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OÜI FM Festival

Paris, du 23 au 25 juin 2015

Live-report rdig par Déborah Galopin le 30 juin 2015

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La seizième édition du OÜI FM Festival se clôturait ce jeudi 25 juin avec quatre groupes venus des quatre coins de l’hexagone. De quoi contraster avec la première soirée annoncée sous le drapeau britannique, excepté l’ouverture de bal faite par Radio Elvis. Le moins que l’ont puisse dire c’est que les Français n’ont rien a envier à leurs voisins. Qu’ils chantent en français ou en anglais, ils ont séduit la place de la République. Avec au programme Bikini Machine, Mina Tindle, Les Innocents et Cali, il y avait de quoi sustenter tous les goûts.

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Ce troisième et dernier soir commence avec Bikini Machine, un groupe qui nous vient des contrées Rennaises, fort de ses influences rock. Pour ceux qui voulaient démarrer en douceur, c’est raté. Les six membres de Bikini Machine ne laissent pas le temps au public de bailler. Ils sont là sur scène et le font savoir au son de leurs guitares, basse, batterie et synthétiseur. La plupart de leurs morceaux viennent de Bang The Time, leur dernier album qui va droit au but. Ils ne laisseront que brièvement entrevoir leurs influences françaises avec Les Pharmacies Anglaises. Ayant réalisé un album avec Didier Wampas et un autre constitué des reprises de Jacques Dutronc, le public non averti en restera complètement ignorant. Si Bang The Time est réussi, il est néanmoins dommage d’avoir gommé une partie de leur carrière. Cependant, on ne peut pas leur enlever ce qu’ils sont et ce qu’ils communiquent : un rock puissant et énergique qui ne laisse pas de marbre.

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À vingt heures, Mina Tindle vient apaiser le public avec la douceur angélique de sa voix. Comme sur son album Parades sorti l’année dernière, elle commence avec Je Sais. Quelque chose de fort se passe lorsqu’elle chante « courir courir courir je sais, vieillir vieillir vieillir je sais, partir partir partir tu sais ». Cependant, c’est sur les titres en anglais qu’on l’appréciera le plus comme I Command où elle n’hésite pas à monter plus haut encore dans les aiguës. Elle joue avec ses cordes vocales et s’en sert comme d’un véritable instrument en émettant des variations. Les guitares viennent la soutenir, tandis que les basses et la batterie battent la mesure sur une tonalité plus grave. À plusieurs reprises, elle invite la foule à l’encourager, qui entre temps s’est épaissie mais demeure encore timide. Lorsqu’on l’entend chanter, on ne s’étonnera pas qu’elle a bénéficié du soutient de FAIR, organisme qui aide à propulser des talents musicaux. Une folk pop qui laisse place à la contemplation.

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Séparés puis retrouvés, Les Innocents sont revenus en duo avec J.P. Nataf et Jean-Christophe Urbain, les deux voix du groupe. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils étaient très attendus. Ce soir, Les Innocents sont le nom revenant le plus souvent dans la bouche du public. Dès leur apparition, c’est comme si ces quinze ans d’absence étaient balayés. i>Un Monde Parfait vient ouvrir ce set pour le plus grand bonheur de tous qui est déjà repris en chœur. Malgré le grand engouement du public face à des titres comme Un Autre Finistère, comme le rappelle J.P. Nataf, ils ne sont pas seulement deux vieux, ils viennent aussi proposer de nouvelles chansons. C’est ainsi que Les Philharmonies Martiennes semble faire écho à leur propre histoire, premier titre qu’ils ont composé ensemble presque comme une évidence. « Sur le pas que j'espère / Faire hou hou retrouver le geste frère / Faire hou vriller les vents plier les temps contraires / Qu'on s'y retire au clair dans un nid / Nos violons et le fil des philharmonies martiennes. » J.P. Nataf et Jean-Christophe Urbain se comportent avec le public comme deux bons vieux potes. Un sentiment de proximité nait lorsqu’ils parlent barbecue, été, puis trinquent au loin avec nous. La place de la république est émue par ces retrouvailles, probablement vécues comme trop courte. Leurs nouveaux titres sont plutôt bien reçus. Ils s’inscrivent dans la lignée de ce qu’ils faisaient, avec peut-être quelque chose de plus mature. Alterner les deux aura été un choix judicieux, ce qui évite à la foule de s’essouffler. Les Innocents terminent avec Colore et prolongent le morceau pour faire durer le plaisir avant de quitter la scène. Ils auront mis trois ans à composer leur nouvel album Mandarine, mais un sentiment de qualité en ressort, peut-être un brin de nostalgie également.

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Le public déjà très chaud après le passage des Innocents, Cali en profite pour ne pas laisser la flamme s’éteindre. C’est donc un Cali déchainé qui est monté sur scène. À peine est-il arrivé qu’il vient s’élancer dans la foule. Il se fait porter et chante debout au dessus de tous. Cela a quelque chose de grandiose. De retour sur l’immense estrade, un moment de grand n’importe quoi s’enchaine à tel point qu’on se demande ce qu’il a bien pu boire avant de venir nous rencontrer. Les photographes sont tous agglutinés sur la scène, il prend une pose suggestive avec l’un d’eux, joue avec les caméras... On lui pardonne aisément car une fois cet épisode passé, il vient à notre rencontre pour nous faire participer. Il donne et nous lui donnons en retour. Quand il chante C’est Quand Le Bonheur on a envie de lui répondre maintenant. C’est sur des titres comme Coco de son dernier album qu’il aura plus de mal à emballer le public. En revanche, lorsqu’il chante en duo Le Grand Chemin avec son guitariste Robert Johnson, ce dernier apporte une valeur ajoutée qui rappellera un esprit Phil Collins. Un petit changement rafraichissant au milieu d’une discographie similaire et parfois lassante. Nous devons bien reconnaître que sur scène il est unique et efface l’ennui de ses disques. Un peu fou, offrant à une foule qui le lui rend bien son « amour parfait », même les plus sceptiques ne pourront que l’aimer ce soir. Après plus d’une heure de show, avoir fait monter deux personnes sur scène et trois rappels auxquels les innocents auront participé, on se rendra compte presque avec surprise que la grande Marianne est plongée dans la nuit. Ce concert n’était pas seulement celui de Cali, mais aussi le nôtre. Il aura réussi à mettre des milliers de cœurs debout, les bras levés pour l’acclamer.

Nous finirons heureux et en sueur avec lui, de quoi laisser de merveilleux souvenirs du OÜI FM festival avec cette digne clôture.
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