chronique single / EP

Timewarp

Date de sortie : 05.01.2009
Label : Non signé
****
Bookmark and Share

Originaire du patelin irlandais de Cork, rampe de lancement au seuil des années deux mille de l’une des formations britanniques de rock métal les plus innovantes de sa génération, Cyclefly, le jeune quatuor reprend le flambeau sur le label créé par le leader du groupe susnommé, Ciaran O’ Shea, pour la parution, à la fin de l’année dernière, du premier opus de son nouveau projet Mako. Pour l’instant, seule véritable signature de Drive Records, dont le parti pris est apparemment de se consacrer aux talents locaux, Goldfish Syndrome entre dans l’arène par le biais de quatre titres.

Et il ne faut pas longtemps pour être submergé d’émotion et de plaisir car dès les premières mesures de l’introduction du EP, Where Have All The Good Times Gone ? et les accords cristallins de la guitare pure et limpide, suivis de l’entrée en action simultanée de la rythmique implacable et rigoureuse et de la voix ronde et profonde, l’auditeur est instantanément projeté au septième ciel musical. Ainsi les harmonies à la fois énergiques et nostalgiques progressent-elles crescendo jusqu’à un refrain sublissime, pour une composition qui n’est pas sans rappeler le brillant Disco 2000 de feu Pulp.

Sans nous laisser le temps de nous remettre de nos émotions, Goldfish Syndrome enchaîne avec un morceau tout aussi tonitruant et somptueux que le précédent mais dans une veine un peu plus agressive et mélancolique à la fois, l’ironiquement optimiste It’s Alright où on retrouve un chant intuitif dont l’inspiration pourrait puiser ses références chez Cyclefly et qui colle parfaitement à une instrumentation toujours aussi virevoltante. Et cette fois-ci, en guise de surenchère jubilatoire, on assiste à la montée paroxysmique d’une mélodie à la fois policée et percutante, jusqu’à la boucle finale au chant entêtant et aux riffs obsessionnels.

Dans un registre plus intimiste et confidentiel, le troisième titre nous laisse à découvrir une facette plus calme et paradoxalement torturée du combo, autant du point de vue des lyrics plus profonds et engagés que de celui des harmonies plus tristes et pesantes. Ainsi, Satellites And Presidents nous propose-t-il finalement une pause bienvenue, voire indispensable, avant l’amorce de l’ultime titre débridé du EP. En effet, 1964 n’a rien à envier aux deux premières chansons de la galette et démarre sur les chapeaux de roues, avec ses accents de rock plus sophistiqué et moins primitif, à la manière d’un If You Talk Too Much (Your Head Will Explode) plus sobre et épuré d’un People In Planes injustement sous-estimé.

Dans la mesure où tous les critères, à notre sens, du disque de rock parfait, sont réunis : fraîcheur et originalité des compositions, mélodies accrocheuses, personnalité musicale bien affirmée, grande sincérité dans l’interprétation, ainsi que production sans faille, nous ne pouvions rêver plus belle entrée en matière pour l’année 2009. Et si vous avez peur d’être atteint du syndrome du poisson rouge dont la mémoire à court terme n’excède pas une poignée de secondes, notez vite sur un post-it le nom de cette jeune formation qui figurera avec certitude parmi celles à suivre de très près durant les mois à venir.

Jimprofit, 28 décembre 2008

tracklist
  1. Where Have All The Good Times Gone ?
  2. It's Alright
  3. Satellites And Presidents
  4. 1964
notes des lecteurs

à lire aussi sur SOV
single
Goldfish Syndrome
Moving On

09.09.2010