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Slaves

Paris, Trabendo - 29 octobre 2018

Live-report par Olivier Kalousdian

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Découverts au Glazart à Paris à l'été 2014, Slaves ont, depuis, confirmé les espoirs placés en eux et tout le bien que nous écrivions à leur sujet. Depuis quatre années, leur public est passé d'intimiste à solennel, d'épars à compact et les médias, curieux, se pressent dorénavant à l'annonce de leurs concerts. Vaine lutte que de tenter de décrire le style musical de l'infernal duo venu du Kent. Les Slaves (ne surtout pas y voir un hommage racial à l'ethnie indo-européenne) ne portent ni courant musical, ni tendance, ni attitude du rock, copiées-collées à leur époque. Isaac Holman et Laurie Vincent font de la musique comme ils vivent ou respirent ; loin des comportements mainstream et du rock pasteurisé (ou l'inverse).

Préférant les uniformes codés, sous des airs de ne pas y toucher, les Hotel Lux qui ouvrent l'affiche du soir affichent un look de groupe à mi-chemin entre les early Mods et les Trojan Skinhead issus des quartiers les plus populaires d'Angleterre. Similaires en tous points, que ce soit au point de vue capillaire ou vestimentaire les cinq de Hotel Lux jouent du rocksteady qui lorgne souvent sur le ska, en boucle et de manière désagréablement répétitive. N'est pas Rude Boy qui veut...

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Pour oublier les températures hivernales et ressentir enfin cette énergie brut à laquelle aspire cette sympathique foule de chicaniers du rock qui remplit le Trabendo en ce lundi soir venteux, quoi de mieux qu'un duo de cabochards anglais qui tape, hurle et saute dans tous les sens aux sons du tracklisting de trois albums sortis depuis 2012.
La voix, le coffre et la stature d'Isaac, accompagnés du jeu de guitare Townshendien de Laurie habitent des titres aux constructions volontairement simplistes et textuellement parfois infantiles comme Where's Your Car Debbie?, Fuck The Hi Hat ou encore The Hunter. Offrant à ces compositions de série Z une poussée de plusieurs tonnes au décollage. Une poussée qui gagne rapidement le public, rassemblé pour en découdre de toute façon. Le pit de photographes, venus nombreux capturer la musculature dénudée d'Isaac qui fait face à ses tambours ou le corps totalement tatoué de Laurie maltraitant ses cordes, est bousculé et chahuté ; notamment lors des crowdsurfings de circonstance.

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Au menu ce soir, une bonne dose de sauvagerie façon The Cramps pour les vocalises en constante rupture d'Isaac Holman (vous avez déjà essayé de poser un flow pressé en jouant de la batterie debout ?) et le rockabilly en héritage dans le jeu de Laurie Vincent ; un soupçon d'innovation à la Royal Blood pour la simplicité dans le tranchant de compositions qui tapent avant tout et s'harmonisent après coup. Un grand coup de shaker, une pincée de sudation du Kent et voilà Slaves, un des groupes les plus novateurs en terme de présence scénique et de recettes musicales ultra énergisantes, sans alcool !

Une heure de set, pas plus. Treize titres joués dans l'urgence et sans rappel. Et, fuck off ! Pour un tandem ne biberonnant que du Red Bull et se shootant à l'adrénaline pure, quoi de plus normal après tout ?
setlist
    Bugs
    Magnolia
    Fuck The Hi-Hat
    Live Like An Animal
    Sockets
    The Lives They Wish They Had
    Cut and Run
    Where's Your Car Debbie?
    Chokehold
    Photo Opportunity
    Sugar Coated Bitter Truth
    Beauty Quest
    The Hunter
photos du concert
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