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Rock en Seine

Paris, du 24 au 26 août 2018

Live-report rédigé par Fab le 26 août 2018

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Voilà plusieurs mois déjà que le débat faisait rage autour de la mutation du festival Rock en Seine et de sa programmation, depuis son rachat l'année passée par l'homme d'affaires Matthieu Pigasse en partenariat avec le géant du spectacle AEG. Un changement de propriétaire s'étant notamment traduit par la naissance d'une guerre ouverte avec l'un des autres poids lourds du secteur, à savoir Live Nation, mais aussi une programmation plus axée en 2018 vers les musiques urbaines et le hip-hop avec les venues annoncées en grandes pompes de PNL, Macklemore ou Post Malone au grand dam des fidèles de l'événement parisien, traditionnellement tourné vers la scène rock.

Comme craint ou prédit par beaucoup, le constat en cette première journée du festival est quelque peu cruel pour la nouvelle équipe en charge de la programmation du festival : avec quelques 20 000 billets écoulés seulement pour le vendredi, c'est un site tristement vide que les festivaliers arpentent ainsi des premières heures de l'après-midi jusqu'à la clôture des portes. De la même manière, une programmation assurément trop éclectique et un manque d'ambiance certain durant la majorité des prestations observées n'auront guère aidé le festival à prendre son envol.


Pendant que le duo hip-hop stéphanois Terrenoire a toutes les peines du monde à convaincre les quelques dizaines de curieux leur faisant face sur la Scène de l'Industrie, l'exotisme est au rendez-vous sur la Grande Scène avec Attaque 77, formation méconnue du plus grand nombre à en voir l'audience pour le moins clairsemée. Ces vétérans de la scène punk argentine, sous la forme d'un power trio guitare / basse / batterie agrémenté d'un chant en espagnol, ne lésinent toutefois pas sur l'énergie et livrent un set sincère et puissant à défaut de réellement marquer les esprits.


L'ouverture ce week-end de la Scène de l'Industrie et de celle du Bosquet fait là aussi place au hip-hop, respectivement avec Josman et Noname. Attendu le pied ferme par un public très jeune, le premier nommé, accompagné derrière les platines mais aussi ponctuellement au chant par Eazy Dew, ne laisse là aussi un souvenir impérissable en multipliant les clichés et offrant un set rapidement redondant.


Direction la Scène de l'Industrie pour découvrir l'une des révélations des derniers mois, à savoir MNNQNS. Ces derniers, vainqueurs du Prix Ricard S.A. Live Music mais aussi récemment signés par le label anglais FatCat Records, grimpent les marches quatre à quatre ces derniers mois, notamment de par une réputation scénique leur assurant une attention grandissante du public. Si les quatre musiciens se montrent somme toute plus sages qu'espérés sur scène, les nombreuses tournées assurées récemment se traduisent par une certaine assurance et un son maîtrisé. Leur post-punk n'est certes pas des plus inventifs ou originaux, mais les titres souvent étirés et quelques finals faisant la part-belle aux instrumentaux suffisent pour faire de ce concert l'une des belles surprises d'une journée trop souvent décevante.


Installés sur la petite scène Firestone une heure plus tard, nous retrouvons l'une des surprises de la programmation, à savoir The Orielles. Les jeunes anglais, auteurs de l'album Silver Dollar Moment chez Heavenly Recordings en début d'année, vont alors dérouler pendant près de quarante-cinq minutes avec une assurance mêlée de nonchalance leur pop des plus chaleureuses. Souriante à défaut de communier avec le public, la charmante Esmé Dee Hand-Halford à la basse et au chant mène le trio à la baguette tandis que le guitariste Henry Carlyle Wade ne cessera de se dandiner tout au long de leur set. On pense à de nombreuses reprises à Orange Juice ou The Pastels, le tout teinté d'un soupçon de psychédélisme ensoleillé, alors que ces compositions somme toute sans prétention suffisent à faire dodeliner les têtes d'un public en manque de guitares en ce premier jour.


Si l'ambiance n'aura guère été au rendez-vous depuis les premiers concerts donnés ce vendredi, Nick Murphy, anciennement connu sous le pseudonyme de Chet Faker, va s'affairer durant une petite heure à redonner du baume au coeur à ceux le suivant sur la Scène de la Cascade. Accompagné de quatre musiciens, l'australien ne cherchera guère le contact ou les échanges avec la foule, laissant parler son univers entre électro et pop, le tout teinté de soul et d'incursions réussies du saxophone sur quelques titres. Tantôt derrière les claviers, tantôt à la guitare ou simplement concentré sur le chant microphone en main, le barbu se laisse avant tout porter par sa musique poussant le plus souvent les corps à se mouvoir, quand bien même l'assistance lui faisant face s'avère, une fois encore, plutôt décevante en dépit de sa popularité passée. A l'issue de près de soixante minutes passées sur scène, un rapide salut précède son départ et celui de son groupe, laissant la foule apprécier l'un des temps forts de la journée.


La suite des festivités s'avère là encore pour le moins éclectiques. Programmés simultanément, trois artistes semblent connaître des fortunes diverses. Deaf Havana tout d'abord sur la Scène Firestone, guère aidés par une acoustique désastreuse, distillent une soupe FM de mauvais goût qui plus plombée par un chant faiblard. Plus loin, The Limiñanas, accompagnés par de nombreux musiciens, offrent un set puissant et dense tandis que Die Antwoord ambiancent une Grande Scène prête à exploser au son de leur dance punk. Tout cela avant le final redouté par beaucoup, PNL, dont le retard de près de trente minutes se sera traduit par le départ de nombreux festivaliers...

Une première journée au final peu enthousiasmante comme craint depuis longtemps déjà, mais le reste du week-end annonce heureusement des arguments d'un tout autre poids pour satisfaire le difficile public local !
artistes
    PNL
    Die Antwoord
    Mike Shinoda
    Parcels
    Josman
    Nick Murphy fka Chet Faker
    Carpenter Brut
    The Liminanas
    First Aid Kit
    Yelle Club Party
    George Fitzgerald Live
    Dirty Projectors
    Stefflon Don
    Sophie
    Yellow Days
    Attaque 77
    MNNQNS
    Terrenoire
    NONAME
    West TheBarton
    The Orielles
    Deaf Havana
    Djam
    Fang The Great
    GothKing
photos du festival