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Frankie Archer

The Dance Of Death

Frankie Archer - The Dance Of Death
Chronique Album
Date de sortie : 05.06.2026
Label : prrr of the bear
4
Publié par Quentin Perriault, le 4 juin 2026
Qu'il est rare et agréable de découvrir une artiste qui semble avancer sans aucune carte, tout en donnant l'impression de savoir exactement où elle va.

Il faut s'imaginer une exploratrice spatiale s'échouant sur le Westeros de Game Of Thrones. Au chant mystique empreint de magie se mêlent instrumentations classiques et arrangements futuristes, dans une folk électronique littéralement partagée entre deux âges. Les boîtes à rythme côtoient les cordes médiévales, les percussions se cachent sous des basses synthétiques hurlantes et les samples de nature répondent aux effets vocaux ultra modernes.


Frankie Archer semble s'amuser constamment, et il y a fort à parier que peu des sons qui composent l'album soient reproductibles à la perfection, tant tout sent l'expérimentation et le découpage. Et pourtant, tout converge vers ces contes immémoriaux. La musique, parfois rêveuse, parfois épique, entourant la voix, agit comme des images soutenant le récit. La musicienne sculpte les sons comme autant de décors en terre glaise, qu'elle remodèle au fur et à mesure pour illustrer ses histoires.

Death And The Maiden, introduction épique qui prend le temps de développer avant de scotcher complètement, oscille entre conte naïf, refrain surpuissant digne d'une bande originale de Hans Zimmer où synthés et cordes se mêlent dans un élan suspendu, motif de violon traditionnel et passages où la mort elle-même s'exprime, portée par plusieurs voix plaintives déformées. Là où l'agencement des sons au sein des chansons est constamment surprenant, les structures en elles-mêmes, suivant les textes traditionnels, se révèlent, finalement, assez classiques. Certaines coutures finissent donc par apparaître, mais aucune qui ne puisse dévoiler complètement les secrets de fabrication. Mieux, comme toute grande magicienne, Frankie Archer nous montre probablement ces coutures là pour détourner notre attention du vrai travail de fond.


Alors que les chansons s'avèrent donc simples en soi, car portées par les mélodies hypnotiques de la voix, parfois murmurées comme au coin du feu, parfois chantées pour divertir la salle principale d'un palais royal, il est impossible de prévoir la façon dont les instruments vont évoluer. Quelque part, pas si éloigné d'un alt-J, qui, pour leur premier album, débarquaient avec force sans préconceptions ni repères clairs et parlaient directement dans leur propre langage sans mode d'emploi. On aurait peut-être simplement aimé que les collisions les plus audacieuses, à l'image de Young Edwin Of The Lowlands Low, arrivent plus souvent.

Si l'album n'arrive pas tout à fait à se relever de la déflagration de l'énorme titre d'ouverture écrasant tout sur son passage, le voyage ne laissera personne indifférent et, dès la première écoute, existera chez l'auditeur comme s'il avait toujours été là, dans les tréfonds d'une mémoire générationnelle. Un premier album enchanteur et absolument charmant, signant sans nul doute de la naissance d'une grande artiste à la singularité déjà éclatante.
tracklisting
    01. DEATH AND THE MAIDEN
  • 02. THE DANCE OF DEATH
  • 03. THE OUTLANDISH KNIGHT
  • 04. IN BRUNTON TOWN
  • 05. THE UNQUIET GRAVE
  • 06. THE DEMON LOVER
  • 07. YOUNG EDWIN OF THE LOWLANDS LOW
  • 08. OXFORD CITY
  • 09. THE LOVERS GHOST
titres conseillés
    Death And The Maiden, The Unquiet Grave, Young Edwin Of The Lowlands Low
notes des lecteurs
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