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Yard Act
Do Nothing

Paris, Cigale - 1er octobre 2026

Live-report par Jean-Christophe Gé

Yard Act se font rares dans nos contrées : tout juste un concert par album, et un passage en première partie de The Hives à Paris il y a un an. Pour soutenir l'excellent You're Gonna Need A Little Music sorti cet été, il n'y a que deux dates de prévues dans l'hexagone, une dans la zone « pains aux chocolat », à Paris, l'autre dans la zone « chocolatine », à Toulouse. Les concerts de Yard Act ont toujours été des événements, leur chanteur est imprévisible, le groupe a suffisamment de maîtrise technique pour s'adapter et, surtout, ils ont envie de jouer. Signe de la maturité, si leur second disque posait une question « Where is my Utopia? », ils apportent maintenant un diagnostic et une prescription juste aux maux qui nous rongent : vous allez avoir besoin d'un peu de musique !


Avant celle de Yard Act, nous allons écouter celle de Do Nothing. L'occasion pour le quatuor, également originaire du nord de l'Angleterre, de nous présenter des titres de leur second album qui sortira le 6 novembre. Ces quatre morceaux sont dans la continuité de leurs précédentes compositions : une pop soignée, avec des mélodies très écrites et une voix douce comme dans la new wave de Orchestral Manoeuvres In The Dark ou celle de Duran Duran.
Chris Bailey, libre de ses mouvements, met le ton et fait des gestes théâtraux pour appuyer les textes. Le reste de la formation classique guitare-basse-batterie se concentre sur la musique. Le bassiste joue aussi un peu de synthé pour soutenir les mélodies et renforcer le côté dramatique. Virtuoses, ils emmènent leur musique à la limite du blues comme certains groupes indé US des années 90, Pavement en tête, la distorsion en moins. Do Nothing nous offrent une traversée entre Liverpool et la côte Est des Etats-Unis, en espérant que le navire ne s'appelle pas le Titanic.


Yard Act, eux, sont revenus d'Amérique et c'est par Paris qu'ils démarrent leur tournée européenne. Quand James monte sur scène, en pleine fashion week, on peut constater que le trench est de retour, il se porte toujours demi long mais noir cette année. Nous n'avons pas trop le temps de nous attarder sur les détails vestimentaires comme le T-shirt « Je t'aime, moi non plus » de Ryan, ou la nouvelle coupe de Sam, car le groupe démarre très fort avec You're Gonna Need A Little Music. La chanson est déjà un véritable manifeste sur l'album, avec un gimmick entêtant et pop au clavier et une batterie métronomique, alors que la guitare et la basse sont un peu disco, comme un medley de toutes les musiques dont nous avons besoin pour illuminer nos journées. L’interprétation live la porte à un niveau supérieur, tout comme la musique live illumine nos vies.
Après ce démarrage tonitruant, le groupe va visiter son back catalogue, Dead Horse du premier album puis Dark Days du premier EP, sans même le temps de reprendre son souffle. En cet été qui n’en finit pas, la Cigale est bien chaude et a bien raison de rester à danser au lieu de préparer l'hiver. Il sera toujours temps d'aller se réfugier chez la fourmi si les choses tournent mal. Christopher Duffin, qui accompagne le groupe au clavier, joue aussi du saxophone, et cela contribue à donner une dimension supplémentaire aux chansons, y compris celles du nouvel album qui vont occuper une bonne partie de la setlist. Le public ne semble pas faire la différence et chante en chœur Tall Tales, le refrain est simple. Pour les autres titres, c'est dommage que le public ne connaisse pas plus les paroles des chansons, et je m’inclus dedans, car en plus d'une furieuse envie de danser, ce set donne envie de chanter !


La prestation est toute en énergie, James est très concentré et ne nous livre pas ses diatribes ou blagues habituelles entre les morceaux, il est tout entier dans son set. Avec un chanteur aussi charismatique, il serait trop facile d'oublier le reste du groupe, mais il serait dommage de rater Sam à la guitare sur le côté gauche qui fait aussi son show. L'interprétation des chansons est vraiment intéressante. Empty Pledges est jouée dans une version très grave et trouve sur scène une nouvelle puissance dramatique avec un synthé inquiétant. Vineyard Of The North, quant à elle, est plus lente et planante alors que New Beginnings devient presque dub. Ceux qui voulaient entendre juste du (post)-punk sont peut-être déçus de ce tempo ralenti sur la dernière moitié du set, je trouve au contraire qu'il souligne la profondeur de leur musique, car si le groupe ne manque pas d'humour, il ne manque pas non plus de gravité.
Pour bien marquer sa fin, le concert se termine par l'enchaînement de la dernière chanson de leur troisième album, celle de leur premier album et enfin celle de leur EP ! The Trapper's Pelts est assez inattendue, et parfaite pour finir de la manière la plus chaotique possible. Ils reviennent pour The Trench Coat Museum, pour la première fois de la soirée le light show en fait des tonnes, transformant la Cigale en une discothèque baignée de lumières rouges et violettes. Ce long titre mélangeant la rudesse du rock et le groove de la techno, me rappelle LCD Soundsystem. Le premier tiers de la fosse pogote joyeusement, le reste danse plus calmement mais pas moins passionnément.

J'ai la chance d'avoir beaucoup vu Yard Act sur scène, surtout à leurs débuts, et ce soir j'ai retrouvé un groupe au sommet de sa forme et de son art.
setlist
    Do Nothing
    Misery
    Stars
    Ivy
    Act Natural
    Handshakes
    New Life
    The Nail

    Yard Act
    You're Gonna Need A Little Music
    Dead Horse
    Dark Days
    Cherophobe Rock
    Tall Tales
    An Illusion
    Empty Pledges
    Thrill Of The Chase
    We Make Hits
    Fiction
    The Overload
    A Vineyard for the North
    New Beginnings
    100% Endurance
    Over the Barrel
    The Trapper's Pelts
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    The Trench Coat Museum
photos du concert
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