Chronique Album
Date de sortie : 09.10.2026
Label : Merge Records
Publié par
Emmanuel Stranadica, le 5 octobre 2026
Depuis quelques albums, Teenage Fanclub ont sérieusement réduit le nombre de décibels électriques que l’on pouvait trouver sur des morceaux tels que Star Sign, The Concept ou encore Radio, pour ne citer qu’eux. Cela ne surprendra donc personne qu’à l’occasion de leur treizième album, les Écossais, habitués à nous offrir de jolies compositions pop/rock, ne bouleversent ni le rythme, ni surtout le son de celles-ci sur Do Not Dare To Dream.
Ce nouvel essai débute avec There Was You. Dévoilé en single à la mi-août, sans artifice et doté d’une mélodie élégante et posée, la chanson séduit instantanément avec ses arpèges et son côté très The Byrds ; voie musicale vers laquelle le groupe s’est engouffré avec brio depuis de nombreuses années. Tout au long des trente-neuf minutes du disque, les Glaswegiens vont déployer leurs ailes musicales et nous charmer de la plus belle des manières. D’ailleurs, malgré un disque, il faut bien l’avouer, sans grande surprise, Teenage Fanclub réussissent tout de même à nous étonner le temps d’un Tomorrow People qui a été divisé en deux parties. La première résolument pop se conclut sur une descente de claviers étonnante d’Euros Childs ; l’ex Gorkys Zygotic Mynci faisant partie intégrante du groupe depuis Endless Arcade. A l’issue de ce mini stop, le second acte reprend pour trois nouvelles minutes de plaisir un tantinet plus musclées.
La musique de Teenage Fanclub est, depuis longtemps, devenue synonyme d’élégance et bénéficie souvent d’accords majestueux. La mélancolie y trouve aussi une place de choix, comme sur la délicate Over And Over, probablement une des plus belles chansons du disque, surtout lorsque la rythmique se met en route après une première minute acoustique de toute beauté. Même si les surprises sont plutôt rares sur le disque, la bande à Norman Blake ne va pas simplement se contenter de nous ressortir ses vieilles recettes mais bien de réaliser quelques coûts d’éclat. Take Time, teinté d’une flute délicate, en fait partie, tout comme la rayonnante Day In The Sun sur laquelle vient s’accoupler aux guitares et à la rythmique des sonorités d’orgues, ou encore la parfaite Somewhere To Land, balade d’une fin d’été au bout du monde et illustration parfaite de l’endroit où le disque a été enregistré (l’île de Great Bernera en Ecosse). Young And Wise est pour sa part une conclusion dépouillée touchant à la nostalgie du temps qui passe.
Le temps n’affecte pas la musique de Teenage Fanclub. Au contraire, comme le bon vin, celle-ci se bonifie au fur et à mesure des albums. Do Not Dare To Dream est un grand cru que l’on prendra plaisir à goûter et sur lequel on prendra le droit de rêver encore et encore.