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Richard Ashcroft
Electric Pyramid

Paris, Zénith - 24 juin 2026

Live-report par Laetitia Mavrel

41 degrés à l'ombre. Non, ceci n'est pas le petit mot griffonné par Gérard de la compta sur une carte postale en provenance d'une île du Pacifique mais bien la température affichée à Paris en ce mercredi. Le four étant aussi chaud à l'intérieur, autant sortir de nos pénates pour nous diriger vers le Zénith afin d'y retrouver un artiste qui se fait assez rare en France après avoir été une figure imposante de la scène britannique : Richard Ashcroft.

Mythique leader de The Verve, c'est bien avec son groupe et surtout leur album Urban Hymns en 1997 qu'il a marqué les esprits. Un disque parfait qui a littéralement définit une génération et dont les hymnes résonnent encore trente ans après. Richard Ashcroft n'a pas eu le même succès durant sa carrière solo, malgré un nombre très honorable de chansons toutes aussi inspirées. Un musicien que l'on préfère donc dans nos souvenirs mais qui, comme cela a été le cas ce soir, sait toujours animer une foule grâce à son charisme et à son chant si particulier.

En attendant, nous pénétrons dans un Zénith à la configuration réaménagée par manque de remplissage. Canicule, jour de semaine, prix très élevés pour un groupe sans effets pyrotechniques ou orchestre symphonique, les raisons font que tout le haut ainsi que les gradins latéraux sont bâchés. De quoi laisser de la place pour respirer, la climatisation étant réservée aux espaces bars. Les joyeux spectateurs ont cependant la permission exceptionnelle de se munir de bouteilles, gourdes et autres brumisateurs afin de ne pas tourner de l'œil.


Avant de retrouver Richard Ashcroft, ce sont Electric Pyramid qui ouvrent le bal. Nous avions souligné la qualité du dernier album en date, LION, mettant en avant le défi remporté d'avoir proposé du mainstream mais inspiré. Nous ne serons malheureusement pas très inspirés face au groupe. Leur pop rock très FM n'attire pas véritablement notre attention, malgré les efforts d'Ol Beach, le leader blond et tout en manteau long à la Matrix. Ce dernier, dans un français impeccable, crée tout de même du lien avec le public, sa gentillesse et son dynamisme sur scène nous restant cependant plus en mémoire que son répertoire. Il en aurait fallu un peu plus pour sortir de la torpeur ce Zénith qui se remplit alors très lentement, favorisant la terrasse et les bars climatisés. Gageons que dans d'autres conditions, et sur une scène plus intimiste, Electric Pyramid sauront mieux nous convaincre.

L'avantage d'un concert loin d'être sold-out est l'espace libéré dans les gradins. Ainsi, les sympathiques hôtesses et hôtes du Zénith laisseront les spectateurs s'éparpiller autant que de besoin dans les blocs méchamment vides. Une rangée entière pour nous toute seule, voilà de quoi nous redonner le sourire en attendant l'arrivée du héros de la soirée. On en profitera pour observer la foule qui se transforme alors en essaim de papillons, à grand renfort d'agitation d'éventails colorés.


Puis, avec une dizaine de minutes de retard, les lumières s'éteignent et apparaît en fond de scène un énorme « R.A » illuminé, initiales de la vedette qui, comme à son habitude, arrive engoncée dans un blouson noir (le style ne craint pas trop les coups de chaud) et paré de ses lunettes miroir. Accompagné de quatre autres musiciens, Richard Ashcroft va nous servir en bloc un menu Best Of, surtout centré sur les meilleurs morceaux de The Verve. Malgré de nombreux couacs techniques liés à la chaleur, nous évitons le récent fiasco Iron Maiden et c'est avec beaucoup d'humour que Richard va réussir à combler les trous entre les interventions des roadies dépassés par les évènements.

C'est donc un Richard plutôt causant qui nous accueille, malgré son air toujours badass, et une fois la veste tombée, nous avons droit au retour du véritable frontman que nous avons connu il y tout ce temps, heureusement de nos jours débarrassé de ses pires démons. Richard ayant tendance à étirer très longuement chacun de ses morceaux avec des ponts qui sonnent comme des petits jams entre potes, la setlist sera courte. Seulement neuf morceaux mais durant lesquels on sent véritablement que l'anglais y prend un réel plaisir.
Pas de surprise donc du point de vue des morceaux choisis, le concert débutant très fort avec pas moins de trois singles de The Verve dont les superbes Sonnet et Weeping Willow. On oscille entre titres du groupe et titres solo, avec en point d'orge Lucky Man, qu'il dédicacera à Michel Platini, Zinedine Zidane, Eric Cantona et Serge Gainsbourg (trouverez-vous l'intru ?), en félicitant la France d'être l'une des plus grandes nations en football. N'est pas mancunien qui veut, la référence au sport fétiche méritait d'être soulignée en cette période de Coupe du Monde (surtout après l'échec des Anglais face au Ghana).

C'est une ambiance de franche camaraderie qui règne dans la salle. Nous notons tout de même que c'est uniquement face à un public « de l'époque » que ce concert se déroule, et il est amusant d'observer tant les fans hardcore, pour la plupart vêtus de leurs t-shirts de la tournée des stades d'Oasis l'an passé où ils nous avaient fait l'éloge de Richard Ashcroft en tant que première partie, que les autres, soit beaucoup de cinquantenaires en goguette que seul le rappel final et très attendu sur Bitter Sweet Symphony aura réussi à les faire se lever de leur siège. Une heure et à peine quinze minutes après, les lumières se rallument et malgré une féroce envie de retrouver sa douche le plus rapidement possible nous restons sur notre faim, une partie très importante du répertoire solo de Richard Ashcroft, dont le dernier album Lovin' You, étant de nouveau largement ignorée.

C'est donc un concert très axé sur la nostalgie que Richard Ashcroft nous a offert, se pliant très naturellement à l'exercice, conscient que ses fans fidèles le défendront toujours alors qu'il a donné le meilleur de lui-même il y a déjà trente ans. Un bon moment, bien trop court et un peu gâché par la chaleur extrême mais autant prendre notre mal en patience, le dérèglement climatique étant dorénavant notre meilleur gig buddy.
setlist
    Electric Pyramid :
    Non disponible

    Richard Ashcroft :
    Weeping Willow
    Sonnet
    Space And Time
    Music Is Power
    A Song For The Lovers
    Break The Night With Colour
    The Drugs Don't Work
    Lucky Man
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    Bitter Sweet Symphony
photos du concert
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