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NOS Primavera Sound

Porto, du 8 au 10 juin 2017

Live-report rédigé par François Freundlich le 17 juin 2017

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jeudi 8
En grands habitués du Primavera Sound Festival de Barcelone, nous nous frottons cette année à son petit frère, le NOS Primavera Sound de Porto. Peu de communication entourait l'événement mais une salve de noms éclectiques et alléchant avait été annoncée pour envahir le Parque da Cidade, sur les bords de l'océan Atlantique. A notre arrivée sur le site, on découvre un festival portugais bien plus relax qu'en Catalogne, où le public est nombreux à se prélasser dans l'herbe pendant les concerts et où il est aisé de circuler jusqu'aux premiers rangs de chacune des quatre scènes. C'est parti pour un week-end à Porto !

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L'après-midi s'achève avec un groupe qui a sorti l'un des disques marquants de ce premier semestre 2017 : les Texans de Cigarettes After Sex. Comme on pouvait s'y attendre en connaissant la mélancolie ressortant de leur musique, les membres du quatuor tout de noir vêtu n'affichent pas des mines très réjouies. Une certaine tristesse ressort même de ces compositions intimistes, froides et pénétrantes. Évidemment la chaleur et l'excitation d'un festival n'est pas le lieu idéal pour leur musique, mais on parvient tout de même à se laisser happer par la voix fredonnée de Greg Gonzalez rappelant parfois celle de Christopher Owens (Girls), sur des instrumentations invoquant la dream pop de Beach House. Les textes déclamés au ralenti permettent d'en saisir complètement le sens et ainsi d'en apprécier la qualité, à l'image de ce « Your lips, my lips, apocalypse » du plus bel effet. Nous restons coi devant une version épurée de Each Time You Fall In Love, magnifique sur un fond cinématographique en noir et blanc. Voilà un groupe qu'il ne faudra pas manquer en salle lors de leur prochaine tournée automnale.

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Pour céder aux coutumes locales, nous testons donc le moelleux de l'herbe fraiche en nous installant devant le concert de Rodrigo Leão & Scott Matthew. Le compositeur portugais et le chanteur australien continuent dans un intimisme bien plus hétérogène puisque oscillant entre pop orchestrale aux violons mélancolique comme sur l'héroïque Life Is Long, vers des passages instrumentaux se rapprochant de la musique traditionnelle portugaise. Le mélange des genres est de mise, on y perd un peu en cohérence mais on apprécie les découvertes de nouvelles sonorités ressortant de ce concert fusionnant deux influences pas forcément compatibles au premier abord. Scott Matthew nous gratifiera finalement de quelques reprises en formation solo, dont une surprenante version en guitare voix de I Wanna Dance With Somebody de Whitney Houston, repris en chœur par l'assemblée. Un moment à part pour un concert atypique.

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L'un des concerts phares de la soirée pour tout amateur de rock britannique est évidemment celui des écossais de Arab Strap. Aidan Moffat en impose au chant, avec son air débonnaire et son organe grave et monocorde un brin éraillé. Malcolm Middleton fait monter l'intensité et le tensiomètre avec sa guitare explosive, caché sous sa casquette, sur le côté de la scène. Nous sommes immédiatement charmés par la profondeur des arrangements au violon de Jenny Reeve, instrument qu'on peine souvent à entendre dans des formations très électriques mais qui ressort ici magistralement. On ne peut résister à ces compositions heurtées par des explosions post-rock mais restant dans une subsistance folk, portées par les histoires accentuées de Moffat. La puissance et la mélancolie se joignent pour nous emporter très loin, on ferme les yeux et rest admiratifs devant ces textures instrumentales en collision.
Les fans écossais de l'assistance ne se font pas prier pour hurler les « Here we fucking go », chant souvent déclamé dans les clubs écossais, incités par Aidan qui joue les chefs d'orchestre à l'avant de la scène. Il ajoutera un « I hope you didn't vote for the fuckin' Tories » bien senti au vue de la nouvelle qui tombera quelques heures plus tard. Arab Strap auront livré un des sets les plus envoutants du festival, point d'orgue de ce premier soir au NOS Primavera Sound.

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Place à une fin de soirée dédiée au hip-hop et à l'électro avec le duo américain Run The Jewels qui a enflammé le festival au plus haut point faisant danser les plus jeunes jusque dans les travées les plus éloignées. Un autre duo, les français de Justice ont disséminé leurs tubes électro-pop sur fond d'installations lumineuses imposantes. Les titres s'enchainent, le public se lançant dans des mouvements collectifs aussi joyeux que jubilatoire. Évidemment, les moments les plus appréciés sont les adaptations live de D.A.N.C.E, puis l'ultra enflammée de We Are Your Friends. Justice aura relevé le défi du NOS Primavera avec brio.

Cette journée d'ouverture avec uniquement les deux plus grandes scènes ouvertes fut une excellente mise en bouche avec notamment une excellente prestation de Arab Strap. On continue le lendemain avec un site ouvert intégralement et des moments encore plus intenses.
artistes
    Arab Strap
    Cigarettes After Sex
    Flying Lotus
    Justice
    Miguel
    Rodrigo Leão & Scott Matthew
    Run The Jewels
    Samuel Úria