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Slaves

Take Control

Slaves - Take Control
Chronique Album
Date de sortie : 30.09.2016
Label : Virgin EMI
45
Rédigé par Simon Cordat, le 28 septembre 2016
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C'est le duo sonique qui a beaucoup fait parler de lui ces temps-ci, après avoir sillonné les festivals d'Europe. Avec leurs concerts pour le moins impressionnants, Isaac Holman et Laurie Vincent ne possèdent pas de bassiste mais s'en sortent très bien sans. Pour preuve, leur nouvel album, Take Control, transcrit plutôt bien l'énergie live ; un mur du son punk à l'anglaise. Leur musique de « mal élevés » détrousse les Royal Blood tout en se différenciant de la leur, et relève d'une certaine aptitude à vouloir détruire tout ce qui se trouve sur leur passage (« hype » oblige).

Depuis quelques semaines, le groupe a déjà teasé le premier titre Spit It Out : on comprend vite que le successeur de Are You Satisfied? ne sera pas gentillet. Car s'ils sont prolétaires jusqu'aux os, leur énergie démesurée est surtout contestataire ; Consume Or Be Consumed est l'exemple parfait de leur esprit opposé au système, perdu dans la société de consommation, au beau milieu d'un chaos sonore lancinant, sale et épais. Comme son nom l'indique, la piste éponyme Take Control appelle à se lever avec toujours autant d'agressivité, une suite logique qui bouscule encore et toujours, dans le but de vouloir faire bouger les choses.

Mais leur héritage n'est pas uniquement punk : leur son très garage UK est davantage mis en avant dans le milieu de la course, et ce dès le titre Play Dead que l'on peut aisément comparer à Future Of The Left, de par la lourdeur sonore que l'on connaît. Ensuite arrive la chanson Lies, un peu plus « accessible » mais moins intéressante du point de vue compositionnel (toutefois, c'est certainement l'une des plus structurées), qui est ici représenté par la simple ritournelle d'un riff de guitare funky dégueulasse. Si l'on passe outre la blague de 45 secondes Fuck The Hi-Hat ultra bourrin, le saccadé People That You Meet semble vomir quelques histoires de rencontres peu recommandables dans une ambiance assez malsaine, gratifiée de ce fameux refrain qui reste en tête : « The people that you meet, walking on the street ». Un résultat maladif au sommet du destroy-blasé.

Énorme et étonnant sevrage du son qui dégouline depuis le début du disque, nous avons nommé : Steer Clear. On pourrait même croire qu'il s'agit d'un autre groupe : une boîte à rythmes officie de base sur cette espèce de balade new wave, où se mélangent un synthétiseur vintage, une basse et des voix féminines. Voilà de quoi perturber, et pourtant, cette transition mélancolique ne fait que montrer une belle facette du groupe devenu plus sensible, sur ce coup. Ce fer de lance occupera d'ailleurs les dernières pistes de l'œuvre : Slaves deviennent plus abordables et plus lisses. Que ce soit avec Cold Hard Floor ou Angelica, le calme est revenu à son paroxysme. Et si vous n'êtes toujours pas subjugués par ces changements perturbateurs, le duo nous dit au revoir avec Same Again, qui signe leur retour machiavélique tant attendu, histoire de nous déconcentrer une fois de plus.

Take Control est jouissif, et nous file une bonne dose de défoulement dans tous ses états. L'album est certes très fragmenté, mais reflète bien les thèmes abordés, très actuels, d'un système social où tout dérape. Le duo repartira en tournée européenne dès le mois d'octobre prochain, en piochant dans ces nouvelles chansons parmi leur discographie déjà bien remplie.
tracklisting
    01. Spit It Out
  • 02. Hypnotized
  • 03. Consume Or Be Consumed (feat. Mike D)
  • 04. Take Control
  • 05. Mr Industry (Skit)
  • 06. Rich Man
  • 07. Play Dead
  • 08. Lies
  • 09. Fuck The Hi-Hat
  • 10. Gary (Skit)
  • 11. People That You Meet
  • 12. Steer Clear (feat. Baxter Dury)
  • 13. Cold Hard Floor
  • 14. STD's PhD's
  • 15. Angelica
  • 16. Same Again
titres conseillés
    Spit It Out, Consume Or Be Consumed, Lies, People That You Meet, Steer Clear
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