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Billy Fuller

Fragments

Billy Fuller - Fragments
Chronique Album
Date de sortie : 03.04.2026
Label : Invada Records
4
Publié par Jean-Christophe Gé, le 2 avril 2026
Après avoir joué de la basse pendant près de vingt ans avec des artistes aussi variés que Robert Plant, Baxter Dury, Alicia Keys, Portishead ou Massive Attack, et après avoir sorti quatre disques avec Beak>, le groupe qu'il a fondé après un jam lors de la soirée de Noël du label Invada Records, Billy Fuller sort son premier album solo. Avec un tel CV, on peut se demander quand il a trouvé le temps de composer et d'enregistrer une soixantaine de morceaux, mais avec une telle réserve, il avait largement de quoi constituer un album cohérent qu'il a assemblé comme une mixtape offerte à un ami.

En découvrant Fragments on a l'impression d'écouter un de ces groupes de cold wave français qui sortaient des cassettes avec des mélodies aussi accrocheuses que déprimantes, une ambiance empreinte de poésie existentialiste, alors qu'ils expérimentaient avec une approche à la fois esthétique, intellectuelle et pop. Le fil rouge, ou noir et blanc, de l'album nous plonge dans une ambiance de guerre froide, qui donne l'impression de se balader au petit matin dans les rues de Berlin entre film noir et essai avant-gardiste. Les synthés et boîtes à rythmes vintage donnent un son écorché, rugueux, cabossé et pourtant bien présent. Ses basses aussi ont une histoire : la plus récente date de l'année de sortie d'Autobahn de Kraftwerk. Il y a un grain très krautrock dans ces compositions répétitives qui se déroulent en ajoutant des détails qui rendent la musique surprenante et intéressante.


Bien qu'instrumentaux, les morceaux ont un fort pouvoir évocatoire. Three Blind Mice est impressionnant avec une batterie martiale et simple, un gimmick de synthé et des leads guitares qui s'entremêlent. Sur Blackstar la ligne de guitare (ou basse) fait office de personnage que l'on suit dans un paysage digne de Blade Runner, version originale bien sûr.

S'ensuivent trois vignettes étranges, d'environ une minute chacune, entre l'expérimentation sonore et la BO étrange. Paradoxalement, l'étrangeté de ces morceaux sans rapport les uns avec les autres donne à l'album sa structure narrative avec ses moments d'actions, de doutes, et la description des décors ou les états d'âme d'un personnage. Won A Synth reprend le fil de morceaux plus mélodiques avec un titre en forme de blague (ndlr : "j'ai gagné un synthé"), comme si l'artiste réalisait son premier morceau inspiré par les sons de son nouvel instrument.

Invada Records, qui sort beaucoup de bandes originales, était le label idéal pour ce disque très imagé.
tracklisting
    01. Rummer
  • 02. Three Blind Mice
  • 03. Penny Bont
  • 04. Budfrey Robbed Alexander
  • 05. I Can't
  • 06. Tailgates & Ratchet Straps
  • 07. Todo
  • 08. Blackstar
  • 09. On The Eve
  • 10. Something Else
  • 11. Whammy
  • 12. Won A Synth
  • 13. Pirate Ship
  • 14. Bonanza
  • 15. Full Fat
  • 16. Last Train To Yatton
titres conseillés
    Three Blind Mice - Blackstar - Full Fat
notes des lecteurs
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notes des rédacteurs
    4 Franck Narquin