la sortie de Glorious Sunset en février.
Si le disque n'a bien sûr pas l'impact d'Ideas Above Our Station (mais est-ce cela que l'on attendait vraiment ?), la nostalgie, la voix de Colin Doran et de bonnes compositions font sans nul doute de Glorious Sunset une des très belles surprises de ce début d'année. Pour le prouver, c'est le titre éponyme de ce dernier qui ouvre le bal ! La foule s'est déjà appropriée la chanson, reprise à l'unisson par la fosse. À l'instar de l'énergie de Hell Is For Heroes sur scène, il y a une qui chose ne disparaît pas au fil du temps avec Hundred Reasons, c'est la connexion avec son public et la sympathie dégagée par le groupe sur scène. Un sentiment qui sera encore présent du début à la fin de la prestation.

Le puissant What You Get résonne avant qu'Answers ne soit le premier titre du premier album joué ce soir. À partir de ce moment, chaque chanson tirée du même disque sera acclamée par une foule désormais chauffée à blanc. Stories With Unhappy Endings et The Perfect Gift préparent parfaitement l'arrivée du moment de bravoure de la soirée car voilà que résonnent le riff de I'll Find You. Véritable hymne du groupe, le titre envoie l'Eventim Apollo sur orbite et ce dernier ne redescendra plus !
Les sourires sur les visages des membres du groupe font toujours plaisir à voir. Le remplaçant de Paul Townsend à la guitare, issu de Marmozets, malgré son efficacité, sait se faire discret pour laisser la lumière sur Colin, Larry et les deux Andy.
Après un Remmus toujours aussi efficace, le deuxième extrait de Glorious Sunset, It Suits You ne détonne pas au milieu des anciens titres. Bien entendu, il va sans dire que les claviers de Silver font mouche. La voix si particulière et familière de Colin Doran n'a rien perdu de sa superbe même si Larry Hibbitt prend le relai sur This Mess. L'harmonie des deux sur le titre est toujours un bienfait pour l'auditeur qui voit ensuite se succéder Makeshift, The Old School Way et No Pretending. Falter ne faillit pas à sa réputation et son pont taillé pour les singalongs est repris par l'ensemble de la salle. Avant de quitter la scène, la voix de Colin Doran fait à nouveau merveilles sur les puissants Oratorio et Kill Your Own. Acclamé, le groupe entame son rappel avec Replicate et No Way Back. Pour clôturer la prestation, If I Could s'échappe des amplis pour le plus grand bonheur de tous : les gobelets volent, les slams sont légion, les visages sont radieux et les poumons expirent le peu d'air qu'ils leur restent pour accompagner le groupe dans ce baroud d'honneur.

Les lumières se rallument, Hundred Reasons partagent un dernier moment avec un public fidèle depuis plus de vingt ans qui aura rempli les 5 000 places de l'Eventim Appollo. Comment pouvait-il en être autrement devant la générosité proposée par les trois groupes ce soir ? La machine à remonter le temps aura joué son rôle à fond et nous laisse le sentiment d'un bonheur intense sublimé par la perspective de pouvoir à nouveau découvrir de futurs morceaux de ces groupes qui auront bercé notre adolescence !
setlist
    MY VITRIOL
    Losing Touch
    The Gentle Art Of Choking
    Kohlstream
    Cemented Shoes
    Grounded
    It's So Damn Easy
    Infantile
    Ode To The Red Queen
    Moodswings
    Under the Wheels
    Alpha Waves
    Always : Your Way

    HELL IS FOR HEROES
    Folded Paper Figures
    Out Of Sight
    Stranger In You
    I Should Never Have Been Here In The First Place
    I Can Climb Mountains
    To Die For
    You Drove Me To It
    Together In Pieces
    Five Kids Go
    Night Vision
    Slow Song

    HUNDRED REASONS
    Glorious Sunset
    What You Get
    Answers
    Stories With Unhappy Endings
    The Perfect Gift
    I'll Find You
    Remmus
    It Suits You
    Silver
    This Mess
    Makeshift
    The Old School Way
    No Pretending
    Falter
    Oratorio
    Kill Your Own
    ---
    Replicate
    No Way Back
    If I Could
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