Live report : Festival YEAH! - Lourmarin - 06.06.2015 - Sound Of Violence
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Festival YEAH!

Lourmarin, du 5 au 7 juin 2015

Live-report rédigé par Fantin le 11 juin 2015

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Après une très bonne première soirée, on retourne au Festival Yeah! dès ce samedi après-midi de grosse chaleur. Plusieurs événements sont organisés dans le village de Lourmarin. Il y en a pour tous les goûts : concours de pétanque, chasse aux trésors pour les « Yeah! kids » ou bien conférences/tables rondes.

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Concernant la musique à proprement parler, le premier concert ne commence, comme la veille, qu'à 19h passées. C'est une fois encore sur la petite scène que la soirée débute. Le ciel s'est couvert de nuages et l'atmosphère est lourde. Une belle allégorie de la musique de Michel Cloup, sombre et puissante. Seulement, ses chansons poignantes à l'écriture si particulière ont du mal à s'affirmer sur cette petite scène au volume sonore limité. Comme pour le concert de Julien Gasc le premier jour du festival, l'ambiance est plutôt à l'apéro. Les quelques attentifs amassés vers le chanteur-guitariste (en solo depuis que son batteur Patrice Cartier a pris sa retraite musicale) réussissent, semble-t-il, à apprécier les compositions introspectives du toulousain tant les applaudissements sont soutenus à la fin du set. L'installation de cette petite scène est tout de même une erreur de la part des organisateurs. Elle ne met pas assez en valeur les artistes qui s'y produisent. Ceux qui ont pu voir Michel Cloup dans de meilleures conditions savent que, même seul, il est capable d'installer une ambiance puissante et abrasive dans le lieu où il se produit. Il méritait donc de jouer sur la grande scène. Sa carrière remarquable en est un argument supplémentaire.

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Alors que le ciel se couvre davantage, Forever Pavot prennent place sur la grande scène. Le son y est tout de suite bien réglé ce soir. On peut ainsi profiter comme il se doit des chansons du premier album des parisiens (Rhapsode, 2014) et de leur richesse instrumentale. C'est le genre de concerts beau à regarder : percussions, flûte traversière, basse électro-acoustique de luthier... Leur pop façon 70's aux allures de vieux film fantastique trouve sa place sans grande difficulté devant la façade du château Renaissance de Lourmarin. Le set démarre fort avec notamment les très bons titres Electric Miami et La Rabla. Cependant, comme dans l'album Rhapsode, les compositions tendent à s'essouffler quelque peu sur la longueur, par manque de diversité essentiellement. La qualité de jeu des musiciens et leur sympathie (ils finissent sur une pointe d'humour en reprenant le générique du dessin animé Les Aventures de Tintin) compense globalement cette impression. Très appréciable en fin de compte.

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Beaucoup moins pertinent au sein de la programmation, le groupe rouennais Steeple Remove poursuit la soirée avec son rock qualifié de post-punk mais somme toute très classique. Malgré l'aisance technique des musiciens, aucune composition n'accroche l'oreille. Le chant n'est pas des plus réussis et on ne tarde pas à s'ennuyer. On peut comprendre l'intérêt que leur ont porté Laurent Garnier (dans la programmation du festival mais aussi dans ses podcasts) ou encore les labels Third Side et Gonzaï en écoutant leurs enregistrements studio, il faut le dire, très bien produits. Cependant, en concert, quand les artifices s'effacent, on ne constate qu'une absence évidente de bonnes compositions. Le manque de modestie dans l'attitude du chanteur n'arrangeant rien, on attend patiemment la fin du concert et l'entrée en scène du groupe suivant.

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Et pour le coup, on ne pourra cette fois pas se plaindre de s'ennuyer. Les italiens de Movie Star Junkies entrent en scène de la plus simple des manières, mais ne tardent pas à se déchainer. « Inclassables », comme l'annonçait le flyer présentant la programmation du festival. Leur musique change de genre sans aucun complexe à plusieurs reprises. On peut ainsi apprécier une pop à l'anglaise, puis un rock à l'américaine aux ambiances tarantinesques, des épopées plus écorchés et du rockabilly sous acide. Le tout reste très punk dans l'esprit. Le chanteur fait exploser sa furie sur scène tout au long du concert, mais n'oublie pas de chanter (ou crier) très justement quand il le faut. Un show passionnant tant musicalement que visuellement. Le public semble massivement conquis. Dur de ne pas l'être.

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Beaucoup plus professionnels et statiques, les anglais de Fujiya And Miyagi poursuivent la soirée. Leur mise en place est longue pour cause de problèmes techniques, semble-t-il. Mais une fois installés, ils parviennent à jouer sans difficulté leur répertoire dans un son sublime et très riche. Très plaisant, le concert trouve bien sa place dans la nuit noire provençale. Une dance-pop intelligente, par opposition à WhoMadeWho, qui a conclu la soirée précédente du festival. Alors certes, le groupe de Brighton n'est pas des plus énergiques. Leur musique, à leur image, ne décolle que pour une envolée (tout de même assez contenue) en fin de concert. Mais le tout est maîtrisé, bien joué et surtout bien écrit. Leur pop dansante et timide est assez originale. C'est exactement le genre de concert auquel on aime assister dans ce type de festival.

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La soirée se clôt avec le concert des parisiens de Black Strobe. On a échappé à la pluie et l'atmosphère lourde s'en est peu à peu aller. Quand la bande d'Arnaud Rebotini entre en scène et démarre son concert, on a l'impression qu'une partie du public n'a fait que l'attendre depuis l'ouverture des portes, tant elle se fait acclamer. Il faut avouer que même ceux qui n'aiment pas les albums de Black Strobe prennent du plaisir à entendre les refrains de Broken Phone Blues et Monkey Glands. Les sonorités des synthétiseurs analogiques s'accordent avec la voix grave du chanteur pour donner l'alliance des influences formant l'identité Black Strobe. Le son est massif, en grande partie tourné vers les graves. Le style vestimentaire, lui, prend autant aux crooners américains qu'à la mafia sicilienne, pour son côté bling-bling assumé. Dur de ne pas apprécier. Les showmen en costumes terminent leur concert sur une version épique d'une bonne vingtaine de minutes de leur tube I'm A Man, que tout le monde connaît, au moins par la publicité. Acclamations massives à la fin du spectacle. Le rappel émis par la fosse est vain. L'organisation lance la musique du générique de Bonne Nuit Les Petits.

Encore une très bonne soirée, donc. La programmation plus légère du lendemain nous permettra de faire le bilan. Pour l'heure, la fatigue se fait sentir...
artistes
    Black Strobe
    Movie Star Junkies
    Fujiya & Miyagi
    Forever Pavot
    Steeple Remove
    Michel Cloup Solo
    Narco Terror
    CHARLIE O.
    RADIO MEUH
    Yeah Kids!
    Olé Olé