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Honeyblood

Babes Never Die

Honeyblood - Babes Never Die
Chronique Album
Date de sortie : 04.11.2016
Label : FatCat Records
35
Rédigé par Jérémie Lacker, le 29 novembre 2016
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Retenu par l'histoire comme l'inventeur du vibromasseur, Joseph Mortimer Granville fût avant toute chose l'un des plus éminents spécialistes de l'hystérie féminine (coincidence ?). Un praticien devant le cabinet duquel s'allongeaient des files de frénétiques damoiselles en quête d'une délivrance dont lui seul avait le secret.
Seulement, l'évolution des mœurs et de la médecine se faisant, ce respectable et pieu bonhomme au dessein purement scientifico-scientifique –selon la version officielle du moins– s'est peu à peu transformé en vil instigateur de la débauche féminine.
Dès lors s'est posé le problème suivant : comment l'avenir de l'homme –comprendre la femme – fera-t-il pour satisfaire ses pulsions les plus primales ? On vous arrête tout de suite, nul besoin d'aller chercher dans l'historique internet de votre voisin, car la réponse se trouve dans le dernier album du duo écossais Honeyblood : Babes Never Die.

Car, dès l'amorce de l'album, sobrement intitulée Intro, la tension que renferment Stina Marie Claire Tweedale, et Cat Myers est palpable. Un sentiment que s'empresse de confirmer le titre éponyme de l'album, qui, malgré son aspect gaillard du premier abord montre un groupe en pleine maîtrise des harmonies de chœurs et des mélodies accrocheuses sur lesquelles les Cribs n'auraient pas craché. La machine à titres punk-pop s'emballe alors avec un Ready for The Magic qui rappelle My Generation du groupe qui avait honteusement plagié les One Direction.
A peine sortis de cette effusion de fureur féminine que commence Sea Hearts qui laisse pour la première fois entrevoir un soupçon de candeur dans la musique du groupe. Dans la musique seulement, car c'est tout de même sans vergogne que Tweedale scande vouloir briser les cœurs qui traverseront son chemin. Les ravages de la génération Tinder...

Maintenant la première phase d'évacuation de la tension passée, peut alors réellement commencer la thérapie, avec une passade de tranquillité – à nuancer – que portent les très bons Love Is A Disease et Walking At Midnight. Puis c'est la lente rechute avec Justine Misery Queen qui voit le groupe revenir lentement à ses amours des débuts – de l'album – à savoir la single punk-pop, à l'exception prêt que le que l'efficacité y est cette fois-ci absente. Mais alors qu'on la croyait partie à jamais, l'efficacité était en fait réellement allée s'acheter un paquet de clope, car c'est en trombe qu'elle nous revient en pleine face sur les refrains onomatopéiques de Sister Wolf.

Puis c'est au tour de Hey Stellar de tenter de se frayer un chemin à la douceur dans ce bouillon de ressentiments. Tout cela au moyen du refrain de loin le plus efficace de l'album sur lequel la chanteuse au nom de magazine féminin assume l'influence qu'ont eu les Cranberries et par extension RTL2 sur sa manière de composer. La fureur semble donc définitivement derrière nous quand débute Cruel Kids, unique balade de l'album, mais c'était sans compter sur le dernier soubresaut de fureur de Gangs qui offre néanmoins une perspective plus féline du duo, à mi-chemin entre The Last Shadow Puppets et The Moons, dopés aux protéines.

Mais c'en est finit, et comme on l'imagine avec les séances du docteur Granville, c'est après un dernier sursaut d'orgueil que la tension se fait la malle, et laisse la place à une outro qui ravira plus les professeurs de musique du secondaire que les mélomanes.
tracklisting
    01. Intro
  • 02. Babes Never Die
  • 03. Ready For The Magic
  • 04. Sea Hearts
  • 05. Love Is A Disease
  • 06. Walking At Midnight
  • 07. Justine, Misery Queen
  • 08. Sister Wolf
  • 09. Hey, Stellar
  • 10. Cruel
  • 11. Gangs
  • 12. Outro
titres conseillés
    Love Is A Disease - Sister Wolf - Hey Stellar - Gangs
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