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The Rakes

Paris, Elysée Montmartre - 13 mai 2009

Live-report par Laurie

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Le quatuor The Rakes a donné mercredi soir un concert à l'image de sa filiation post-punk, partagé entre urgence, dancefloor électrique et manque de surprise. Un constat mitigé qui loin de remettre en cause le talent du groupe pose la problématique suivante : post-punk, année 2009, la fin du mythe ?

Admettons-le, ce soir là, tout avait très bien commencé. La première partie qui colle aux grolles des Rakes depuis un petit moment, I Heart Hiroshima a bien fait son job. Le trio australien, mené par sa chanteuse-batteuse, Susie Patten, joue un tatapoum névrosé que nul fan des Rakes ne pourrait renier. Des plus sociables, la leader s'avère être aussi une excellent commerciale en annonçant d'emblée : « Nous serons au fond de la salle, là-bas, pour vendre nos disques et nos t-shirts et aussi se faire des amis parisiens ! ». Honnête deal.

Après la prestation du trio, s'en suit une interminable attente. The Rakes semble prendre une bonne demi-heure de retard sur l'horaire prévu. Pourtant, mis à part les cris de quelques énervés des premiers rangs, la salle semble pour le moment bien passive et statique, laissant présager un manque d'entrain évident. Pas motivés les fans des Rakes ? Personne ne peut encore se prononcer... Cependant, lorsque les lumières s'éteignent et que seuls, subsistent quelques projecteurs rouges au dessus de la scène, le public, sur le baromètre de l'hystérie est à -2.

Enfin, sursaut général lorsque le groupe arrive sur scène. Le chanteur Alan Donohoe, les mains gantées de rouge, entonne 1989, single emblématique du nouvel album Klang. Le morceau parvient à faire danser la salle entrevoyant enfin l'espoir d'une boum post-punk de haute volée. Curieusement, le quatuor joue des titres de ses anciens albums, avant de revenir au présent, avec The Light From Your Mac. Mais l'acte fondateur, le véritable déclic se fera sur le morceau le plus connu du groupe et des ménagères de moins de 14 ans : Open Book. A ce moment là, commencera un slam dans le public, à cet instant les malheureux des premiers mètres, (puisque le concept de rangs devient caduque lorsqu'on pogote comme un diable), se prendront une chaussure ou un coude par-ci par-là, ce morceau étant le seul à raviver l'énergie primitive. Rassurant mais aussi inquiétant. Pourquoi le public ne peut-il pas se laisser aller avec autant d'insouciance sur The Woes Of The Working Woman, par exemple, ou That's The Reason ? Le seul moteur des Rakes n'est-il qu'Open Book ? Quoi qu'il en soit, en parfait gentlemen, les Rakes entonneront leur fameuse reprise de Gainsbourg du Poinçonneur des Lilas: Man With A Job. Les merci et les private jokes envers le public sont rapides et sans grand intérêt, lesquels, additionnés à des morceaux interprétés urgemment, sans originalité marquante avec leur version studio, donnent l'impression d'un concert éclair, joué sans conviction profonde. Précédant 3 titres du premier opus, les nouveaux venus You're In It et The Outdoor Smoker viendront conclure la fin du contrat, couronné du bonus Strasbourg.

La fin de cette décennie placée sous l'égide du sampler, des basses criardes et des claviers n'a peut-être qu'un mérite, celui de replacer le post-punk et ses guitares énervées à la place auxquelles Franz Ferdinand les a laissé sur son dernier album : au placard. Puisse The Rakes suivre le mouvement.
setlist
    1989
    Retreat
    We Danced Together
    Terror!
    The Light From Your Mac
    Open Book
    The Woes Of The Working Woman
    22 Grand Job
    Man With A Job
    That's The Reason
    Shackleton
    Violent
    Binary Love
    We Are All Animals
    You're In It
    The Loneliness Of The Outdoor Smoker
    The World Was A Mess But His Hair Was Perfect
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    Strasbourg
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