Chronique Single
Date de sortie : 11.08.2008
Label : 14th Floor Records
Publié par
Johan, le 26 août 2008
Que dire d’un groupe qui sort son premier single entre des toujours aussi cultes The Cure et inévitablement bientôt cultes The Strange Death of Liberal England ?
Comment ne pas laisser passer ce millième The quand les neuf cent quatre-vingt dix-neuf premiers ont progressivement fini par saturer les oreilles ces dix dernières années ?
Comment aborder un groupe que personne ne connaît, et que seule la musique pourrait miraculeusement sauver du néant ?
Par où commencer une chronique dont le seul intérêt est d’augmenter le nombre d’écoutes myspace du sujet, et la seule finalité sera d’en faire fermer l’onglet trente secondes plus tard ?
Car avouons-le, The Ryes ne sont pas de ceux qui, pour leur entrée en scène, ont choisi de condenser tout leur génie créatif sur trois minutes ...
Que de questions existentielles qui permettent de camoufler le vide – peut-être pas sidéral mais au moins musical – de ce How Come Loretta, place laissée ainsi vacante après 30 secondes à quelque autre groupe anglais qui aura réussi à aligner plus de deux notes sans qu’on vienne à penser à 999 autres groupes qui s’étaient déjà garés là en double-file bien avant.
Que de questions existentielles qui n’ont pour unique but que gagner du temps avant la conclusion fatale de cette chronique, la seule ligne qui aurait pu être écrite ici – la seule ligne qui aurait dû être écrite ici, celle-là même qui devrait être écrite dans 99 % des chroniques :
Histoire de faire gagner du temps au rédacteur, d’épargner 3 secondes de chargement d’une page myspace au lecteur, et de laisser dans l’anonymat un groupe qui n’aurait raisonnablement pas dû en sortir.
Gagnant-gagnant-gagnant.
Peut-être est-ce un choix délibéré de ne pas publier en premier single Leur chanson. Certains, comme Cajun Dance Party le font, auraient-ils alors tort ?
Peut-être que The Ryes viennent de sortir un fond de tiroir alors qu’il ont en réserve douze pépites échappées des plus grandes théières d’Angleterre, nées des insomnies les plus éprouvantes :
Histoire de livrer une fausse piste, de faire comprendre qu’ils peuvent faire mieux. Mais là, quoi qu’ils aient dans leur tiroir ou leur théière ou leur boîte à pain, ça pourra pas être pire.
Gagnant-gagnant-gagnant.