chronique album

Different Gear, Still Speeding

Date de sortie : 28.02.2011
Label : Beady Eye Records/PIAS France
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Dix-huit mois exactement après la rupture d'Oasis, voilà que paraît enfin l'opus tant attendu de Beady Eye. Trois singles, officiels et non-officiels, sortis entre novembre et février, ont permis au groupe et à la maison de disque de prendre la température des fans. Premier test raté avec Bring The Light qui s'était avéré très décevant et bien en deçà de ce que devrait être un premier titre. Rattrapage efficace cependant avec Four Letter Word et le seul single officiel jusqu'à maintenant, The Roller.

Cet album de Beady Eye ne va certes pas révolutionner la planète rock et ceux qui n'étaient pas fans d'Oasis ne commenceront pas soudainement à aimer la formation menée par Liam Gallagher. Quant à ceux qui s'étaient déplacés pour les derniers concerts du groupe, pour « voir la bête », ceux-là ne savent peut-être même pas que Beady Eye existe. Different Gear, Still Speeding va surtout réveiller la midinette qui se cachait au sein de tout fan d'Oasis, révélant les vieilles rancœurs entre soutiens de Liam ou Noel, rouvrant les éternels débats sur la soit-disant maigre capacité d'écriture du cadet et le génie supposé de l'aîné, réveillant l'instinct naturel à venir, en concert, s'écraser sur une barrière pour approcher le groupe .

Apaisé et serein, Different Gear, Still Speeding signe avant tout le retour de Liam Gallagher sur la scène musicale et met un terme aux espoirs des uns et des autres de voir Noel prendre les rênes musicaux tandis que le frangin continuerait de faire sa mod victim avec Pretty Green. Très influencé par les Beatles et les albums solos de John Lennon, les titres sont mélodiques, nuancés, posés; la voix de Liam Gallagher est travaillée et on sent le plaisir partagé du groupe à s'être retrouvé pour jouer ensemble.
On avait eu un avant goût avec Songbird et Outta Time, et dans une moindre mesure Little James, des capacités d'écriture de Liam. De même que All In The Mind ou Hung In A Bad Place avaient permis d'envisager Andy Bell et Gem Archer, éternels seconds couteaux, en tant que possibles songwriters. Clairement, le groupe n'a pas dérogé à son style.

Millionnaire, d'inspiration folk, se veut diablement efficace et devrait être l'un de ces classiques repris en chœur en concert. Certains titres, comme le bien-nommé Beatles And Stones et Three Ring Circus, sorte de twist garage, n'auraient pas dénoté sur Revolver. Quant à Kill For A Dream et Wigwam , ils restent dans la veine des ballades classiques, le second nommé étant définitivement inspirée de Watching The Wheels de Lennon alors que l'on retrouve aussi le charme des premières chansons des Beatles dans For Anyone. Finalement The Beat Goes On et The Morning Son ajoutent une touche nostalgique à un ensemble bien rock. Seuls Bring The Light et le très dispensable Standing On The Edge Of The Noise font pâle figure au milieu de titres de très bonne facture.

Loin d'être un tribute band, Beady Eye adoucit la douleur que fut la séparation d'Oasis pour les fans et assène avec Different Gear, Still Speeding sa vérité et sa filiation définitivement britrock. Rendez-vous au Nouveau Casino de Paris le 13 mars pour confirmer le retour des lads sur le devant de la scène.

Claire, 23 février 2011

tracklist
  1. Four Letter Word
  2. Millionaire
  3. The Roller
  4. Beatles And Stones
  5. Wind Up Dream
  6. Bring The Light
  7. For Anyone
  8. Kill For A Dream
  9. Standing On The Edge Of Noise
  10. Wigwam
  11. Three Ring Circus
  12. The Beat Goes On
  13. The Morning Son
titres conseillés
Four Letter Word, Wigwam, Millionaire
notes des lecteurs
notes des rédacteurs
***  Fab
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