Chronique Album
Date de sortie : 22.03.2010
Label : Endgame Records
Publié par
Aurélien, le 5 avril 2010
Retenez bien ce nom de groupe, Motion Picture Soundtrack, car il fera vraisemblablement parler de lui ces prochaines années, tant d’un côté les quatre protagonistes originaires de Canterbury le composant sont talentueux et prometteurs, tant de l’autre ces derniers semblent s’être bien entourés artistiquement pour obtenir un succès mérité auprès d’un public large en quête d’un son rock racé en accord avec son temps.
Avec ce grandiose premier album intitulé The Shapes We Fear Are Of Our Own, le quatuor anglais nous plonge dans un univers à la fois profond et torturé, entre douceurs mélodiques et puissances instrumentales, pour le plus grand plaisir de nos oreilles fébrilement émotives. Épaulé dans la production du merveilleux objet sonore par trois grands noms du milieu (Paul Schroeder, Cenzo Townshend, Bob Ludwig) ayant auparavant collaborés avec d’illustres formations que sont The Stone Roses, Editors, Bloc Party, ou encore Radiohead, pour ne citer qu’eux, Motion Picture Soundtrack nous livrent onze titres parfaitement aboutis d’une qualité plus que probante.
Même si, avec objectivité, on pourrait s’étaler en longueur sur tout le bien que l’on pense de la richesse d’écriture musicale du groupe et de sa cohérence, de l’extrême qualité de morceaux tels que Departure et sa passion, Glass Figures et son déluge de cordes envoûtantes ou encore l’émouvant Mirrors et son piano éclatant de douceur, on préférera au final judicieusement souligner que l’ensemble, parfaitement homogène, tire incontestablement sa force, ainsi que sa justesse, du plus profond de la voix du chanteur et guitariste Alastair Blackwood qui transporte et se laisse transporter par les titres les uns après les autres, dans un tourbillon de notes harmonieuses et de paroles intelligentes, se plaçant au juste niveau de groupes expérimentés comme Doves ou même Elbow, la fougue et la jeunesse en plus.
Motion Picture Soundtrack et son The Shapes We Fear Are Of Our Own, les sensations de l’année ? La réponse viendra naturellement d’eux-mêmes. Laissons-leur le temps de se dévoiler au gré des concerts et des opportunités s’ouvrant à eux, sans perdre à l’esprit qu’entre reconnaissance et consécration, le chemin sera toujours aussi long. Mais avec une telle inspiration, c’est-à-dire cette facilité grandiloquente, sombre et paradoxalement lumineuse à immerger son auditeur dans un océan d’émotions sonores, le groupe m’a déjà entièrement conquis, ne lui restant plus qu’à persuader votre personne et le monde entier par la même occasion.