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Mystery Jets
Tempesst

Paris, Maroquinerie - 25 septembre 2016

Live-report par Mélissa Blanche

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Le dimanche soir n'est certainement pas la soirée la plus festive de la semaine. Que l'on redoute l'arrivée du lundi ou regrette la fin du weekend, la soirée est plus généralement faite de séries télévisées et de bols de soupe que de concerts ou de boites de nuit. Fort heureusement, toutes les salles de concert ne ferment pas leurs portes en cette triste soirée, et nous avons même eu la chance de passer la nôtre en compagnie de Mystery Jets, de passage à Paris pour présenter leur cinquième album Curve Of The Earth, ce dimanche 25 septembre.

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Les Londoniens y sont accompagnés en première partie par un groupe d'origine australienne mais basé à Londres, Tempesst. Lyrique, psychédélique, chevelu – à l'instar de la tête d'affiche – le groupe délivre une performance énergique et réussit sans problème à nous ouvrir l'appétit.

Blaine Harrison, William Rees, Jack Flanagan et Kapil Trivedi font leur apparition autour de 21h15, une bière à la main. Blaine abandonne ses béquilles pour se mettre au synthé, Jack salue le public et le concert s'ouvre sur Telomere. Entre le bassiste qui se promène pied nu et le guitariste qui sourit chaque fois qu'il voit quelqu'un danser, le groupe a l'air à l'aise et content d'être avec nous. En outre, le batteur fait montre d'une étonnante maîtrise du français lorsqu'il nous lance « wesh ma gueule » et « wesh gros » pour illustrer ses compétences linguistiques.

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Le groupe fait la part belle à son petit dernier et interprète ainsi la plupart des morceaux de l'album Curve Of The Earth, et notamment Bombay Blue, Saturnine et Midnight's Mirror. Ce choix se fait au détriment de son prédécesseur, Radlands, dont on n'entendra que le magnifique Someone Purer. Ce n'est pas étonnant vu le changement de direction opéré entre les deux albums – de l'americana au prog-rock psychédélique – mais c'est un peu dommage. Autre bémol : la voix de Blaine Harrison est un peu noyée par les guitares et la batterie. Par conséquent, les morceaux paraissent moins délicats qu'à l'écoute des disques et perdent de leur magie.

La malédiction du dimanche soir finit tout de même par s'abattre sur nous puisqu'à seulement 22h20 l'équipe de la Maroquinerie indique au groupe qu'ils n'ont plus que dix minutes devant eux. Le public proteste mais Blaine en profite pour recueillir les souhaits de l'audience pour les prochaines chansons. Ce strict curfew occasionne ensuite un léger cafouillage lorsque le groupe commence à revenir pour faire une reprise et se fait rembarrer par la régie. A notre grand soulagement, le bassiste est déjà sur le bord de la scène, clope au bec, et le groupe réussit alors à négocier pour une petite dernière, Flakes.

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D'ailleurs, les musiciens ne sont décidément pas pressés de s'en aller puisqu'ils rejoignent ensuite le bar pour discuter avec les fans et signer des autographes. Nous y croisons également Henry Harrison, le père de Blaine, membre fantôme du groupe, qui ne participe plus aux concerts mais continue d'aider à l'écriture des chansons.

Finalement, ce sont les imprévus et les moments d'hésitation qui font le charme de ce concert. De surcroît, la très bonne première partie, Tempesst, ne gâche rien. Néanmoins, ce n'est peut-être pas en concert que la musique de Mystery Jets atteint ses sommets. Quelque chose se perd, dès lors que les guitares prennent le dessus sur la voix, quelque chose qui tient de la fragilité, de l'émotion et de la tristesse. Après tout, Mystery Jets ne s'appelaient-il pas à l'origine « Misery Jets » ?